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Colombie (du 02/04/16 au 30/04/16)

Colombie (du 02/04/16 au 30/04/16)

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Samedi 2

Escale à Bogota, pour un peu plus de 2h. On sort de l'avion sous le froid et la pluie. Les filles ont du mal à contenir leur joie et se retiennent d'applaudir. Pas pour l'atterrissage réussi, non, je parle bien de leur joie de retrouver la pluie...

16h Nous voilà à Cartagena. Pas de pluie et grosse chaleur. On retrouve toutes nos valises et notre hôtel sur la Bocagrande (une péninsule où sont concentrés tous les hôtels de la ville). Nous, c'est le Hampton. Dans la catégorie plutôt bien, mais pas exceptionnel. On prend des pizzas à emporter qu'on attend longtemps et on passe la soirée dans la chambre (la clim, la clim !)

Dimanche 3

Après un petit déj à l'hôtel, on est parti (en taxi) vers la vieille ville. Elle est vraiment très belle et très agréable. Tous les gens que nous avons croisé ont été charmants aussi. La Colombie nous fait une très bonne 1ère impression. Le vieux Cartagena est l'archétype de la ville coloniale, avec les fortifications, les petites rues et les maisons avec balcons en bois. Il y a plusieurs églises et cathédrales jolies. Le quartier a un petit côté 'Guanajuato' (mais sans le dénivelé) pour l'aspect 'touristique mais pas trop', la quiétude et les places sympas. Bizarrement, on lui trouve aussi une forte ressemblance avec la Nouvelle-Orléans. Jusqu'au nom des rues : j'y ai trouvé un Bourbon St. ! La population est majoritairement noire et métissée. On est toujours sur la côte caraïbe...

On y mange dans une croissanterie française ; j'étais le seul qui n'en avait pas vraiment envie, mais je dois reconnaitre que c'était bon. En sortant, je m'offre quand même un petit quelque chose de local, un arepa, une galette farcie, ici au fromage. Super bon (on en mangera d'autres par la suite moins bonnes...). On termine notre petit circuit par la rue des douceurs. Là encore, les espèces de fruits confits blindés de sucre m'ont rassuré : en Colombie, ça va être bon !

Retour à notre hôtel en taxi, après la recherche d'une géocache foirée à cause de mon empressement et ma mauvaise humeur associée et retour à la clim. C'est fou comme la chaleur est bien plus supportable quand on sait qu'on va retrouver la clim plus tard...

Bon, je n'ai pas parlé de Bocagrande, la zone hôtelière : une barre de gratte-ciel dont une bonne partie en construction. Encore à mi-chemin entre un méga-complexe touristique et un quartier HML... Mais l'ambiance y est agréable. Bien sûr, si vous laissez un homme seul, la quarantaine comme moi, sortir seul le soir chercher des plats à emporter, il va se faire accoster 3 fois par des groupes de demoiselles trop maquillées... Mais sinon, c'est ambiance touristique et décontractée.

Lundi 4

Karine et Oriana vont seules au port, pour les démarches pour récupérer le cc. Pendant ce temps, pour les autres, c'est devoirs scolaires et piscine au 17ème et dernier étage de l'hôtel. Les filles reviennent à 16h30. Le cargo n'est pas encore arrivé, mais elles ont quand même pu faire quelques étapes, notamment rencontrer leur inspecteur attitré qui a été très sympa.

Le soir, je vais (accompagné de Karine comme garde du corps :-) ) chercher à manger dans un resto plus 'local'. Rien à redire, c'est bon.

Le soir, on regarde des films à la TV, mais je me rappelle plus lesquels... Des films en espagnol ou anglais je crois, sur les channels pour enfants...

Mardi 5

15h Karine et Oriana repartent au port. Le cargo est arrivé cette nuit et le cc dispo depuis midi. A 17h30, elles ont fini. Tout s’est bien passé, l'inspecteur avait fait tout le travail tout seul. Nous on a à peine eu le temps d'une séance piscine.

Comme un cheveu sur la soupe, je réalise que je ne vous ai pas encore parlé du klaxon en Colombie (et c'est pareil au Panama) : le klaxon ici est préventif et bien intentionné. Il sert uniquement à dire 'coucou, je suis là', 'bonjour, je vais te doubler' etc. Du coup, on l'entend quand même tout le temps.

J'intercale ici le récit 'technique' de la récupération du cc, posté aussi sur le groupe Google AmCentre. J'aurais trop aimé voir les deux filles avec le gilet et casque de chantier, mais Karine a seulement pensé à prendre Oriana en photo. Bizarrement, elle n'a pas pensé au selfie pour elle...

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Voici maintenant la suite, à Cartagena :

Le cargo avait un jour de retard, notre cc n'était pas encore arrivé mais on a déjà pu faire les démarches suivantes :

- aller au bureau de Seabord (à 150m de l'entrée du terminal portuaire de Compas). Merci ioverlander car les taxis ne trouvent pas l'adresse (fournie par notre agent Téa). Ouvert de 8 à 11h et de 14 à 17h. On récupère rapidement le Bill of Lading (il faut présenter son passeport). Pour nous, ce n'était pas le BL 'original' qui ne peut être délivré que si le véhicule est déchargé.

- aller au Dian à Manga (voir ioverlander, les taxis connaissent. 10 000 p la course) : présenter passeport pour avoir un badge visiteur (gratuit). Parmi le groupe de 3 bâtiments du Dian, c'est celui en face au fond. La réceptionniste fait remplir le formulaire d'importation temporaire du véhicule puis nous emmène voir l'inspecteur. Il faut alors une photocopie de la carte grise, permis de conduire, passeport, page du passeport comportant le tampon d'entrée en Colombie et du formulaire rempli à l'instant. Il faut donc ressortir du Dian pour aller faire une photocopie sur le trottoir d'en face à droite en sortant du Dian (a minima celle du formulaire. Les autres, vous pouvez avoir anticipé !). Retourner voir l'inspecteur attitré (le nôtre était vraiment super sympa)

Cela a pris 2h, surtout en aller-retour de taxi.

La suite n'a pu être faite que le lendemain, avec le BL 'original' :

- aller à Seabord pour avoir le BL original

- aller au terminal de Compas (il faut là encore donner son passeport pour avoir un badge et c'est seulement une personne. Sauf que ma fille de 13 ans, étant la seule à parler espagnol, a été autorisée à venir aussi) au Centre Documentos, pour demander le Inspeccion Aduanera et la facture des frais de port (à priori selon le cubage. En tout cas, pour nous, 47mcube, 745 000 p en deux factures)

- normalement il faut ensuite aller au Centre d'opération (juste à côté) récupérer un gilet fluo et un casque de chantier. On t’emmène repérer le véhicule et il faut ensuite retrouver l'inspecteur pour faire l'inspection avec lui. Dans notre cas, l'inspecteur était déjà passé, avait fait l'inspection seul, rempli tous les papiers et nous a rejoint au Centre Documentos où on a juste eu à signer les papiers :-p

- on paie en pesos (pour nous en liquide, peut-être possible en carte ?) à la BanColombia (guichet dans le même bâtiment)

- on récupère le 'levante' et le 'planilla de salida del vehiculo'

- on retourne au centre des opérations, un gars nous accompagne au véhicule avec les clés (et là, une seule personne peut monter dans le véhicule pour sortir. Ma fille a dû refaire le chemin à pied jusqu'à l'entrée piéton)

- on se met dans la file de sortie camion. Il faut remontrer les papiers, on peut alors sortir. Il faut ensuite se garer pour aller rendre le gilet, le casque, le badge et récupérer sa pièce d'identité.

- une dernière question piège à la sortie : 'adonde van ?' (Cette phrase, même pour ceux qui ne parlent pas espagnol, à force de contrôles de police, doit être connue de tous !)

Et c'est tout bon. Trop content de récupérer un cc avec tout dedans et pas cabossé. Il a juste essuyé une grosse tempête de sable, vu la couche de poussière dessus !

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Mercredi 6

Rude, c'est déjà l'heure et le jour de quitter l'hôtel !

On retrouve tous notre cc, en bon état, mais sacrément poussiéreux. Visiblement, il a essuyé une grosse tempête de sable : il est beige et granuleux. On trouve un garage qui est ok pour réparer notre parechoc arrière (on se traine cette casserole depuis le Guatemala et il faut changer le scotch de plus en plus souvent) mais il veut garder le cc jusqu'à demain après. On peut rester dedans, mais par cette chaleur, non merci. On prend donc la route, avec un petit détour pour re-remplir les bonbonnes de gaz.

On se croirait à nouveau au Mexique, sur la route : âne, vache, topes, et zones de détritus aussi... On fait un peu de route vers Medellin, avant de s'arrêter à 17h30 devant une station essence / resto / hôtel. En fait, c'est un nouveau concept et il y en a plein. L'idée est de s'arrêter là où les routiers s'arrêtent aussi. On fait la première partie du rangement (vidage de sacs) et on va manger. Au resto, pas de carte. La serveuse nous propose 4 sortes de viande (boeuf, poulet, porc et dinde) et basta. Au final, elle nous apporte une soupe, puis la viande accompagnée de riz, de chips maison et de patacones (les bananes pas franchement bonnes qui nous suivent depuis le Panama). Dans sa globalité, c'est plutôt pas mal. Les jus de fruits sont aussi super bons. On attend l'addition : 60.000, soit 20€ pour nous cinq, bière incluse ! Les finances repassent au vert !

On dort dans le cc sur le parking du resto.

Jeudi 7

Petit déj au resto d'hier : soupe de poisson (un peu rude au réveil), oeuf, yucca, pomme de terre. Bon, c'est un peu un repas normal, mais avec un café en plus.

Avant de repartir, on remplit le réservoir d'eau : au seau ! Le gars n'avait pas de robinet, il a pris directement dans un puit et on s'est aidé d'un entonnoir improvisé. Pas notre meilleur remplissage, l'eau est plutôt trouble.

Et on redécouvre de nouveaux paysages. La route est goudronnée en bon état, sans trou, mais très gondolée. On traverse un tout petit village avec un grand et beau terrain de foot. Bénabar et Raphaël nous accompagne (pour moi, Raphaël reste la référence à écouter on the road, parmi les chanteurs qu'on a embarqués avec nous). On essuie une première pluie. Grosses gouttes, mais moins d'une minute. Il fait chaud. Très chaud. Le plastique qui encadre notre grand lanterneau s'est même gondolé avec la chaleur ! Vivement Caucasia, la ville qui devrait marquer le début de la montagne. Après, on va peut-être déchanter, car il y a de sacrés sommets pour la suite.

17h10 C'est fou comme on n’avance pas. Sur le chemin, on croise des vendeurs braconniers : oiseaux et singe. On a dû faire 250km en 5h. On s'arrête à nouveau sur une station essence / hôtel / resto. Dans le cc, il fait mortellement chaud. Dans les chambres d'hôtel, pour 35.000 p soit 10€, il y a la clim... Y'a pas photo. Les gens sont super sympas. On discute un peu avec les routiers, qui dorment là aussi. Le repas est déjà un classique : soupe (poisson, pommes de terre, yucca et... banane) et steak-oeuf-riz-patacones (qui sont parfois bons) -salade. A nouveau, les jus de fruits sont délicieux. La serveuse se marre parce qu'on lui avoue qu'on a choisi celui au lulo parce qu'on ne savait pas ce que c'était. Bon, en fait, c'est kiwi ! C'est sympa de faire marrer les serveuses, parce qu'ici, quand on rit, on tire la langue un peu coincée entre les dents. Trop mignon. En général, c'est plutôt l'expression faciale qui veut dire 'oups, boulette' mais ils ne se privent pas pour faire la mimique dans plein d'autres situations. Moi, je n'ai pas encore tenté. Faudra que je m'entraine un peu devant un miroir. Sinon, le check give me five marche pas mal aussi. Le voiturier de notre hôtel me le faisait à chaque fois que j'entrais ou sortais. Et puis surtout, il y a le pouce levé à chaque occasion. Un peu comme le V de pura vida du Costa Rica. Eliott en a déjà eu plus que son quota. Pour les filles, moins délicat, il y a le 'que bonita' qui interrompt la conversation entre mecs quand Oriana passe devant eux. Et visiblement, que Karine soit avec elle ne pose aucun problème. Bref, les colombiens sont expressifs et affectueux !

Vendredi 8

On arrive à Causasia. Une plutôt grande ville, où les gens circulent surtout en deux roues. On y trouve quand même un garage pour voitures (grâce à des coordonnées sur ioverlander laissées par Barbara et René !) qui nous envoie 100m plus loin chez un spécialiste 'fibres'. Parce que ça commençait à être vraiment galère, à cause de la chaleur, on devait recoller ou changer le scotch américain qui maintenait les feux arrières tous les 50 kms. Avec le risque de laisser passer le moment fatidique et de les perdre en route... Bref, maintenant c'est fait, pour pas cher et par des pros. On se prend en photo et du coup, on leur offre aussi notre première carte postale de Paris (merci BM de nous les avoir apportées). A noter pour un éventuel prochain séjour dans ces pays : prendre aussi des fanions du PSG !

C'est reparti pour la route, mais les montagnes, c'est pas encore pour tout de suite. On croise des vaches brahmas noires et marrons. On attaque la montagne mais pas encore la fin de la chaleur... Rigolo, à flanc de montagne, il y a de source d'eau. Les habitants de quelques maisons le long de la route ont tous le même métier : laveurs de camions. Ils ont installé d'énormes tuyaux et la pression suffit pour le car wash. On en profite du coup de proprifier le cc. On continue dans la montagne et on croise un grand panneau 'café gratuit pour les muleteros et les camioneros'. Les chauffeurs nous avaient prévenus, le risque sur cette route, c'est quand on croise une charrette tirée par une mule.

On fait un premier arrêt sur un hôtel, mais après avoir hésité une bonne vingtaine de minutes, on quitte la chambre minuscule aux murs un peu moisis. Une bonne dizaine d'enfants entourent le cc quand on repart. On aurait dû s'y attendre, il n'y avait pas de camion devant le lieu. On poursuit encore un peu mais le suivant n'a pas de clim. Vu l'heure, on décide de rester là quand même, dans le cc. Pas terrible, pour l'anniv de Karine, c'est la journée la plus chaude qu'on ait jamais eu. Les gouttes tombent du visage, glissent le long des bras et des jambes...

On fait par contre la connaissance de militaires très chouette. Ils acceptent avec plaisir la proposition de visiter le cc et se prennent en photo devant. Une nana, 'copine' de camionneur explique aux gars : 'oui, ça s'appelle une casa rodante' 'ah bon ?' 'bin oui, regarde, c'est comme une maison, et ça roule'. Tous compatissent à la chaleur extrême qu'il fait à l'intérieur. Non, on n’a pas la clim. La nana explique à nouveau : 'bin oui, en France, c'est pas comme ici, ils ont des saisons, et des fois, il fait froid !'.

Le frigo passe dans le rouge pendant la nuit. Il ne veut pas repartir. Pourtant, cette nuit il a plus un bon moment (c'est con pour le lavage de la veille) et ça a bien rafraichi l'atmosphère. Mais notre baromètre ne se trompe pas, c'est pas encore ça. Et oui, on a un fantastique baromètre : c'est un petit ballon d'anniversaire qu'Oriana a eu il y a maintenant six mois. En altitude, il est gonflé à bloc. C'est bon signe, on n’a pas chaud. Le reste du temps, il est tout raplapla, comme nous face à la chaleur.

Samedi 9

Après le petit déj soupe et plat, on va dire au revoir au camps de militaire, qui nous proposent même de re-remplir notre réservoir d'eau. Quelques pouces levés et c'est reparti.

Je consigne, à 11h21 : le frigo remarche. Notre baromètre est gonflé à fond la caisse. Ca y est, on est dans les hauteurs et il fait bon !

Jusqu'à Causasia, tout n'était que plaines désséchées, un peu comme le nord du Mexique. Maintenant, c'est montagnes vertes et eau qui jaillit un peu partout. On traverse les nuages et on rencontre quelques petits plateaux avec des vaches laitières, les blanches et noires comme chez nous.

Un peu avant Sta Rosa, on est impressionné par le nombre de militaires le long de la route. Il y en a un tous les 100m, de chaque côté de la route, et ça pendant plusieurs kilomètres. En moyenne, il y en a un sur 5 qui lève le pouce à notre passage ! on apprendra un peu plus tard, à une pause déjeuner station essence, qu'on vient de traverser une zone de guérilla. Là où on a dormi en marquait le début. Pas de stress malgré tout, sur la carte 'Ariane' du gouvernement français, le coin est relativement safe. De ce que je crois, une partie de la population qui 'posait problème' au centre du pays a été déplacé ailleurs. Les problèmes sont donc maintenant plutôt ailleurs aussi.

17h30 On longe de loin la banlieue de Medellin, et on bifurque vers Guatape. Ce soir, on dort près d'une station - resto avec wifi.

Et toujours, les gens super sympas qui tapent la discute, et le tinto gratuit partout !

Dimanche 10

Petit déj à la station essence, avec bien sur le tinto offert à la fin du repas. Enfin, ici, ils disent tintico. Il s'avère que le surnom de Ticos donné aux Costaricains (bien écrit ?) est totalement usurpé. Les vrais utilisateurs du superlatif 'tico', c'est les Colombiens !

On se dirige donc vers Guatape et la pierre du Penol, après un petit détour à Rio Negro pour retirer de l'argent. Rio Negro n'est franchement pas jolie. Ca fait un peu banlieue de Medellin qui craint. Par contre, les bus qui y circulent valent le détour. Faudra faire un concours de la ville avec les plus beaux bus. Pour l'instant, le top c'est Colon (Panama), Guatemala City et ici.

On quitte l'autoroute pour une route secondaire, mais toujours goudronnée et en très bon état. Jusqu'à maintenant (et je le dis tout de suite, parce que dès demain ça sera plus ça...), les routes sont excellentes. Du jamais vu depuis les states. Et les routiers sont géniaux. Ils discutent lors des pauses et joue des clignotants et klaxons quand tu peux les doubler. Evidemment, une fois doublé, il y a toujours un pouce levé !

Nous passons devant un petit village dont j'ai pas noté le nom. Incroyable, il n’est franchement pas grand, mais on longe un circuit de vtt, une piste de roller, un terrain de foot et une piste de course, un stade de basket et j'en passe... Et même une piste cyclable !

Ca y est nous sommes au pied du la Piedra de Penol. Un immense rocher lui-même sur une colline. 659 marches à gravir. C'est pratique, pas besoin de compter, le total est peint sur toutes les marches multiples de 25 ! Et une fois en haut, c'est pas finit, encore 81 de plus pour monter la tour du mirador et arriver à son sommet où la vue est encore plus belle. Le rocher en lui-même est déjà impressionnant : une énorme masse sombre, presque noire. Mais une fois en haut, c'est la vue qui vaut vraiment le détour. Un immense lac avec d'innombrables îles et presqu'îles. Difficile d'ailleurs, du regard, de savoir si c'est l'eau qui s'enfonce dans les terres ou la terre qui s'avance dans le lac. En tout cas, ça fait une très jolie mosaïque de vert et de bleu, de pâturage, d'eau et de quelques maisons çà et là. C'est vraiment un endroit à ne pas rater dans le pays.

Ensuite, nous sommes descendus à Guatape, un des villages sur la berge du lac, très touristique. Il est surtout connu pour les fresques qui décorent le bas de toutes les constructions, principalement les maisons. On s'y est promené de nuit, sous la pluie, et ça avait déjà l'air mignon. Il y a une très belle église, extérieur comme intérieur, qui est illuminée la nuit. Mais bon, la pluie, c'est sympa 30 secondes. Du coup, on est rentré au cc, sur le grand parking à l'entrée du village, où on va dormir, et la visite, ça sera pour demain.

Lundi 11

Pari touristique réussi pour ce village. Une belle église, un Zocalo sympa, une berge avec plein de restaurants et des possibilités de balades (maman, j'ai encore oublié pour les 'l') en bateau et tous 'bas-reliefs' (?) sur les murs des maisons. Bien !

En prend ensuite la route vers le nord-est, vers San Raphael, puis Puerto Berrio et plus loin Buccaramanga. Tout se passe nickel jusqu'à San Raphael. On croise de nombreux bus touristiques, il y a visiblement un tour 'Penom-Guatape-San Raphael'. Perso, je trouve que San Raphael a du potentiel, avec sa rivière et ses plages en bas du village, mais qu'il reste encore beaucoup à faire pour que la ville vale le détour. Mais c'est en cours : beaucoup de maisons sont construites avec de petits balcons et de nombreuses sont en cours de construction avec la même architecture. La place est animée. Encore une fois, les ruelles sont étroites et en pente (quand je pense qu'on appréhendait San Francisco. Que de chemin parcouru !). Par contre, et c'est pénible, il y a des travaux partout. Du coup, faut en faire trois fois le tour pour la traverser. Moi je dis, attendez 3-4 ans pour y faire un tour et là ça sera chouette !

On continue donc notre chemin. Mais, 10km après le village la route se dégrade : quelques mètres de terre, puis plus loin des trous... Ca n'empêche que c'est magnifique. On roule dans la jungle : la route est goudronnée, avec une belle double ligne jaune au milieu, et sur les côtés, la nature reprend doucement ses droits, les arbres et buissons grignotent du terrain. Parfois, la largeur d'un des côtés de la route, jusqu'à la ligne jaune centrale, se réduit et donne l'impression d'être une piste cyclable. Encore trois km de plus en plus chaotique et un panneau : San Carlos 27km. Pas bon ça, on repart vers le sud. D'après Here, on a quitté la route principale il y a 3 km. Demi-tour, on arrive devant une petite maison. On demande. La route qu'on veut prendre, elle est juste là : un chemin de caillou. Sur au moins 30 km. Pas bon du tout ? Et si on descend finalement vers San Carlos ? C'est ok jusqu'à la ville, mais ensuite, pour rejoindre l'autoroute, c'est à nouveau un chemin de pierre. La meilleure solution ? Repartir par Guatape... 1h30 à l'aller, 1h15 dans l'autre sens... On va dire que cette aprèm, c'était excursion en véhicule dans la jungle de montagne colombienne. Ceci dit, il y a des gens qui y vivent. Ca et là une maison, voire une école et même au milieu de nulle part un terrain de basket (au seul endroit sur le flanc de montagne où il y avait la place ?)

Nous revoilà donc à 17h à Guatape. On y retrouve 'La vagabonda', un couple en van, colombien je pense, qui partent de Colombie et descendent en Argentine. Comme nous ! A part eux et quelques argentins à Panama City, on a croisé personne sur la route comme nous depuis Antigua au Guatemala. En Colombie, les locaux sont d'ailleurs toujours très étonnés de nous voir passer (ça qui se traduit en général en pouce levé bien sûr).

On s'offre donc une bonne glace et achète quelques cartes postales. J'en profite pour demander à la vendeuse la signification du symbole 'GI' peint sur le Penol. Réponse étonnante et amusante, qui mérite bien une carte postale fraîchement achetée à celui qui trouvera.

Et on dort au même endroit qu'hier, après un épisode de Dragons pour les 2 plus jeunes puis la première moitié de 'Quand Harry rencontre Sally' pour les 3 plus grands.

Mardi 12

Trois chevaux nous tiennent compagnie ce matin sur le parking. Après avoir goûté l'herbe un bon moment, ils reprennent tranquillement la route, seuls.

Ce matin, le frigo est off, mais il redémarre dès qu'on se remet à rouler.

14h Pause déjeuner durant notre traversée d'ouest en est. C'est quand même dingue de si bien manger dans les restos de routier, pour 12€ à 5 !

La traversée se fait pendant et après de grosses averses. Les paysages sont magnifiques. Des montagnes à la végétation luxuriante régulièrement dissimulée par des nuages de brume. C'est juste incroyable et fantastique.

17h Et voilà, nous avons traversé la Cordillère centrale, traversé le Rio Magdalena et nous remontons maintenant vers le nord en longeant le fleuve. On s'arrête sur une désormais classique station essence / hôtel / restaurant. Ce soir, on se douche à l'eau qui a une forte odeur de soufre. A se demander si on était pas plus propre avant.

Mercredi 13

Bucaramanga. La ville où on n’a jamais le droit de tourner à gauche mais où les flics sont indulgents... On galère un peu à la recherche d'un supermarché. 500 000 habitants mais impossible de trouver un gros centre commercial. On cherche aussi une lavanderia, mais bien qu'on nous l'indique deux fois, on n'arrive pas à la trouver. Et avant ça, on était passé par Giron, juste avant Bucaramanga, où il devait y avoir un super restaurant. Karine était déjà morte de faim depuis longtemps mais j'avais insisté pour rouler jusque-là. Résultat, le village n'a que de petites rues et pas de place pour se garer. Il est 16h et on a à peine grignoté un truc au petit déj. Moi que pensait pouvoir goûter des fourmis à gros cul à l'apéritif...

On quitte la grosse ville pour ses hauteurs, du côté de Florida Blanca, vers un club de parapente qui accueille aussi des overlanders. Bien sûr, on rate l'entrée une première fois, dans le sens de la montée. On fait demi-tour un km plus loin, mais impossible de rentrer dans le sens de la descente. On redescend donc toutes la colline (plusieurs kms) et on recommence. Cette fois, c'est bon, et on y est bien : des toilettes et des douches (enfin, c'est juste 4 murs et une porte qui ferme pas et donne directement sur le pré), une arrivée d'eau pour remplir notre réservoir, et le wifi à la cafet restaurant, à 50m des emplacements.

C'est donc ici qu'on fêtera avec Karine nos 26 ans de non-mariage.

Jeudi 14

Journée tranquille sur le site 'Ruitoque Parapente' à faire le grand ménage du cc, des lessives (grâce à la femme du proprio qui nous prête sa propre machine), un peu d'ordi et bien sûr à regarder des gens s'envoler (ou pas d'ailleurs, car certains, après de multiples essais pour gonfler leur voile ne se lanceront pas...) On a décidé du coup de s'offrir une nuit de plus dans ce lieu paisible.

Vendredi 15

Nouvelle journée toute calme jusqu'à 16h, où les conditions météo sont favorables à un vol en tandem. Nous étions prêts dès 12h, mais il fallait attendre la fin de journée pour qu'Eliott dit 'le poids plume' puisse être de la partie. Eliott a donc survolé Florida Blanca pendant 15 min. Idem pour moi, mais de plus haut (pour une fois que mon poids est utile...), au-dessus des vautours, avec une petite boucle de rab supplémentaire pour croiser Oriana, voir la forêt et les immenses baraques des 'ricos' au somment de la colline. Le gars m'a expliqué les divers lieux, la cascade au débit beaucoup plus petit depuis la déforestation et pour finir, 'maneuvra ?', 'si, un poco', des balancements gauche droite bien plus impressionnant que les classiques manèges à sensations. Quant à Oriana, c'est un vol de 30 min auquel elle a eu droit. Les deux enfants ont trouvé ça tout simplement trouvé ça génial. Moi aussi, mais je dois avouer que j'ai quand même flippé, quand on arrête d'être au-dessus de la colline et qu'on est au-dessus, mais vraiment très très loin, des maisons de la ville... Les enfants eux ne se sont pas posé de question... Kyra avait très envie de faire elle aussi un vol. Au final, malgré son âge, elle aurait pu, car son poids n'est pas loin de celui d'Eliott. Mais on a préféré continuer à lui dire que non, 8 ans c'est l'âge minimum ici (en France, c'est 7). Il a quand même fallu gérer les larmes à plusieurs reprises.

Pour la fin de journée, Kyra s'amuse avec la fille d'Oscar, notre hôte, et celle d'un de nos pilotes.

3ème nuit sur place, afin de pouvoir repartir sans pression.

Samedi 16

14h Départ difficile pour Kyra, qui n'a pas pu dire au revoir à ses copines, absentes aujourd'hui. C'est d'autant plus dur que j'ai l'idée débile de lui faire écouter la nouvelle chanson qu'on vient de recevoir de Monmix, 'Paroles d'enfants du monde', où je parle justement de ces rencontres et séparations. La boulette.

Je fais un stock de bonbonne d'eau à la station essence du bas de la colline, pendant qu'un jeune tchatche avec les autres restés dans le cc. Son objectif : se faire inviter à visiter le cc ! Level achieved !

Le frigo était KO pendant nos deux jours à l'arrêt (pas grave, on n'y met plus que de l'eau et du coca en ce moment) mais voilà, on se remet à rouler et il repart). Par contre, dans le registre des bizarreries électriques, moins drôle, la luminosité de l'ordi qui reste très basse et refuse d'être remontée. Après une recherche sur le net, j'ai trouvé que c'était pas un cas isolé et qu'on pouvait la remonter en désactivant réactivant le driver de l'écran. Sauf qu'il faut le faire à chaque fois qu'on l'allume. Pénible. C'est une série soucis d'écran en ce moment, parce que lors de l'escale en avion à Bogota, celui de notre appareil photo avait déjà cessé de fonctionner. Il ne s'est d'ailleurs pas remis à marcher. Heureusement, je ne prends plus que mes photos avec le viseur depuis longtemps, mais c'était quand même bien utile pour les montrer aux autres ou naviguer dans les menus. Des mois d'usages intensifs, par ces chaleurs, c'est pas le top pour l'électronique, l'électrique et la mécanique...

La route de Bucaramanga vers Bogota, quoiqu'en dise les guides papiers est moins belle que celle de la traversée de la cordillère centrale d'ouest en est. Mais quand même, on longe un impressionnant canyon - le canyon de Chicamocha - et à un moment, on est quasiment sur la crête d'une montagne, avec le précipice des deux côtés. Du jamais vu ! Voilà pour la Cordillère Orientale. Et les routes sont encore en super bon état. C'est quand même le premier pays depuis les states où on voit des vrais motards. Depuis le Mexique, c'est quasiment que des mobylettes, mais en Colombie non, les motards peuvent se faire plaisir.

On traverse rapidement San Gil, censée être une ville sympa, avec une belle cathédrale, mais on verra au retour ; on poursuit sur Barichara, 'le village le plus beau de Colombie'. On traverse donc le village par sa rue principale, pavée - mais des pavés de 30 cm à 1 m de côté -, comme toutes les autres rues du village, en montant jusqu'en haut du mont, pour atteindre le petit 'parking' en terre où on peut dormir. Plus loin, il n'y a pas, c'est le précipice. On se gare donc pas trop près du bord, avec une vue incroyable sur la vallée. En terme de vue, probablement notre meilleur bivouac !

On retraverse ensuite le village à pieds en quête de notre pitance. Après un apéro sur la place de l'église, on se rend au restaurant d'une école d'art et d'artisanat. Le restaurant est lui-même celui d'une école de cuisine. Je pensais y trouver des spécialités locales mais j'avais fait l'amalgame avec un autre resto vu dans le Petit Futé. La cuisine est bonne, mais très proche de la cuisine européenne. On trouve quand même quelques trucs dont mon plat que les autres refuseront de goûter, un steak de chèvre à la sauce d'un émincé de fourmis à gros cul. Très bon. J'ai beau dire que c'est comme une sauce aux champignons et au poivre, personne ne veut en entendre parler. Parce que quand même, le centre gastronomique des fourmis à gros culs, c'est ici. Une vieille tradition culinaire qui date de l'époque où 300 000 indiens guane occupaient la région, et qui a perduré même après la fondation de la ville, en 1705. Pour en revenir au restaurant : bon, classe mais cher. 200 000 pesos (65 euros pour 5, tout reste relatif...). En tout cas, question rapport qualité-prix, ça vaut pas les restos de routier à 8000 le repas complet...

Soirée Breakfast Club sur l'ordi avec Oriana. Waouh, j'avais plus en tête que les dialogues étaient si crus !

Dimanche 17

Une journée sacrément bien remplie. A la base, on devait visiter Barichara, voir l'église, l'atelier de papier, chercher une géocache dans la ville et voir le début de la route vers Guane (100 habitants) pour voir si elle était praticable en cc. Au final, on a commencé par ce dernier point, mais en chemin, on tombe sur le Camino Real, le chemin royal, le vrai, celui qu'on ne fait qu'à pied, pavé de pierre et qui mène à Guane en passant par les montagnes et les prés, le tout en 5,5 kms. Ni une ni deux, on retourne au cc mettre nos chaussures de compet et c'est parti, après une séance de crémage avant quand même. Ca nous prendra 3 heures, pauses comprises. On aura croisé deux fois la route pour voiture (tout à fait praticable, goudronnée), souffert de la soif (et donc du rationnement pour les adultes). On part avec seulement 2 litres et les K-Way parce que le temps est limite, mais en fait, il a rapidement basculé du côté grosse chaleur. Mais la rando était vraiment géniale : des paysages très variés, de très belles vues et une géocache en plein milieu. On y a d'ailleurs laissé deux TB et Karine a regretté de ne pas avoir pris le sien...

En arrivant à Guane, on s'est jeté sur l'eau, le coca et même la chicha en ce qui me concerne. C'est de l'alcool léger à base de maïs fermenté. Une recette ancestrale des indiens du coin, dont rien que l'odeur donnait envie de vomir à Karine et Oriana, mais dont je me suis délecté. Ensuite, on s'est jeté sur un stand d'empanadas très bons, ce qui m'a permis d'enchainer sur la seconde spécialité alcoolisée du coin, le sabaron ! Une liqueur à base de lait de chèvre fermentée et d'aguardiente. On a goûté à la pèche, ananas, traditionnel et on en a acheté un plein baril - non, je m'enflamme, une petite bouteille - de sabaron whisky.

Le retour s'est fait en bus. On a d'ailleurs dû faire patienter le chauffeur, le temps de récupérer Karine et Kyra perdues dans le village en pause pipi... Entretemps, j'avais fait connaissance avec un jeune originaire de Bogota, vivant à Bucaramanga et en visite pour la journée. Il avait repéré notre cc ce matin et parlait pas mal le français. Assez pour nous dire 'à plus', connaître les mots 'meuf' et 'mec' et savoir que dans le Nord, on boit plus de bière qu'ailleurs ! En fait, à l'université, il est pote avec des françaises qui font une année à l'étranger.

De retour à Barichara, on boit un petit truc sur la place centrale (une bière poker pour moi dont visiblement, ici, c'est sa région) et on prend des paninis à emporter chez Philoména, dont la réputation en matière de panini va jusqu'à atteindre le guide du Petit Futé.

Demain, on a encore du taf : faire ce qu'on avait prévu de faire aujourd'hui !

Et sinon, j'ai sacrément mal au genou depuis 3j et la rando n'a rien amélioré. Je fais taire tout de suite les mauvaises langues, rien à voir avec le vol en parapente, j'ai commencé à avoir mal la veille, un peu après avoir fait le ménage du cc, à 4 pattes à récurer le sol. Il y a des activités qui sont plus à risque que d'autres...

Lundi 18

On commence la journée - 12h - par la visite de l'atelier de fabrication de papier de fique. Une dizaine de femmes y travaillent, pour faire le papier et surtout pour confectionner de nombreux objets souvenirs à base de papier. L'une d'entre elle nous montre les différentes étapes de fabrication, pendant environ une demi-heure. C'est extrêmement intéressant et instructifs. Ca serait bien de pouvoir comparer avec la méthode industriellement en usine... Ici, on fait du papier avec la fibre du fique et celle de l'ananas (la plante, pas le fruit). Ca commence par la récupération de la fibre, qu'on lave, avec entre autres de l'eau filtrée à la chaux. Puis on la fait cuire, dans de grands chaudrons de cuivre comme pour les confitures. Chaque étape est très longue, au moins 24h pour chacune. On lave à nouveau, on filtre... puis on laisse un peu la pâte fermenter et on la dilue dans un grand lavabo. On passe ensuite un tamis carré dans l'eau et quand on le ressort, la pâte qui s'y est agglutinée constitue la feuille de papier. On démoule sur un petit chiffon, qu'on passe avec d'autres dans la presse et qu'on laisse ensuite sécher. Et voilà, une feuille de papier ! Kyra, Eliott et Oriana auront chacun fait la leur, avec le tamis. Moi j'ai craqué, j'ai acheté quelques feuilles parchemins, pour faire des cartes au trésor. Quand à Karine et Oriana, elles se sont offertes en commun une paire de boucles d'oreille en papier ! Il y avait aussi de magnifiques lampes de chevet, et de beaux mobiles... Avant de quitter l'atelier, on a visité leur jardin, avec une tonne de plantes pouvant servir à faire du papier. De la marijuana par exemple ! Karine a pris une petite fleur de coton tombée par terre, en souvenir. Moi j'ai pris... je n’ai rien pris finalement !

Ensuite, on devait chercher la géocache à 500 m de la ville, mais vu la direction que cela prenait et le soleil qui cognait dur, on a renoncé. On se dirige chez Philomène pour manger un panini avant de prendre la route, mais c'est fermé le lundi, visiblement. Du coup, on se rabat sur La Casona, une adresse du Petit Futé sensée être pas cher avec de la bonne cuisine traditionnelle. Certes, il y a un plat à 10 000, mais ça monte très vite à 25, voire 50. Ca m'aura permis de goûter au cabro pepitoria : de la chèvre servie avec du riz mélangé au sang et aux viscères de l'animal. Pas mauvais (mais si je m'étais souvenu que c'était cette spécialité-là, je me serais abstenu), mais la viande était un peu sèche. Pour les autres aussi d'ailleurs. Franchement, une fois de plus, ça valait pas les restos de routiers. Le cadre était par contre agréable. Moralité, côté goût et porte-monnaie, il faut éviter les restos des villes touristiques. Voilà, il est 16h. L'idée d'enchainer par de la route et d'avoir à chercher un bivouac dans 1h30 ne plait à personne. On se rabat donc sur le café à côté de l'église (pour la 3ème fois en 3j), les enfants y prennent des fraises à la crème, Karine un cocktail café froid super bon et moi un double expresso super bon aussi. Je crois que le café s'appelle la Casona de Tonita. Un bon endroit pour se détendre en terrasse. D'ailleurs, les locaux ne s'y trompent pas. C'est d'abord les jeunes qui s'y retrouvent, après avoir récupéré leurs enfants à l'école, puis c'est l'heure des retraités, j'imagine avant qui sonne la messe de 18h.

Quant à nous, on remonte en haut de la ville. Quitte à rester là, autant faire une petite séance de devoirs. C'est Karine qui s'y colle, vu qu'ils ont déjà fait des maths le matin. Moi, je vais quand même chercher la géocache, mais je rentre bredouille, quand le soir tombe. Elle était située le long d'un ravin où plusieurs couples s'adonnaient à des séances de selfies, et la recherche était un peu trop périlleuse. Mais j'aurai moi aussi pu faire de belles photos.

Après le rituel épisode de Dragons, pour les 3 plus jeunes, le couché des 2 plus jeunes, la fin de Pretty Woman pour les 3 plus grands (oui, on a l'air d'être beaucoup), on se couche pour une 3ème nuit à Barichara.

Mardi 19

Tiens, un camion poubelle. C'est un objet suffisamment rare pour mériter d'être signalé. Barichara dispose de son propre service de ramassage des ordures. Municipal et qui se tape toutes rues pavés et non pavés, celles qui montent et celles qui descendent. Bravo !

Barichara, c'est vraiment un village agréable. Un village où l'on se dit qu'on achèterait bien une petite maisonnette pour y passer sa retraite... A condition d'avoir ses petits-enfants pas loin, pour nous amener à manger à domicile, parce qu'il y a des côtes qu'on ne monte plus, passé un certain âge. Ou alors, une maison sur la place principale ? Barichara m'évoque un petit village de Corse, sauf que je me goure peut-être complètement vu que je ne suis jamais allé en Corse...

Allez hop, on reprend la route.

Nous voilà maintenant à Moniquira, un petit bled d'où une route est sensée nous mener à Villa de Leyva, notre prochaine étape, une autre ville coloniale. Les habitants nous disent que la route est ok, même si certaines portions ne sont pas terribles. Mais d'autres nous disent qu'il y a plus de portions pas terribles en pierres et terre que de zones goudronnées. On tente, mais très rapidement, on se rend compte que ce genre de route, on ne connait que trop bien. Demi-tour. Un pompiste nous dit qu'il vaut mieux continuer sur la nationale, pour bifurquer un peu plus loin à hauteur d'Arcabuco, où, de toutes façons, on devrait s'arrêter pour goûter la spécialité locale, le almojabana con queso. C'est du pain (au fromage) avec un gros morceau de fromage et un bol de ? thé sirop d'érable miel ? On suivra ses conseils et on y fera un succulent goûter à la 1ere échoppe rencontrée sur la nationale qui traverse la ville. Et tant qu'on y était, on a acheté un fromage et une dizaine de petits pains.  Du bon fromage, c'est pas dingue ça ?

A l'entrée de la ville, il y a bien un panneau pour Villa de Leyva, mais l'envie d'y aller nous a quitté. En plus, il est déjà 17h30. Pas top, rouler une heure de nuit dans la montagne, surtout si la route est pas terrible. Ici, il y a une belle place le long d'un 'patinodrome'. On va demander à la police si on peut y dormir. Elle est ok mais avant tout, toute l'équipe veut visiter le cc ! Ils nous mettent pas contre en garde, comme l'avait fait le pompiste avant eux : ici, il fait froid ! On leur dit que c'est cool, qu'on apprécie ! Eux n'ont pas l'air d'apprécier. On leur explique qu'en France, il fait souvent bien plus froid. Et là, il y en a un pour dire aux autres qu'en France, des fois, il neige. On confirme.

Eliott et Kyra jouent au frisbee et au ballon dans le patinodrome, jusqu'à la tombée de la nuit.

Par contre, on a vu à la TV ce midi qu'il y avait eu un gros tremblement de terre en Equateur. Va falloir qu'on trouve une connexion internet pour voir à quel point ça remet en cause notre itinéraire. Ils en parlent aux infos en France ?

Mercredi 20

Plus ou moins réveillé par le troupeau de vaches qui s'installe dans le pré de l'autre côté du chemin. Elles sont menées par des cowboys, chapeau et lasso, et des cowgirls, poncho et badine. C'est le moment de séparer les vaches de leur veau : après une petite période ensemble dans le pré, les deux femmes restées dans le champ jouent du lasso et isole les veaux. 100% de lancer réussis !

Nous on est en pleine forme, on a apprécié pouvoir mettre la couette cette nuit !

On refait le plein de fromages et de petits pains avant de repartir et nous traversons maintenant une région vallonnée, avec des prés et des vaches. Ca pourrait être l'Auvergne. Une Auvergne d'il y a bien 20 ans, avec très peu d'habitations. Sauf qu'en Auvergne, les habitants ne se promènent pas tous avec de grands ponchos sur le dos. Ici, il y a une grande communauté d'indigènes, les Muisclas.

17h On vient de passer l'après-midi dont Kyra rêvait depuis quelques jours : un vrai centre commercial avec plein de fast-food et on choisit celui dans lequel on veut manger ! On avait méchamment besoin de baskets neuves pour Kyra et le centre commercial de Tunja était parfait pour ça. Leur devise, un truc du genre 'enfin un endroit où trouver tout ce dont on a besoin pour toute la vie'. Parfait. Nous avons quand même été sacrément surpris par les vendeurs de chaussures qui te disent que c'est bon quand il manque au moins deux pointures et que le pied à du mal à rentrer ou au contraire que tu déchausses en marchant... Ou encore, dans la boutique où Kyra a finalement trouvé son bonheur, le gars te ramène des bottes et des chaussures de marche après que tu aies montré les modèles de baskets que tu aimes. Il a fait essayer à Kyra 3 ou 4 paires de modèles différents en 32 et 34, pour en dernier recours ramener exactement la paire quelle voulait, en 33, la pointure qu'on demandait dès le début. C'est quand même le mec qui te propose à la base les chaussures patins à roulettes ! On a aussi vu dans ce magasin un vendeur finir son service et se faire fouiller par une collègue avant de partir. Et pour payer les chaussures, à 30€, il a fallu que le vendeur laisse son empreinte digitale sur un scanner pour que la caisse s'ouvre !

L'hypermarché est quant à lui très bien achalandé (c'est comme ça qu'on écrit ?). On y trouve même des boules Lindor ce qui fait le bonheur de Karine qui avait un 'bon pour' de son anniv et dans un tout autre registre, il y a même de tampons hygiéniques, truc qui avait disparu de la circulation depuis le Mexique... Mais revenons au chocolat. Il y a aussi des gros oursons en chocolat... sauf qu'ils supportent moyen les climats équatoriaux. Ils font tous un peu la gueule. Ou alors, c'est des postulants pour la prochaine saison de Walking Dead...

Ah oui, Tunja, c'est aussi une ville avec une énorme aire de jeu... mais aujourd'hui, c'était activité centre commercial, il faut faire de choix !

On se pose sur une station d'essence quand la nuit tombe...

Jeudi 21

Nous sommes à Zipaquira, pour visiter la Catedral del Sal, à 12h. On grignote sur place pour pouvoir bénéficier de la visite en anglais de 14h. On est les seuls. Le principe est plutôt pas mal : un guide t'emmène assez rapidement jusqu'à la cathédrale, en parcourant le km de galeries de la mine, et il explique tout ce qu'il y a à voir et savoir sur place ; ensuite, tu as tout le temps de visiter et de faire le chemin en sens inverse vers la surface seule. Notre guide était sympa, mais surtout intéressé par apprendre de nouveaux mots en français !

Que dire de la cathédrale (qui fait partie de notre livre '1000 choses à voir dans le monde') ? Il ne faut pas s'attendre à voir une nef creusée et taillée dans le sel est donc toute blanche. Non, ici, c'est avant tout une mine de sel, et la couleur naturelle du sel, avec ses impuretés, c'est gris. Il n'est blanc qu'aux endroits où il y a des infiltrations d'eau, où il a été filtré. Ensuite, la cathédrale n'est rien d'autre qu'une des grandes galeries de la mine, aménagée. Quelques alcôves creusées sur les côtés, pour les confessionnals - inexploitables à cause du son qui porte très loin - et c'est à peu près tout. Voilà pour la cathédrale. Hormis ce point, c'est un endroit génial. Une idée géniale de la ville, seule bénéficiaire des 5 millions de $ de revenus par an. Une mine extrêmement bien aménagée, qui fait de la 'catedral' la '1ère merveille de Colombie'. Cela commence par un chemin de croix qui descend sur un km, à 180m de profondeur. A chaque étape (mais flûte, j'ai pas photographié la XII), des prie-Dieu en pierre et une sculpture, en général une croix, qui représente la scène. Une fois au terme du chemin de croix, 3 arches qui mène à la 1ère chapelle. Il faut choisir la bonne, selon son coeur, plus ou moins pur. Dans la chapelle, une messe est donnée tous les dimanches. Ensuite, se trouve la cathédrale, avec 3 nefs : celle de la Nativité, celle de la vie, et celle de la mort et la résurrection. Partout des éclairages qui mettent en valeurs les pièces, et de très belles sculptures, en général d'artistes de la ville. Il y a notamment une belle crèche grandeur nature en pierre de sable, ou encore une adaptation de la scène de la chapelle Sixtine. On peut d'ailleurs jouer au jeu des 7 erreurs, puisqu'il ne s'agit pas d'une copie mais bien d'une libre interprétation. Du coup, les deux doigts se touchent, générant un éclair. On retrouve les 4 éléments, eau, feu, terre, air. Dieu n'a pas de visage...

Les autres galeries accessibles sont exploitées par des magasins, avec de l'art indigène muisca magnifique, ou divers objets en sel ou en pierre précieuse. Bizarrement, cette mini rue commerçante à 180m sous terre n'enlève rien au charme de la mine, au contraire. Il y a aussi un spectacle son et lumière au plafond d'une salle. Les enfants ont aimé, mais ils sont les seuls... Et il y a un dessin animé en 3D qui est extrêmement intéressant (bien que la 3D n'apporte rien, à part le classique 'yeux qui piquent'). Il retrace les différentes périodes d'extraction du sel de la mine :

- en 1500, les Muiscas remplissaient des jarres avec l'eau qui jaillissait de la montagne. Ils faisaient ensuite évaporer l'eau en entreposant les jarres dans des salles chauffées puis les cassaient pour en retirer un gros bloc de sel pur.

- en 1700 et quelques, avec l'arrivée des espagnols, les Muiscas sont réduits en esclavage et le sel est extrait à ciel ouvert.

- après 1800, on creuse les 1ères galeries, avec des techniques allemandes

- après 1900, on attaque un niveau de galeries plus profond, celui dans lequel on se trouve, avec des outils contemporains.

- depuis 2000, un nouveau système d'extraction, par injection d'eau sous forte pression, crée des réservoirs souterrains, d'énormes poches, d'où est récupéré le sel en même temps que l'eau.

Un dessin animé à ne pas rater donc, tout comme 'la route des mineurs', qu'on a fait juste après. Cette route est un extra dans le prix du billet que nous avons été bien inspirés de prendre (merci moi-même). Il s'agit d'un petit chemin uniquement accessible avec cet add-on. On part à la mine muni d'un casque avec lampe frontale et on commence par monter un escalier plutôt raide. C'est le test d'endurance des mineurs. Puis on doit suivre un petit boyau dans le noir, en file indienne, en tenant la personne devant nous d'une main, et la corde le long du mur de l'autre. C'est la seconde épreuve du mineur. 3ème étape, récupérer un peu de carbone sur les parois et s'en barbouiller le visage, en hommage à la terre. Et c'est seulement à ce moment-là qu'on peut attraper une pioche et prendre quelques éclats de sel arraché à la roche. Notre guide, encore une fois rien que pour nous, était très intéressante pour ce petit parcours et on a encore appris plein de trucs.

Il est 18h quand on ressort. La nuit tombe. Une roule quelques kms vers un parking de station essence sensé être gratuit, mais les infos sur ioverlander dataient d'il y a 1 an et demi. Maintenant, l'hôtel à côté nous demande 30 000 ! Non merci ! On comptait manger au resto à côté, qui affiche un menu du jour à 12k, mais il n'en a plus. Il ne reste plus que des plats à la carte à 30k. Non merci ! Du coup, on fait quelques km de plus et on trouve une autre station essence, où se trouve une petite pasteleria avec de très bons empanadas et d'autres douceurs sucrées. Mais on sent quand même qu'on est en banlieue de Bogota, les prix ne sont plus les mêmes.

Vendredi 22

Réveil à 6h par un pompiste. De ce que j'ai compris (Oriana ne travaille pas dans ce créneau horaire), l'équipe a fini son service et s'attend à ce qu'on laisse une propina. J'avais déjà été réveillé dans les mêmes conditions il y a une quinzaine de jours, pour les mêmes raisons. Hier, la nenette de la station essence avait demandé 6000 avant qu'on se couche. Du coup, j'en fais mon tarif officiel pour les stations essence.

11h30, on quitte la banlieue de Bogota, pour arriver à Honda à 15h20. 4h de route pour faire 165km, c'est ce qu'annonçait Here et c'est conforme à la vraie vie. Je vous laisse calculer la moyenne... Nous sommes donc redescendus des Andes Orientales, vers l'ouest, et avons retraversé le Rio Magdalena. Rien de bien notable si ce n'est que malgré notre vitesse toute relative, j'ai eu du mal à photographier les fresques murales de Guaduas, une autre ville patrimoine historique. On attaque maintenant la remontée des Andes Centrales...

16h30 Il reste encore deux bonnes heures de route sinueuse pour Manizales, et apparemment il n'y a plus aucun village entre ici et là-bas, aussi, quand on tombe sur un hôtel resto, El Mirador, avec un immense parking, on hésite pas. Karine aura quand même roulé 5h avec juste une pause pour acheter 10 mini bananes sur le bord de route. On s'est ruiné : 1000 cop le tout, soit 30 cts. Le gars voulait nous laisser le régime entier !

20h Nous sommes au resto, 24/24 car le lieu est fait pour les routiers. Juste avant l'émission nationale de musique, 'Autre niveau', un petit flash d'info à la Tv. Cette fois, rien sur l'Equateur. Mais c'est un autre tremblement de terre qui va me secouer. C'est quoi ces images floutées par la neige d'une très mauvaise réception ? Partout dans le monde, des hommages à Prince... Merde, j'ai les boules.

La soirée se poursuit, égayée par la charmante serveuse qui a passé son temps accoudée au comptoir à nous écouter parler et qui trépigne maintenant de joie à l'idée de visiter le cc. Elle en nargue ses collègues. Après la visite, nous retournons au resto lui offrir une carte de Paris. Elle qui n'a jamais quitté son hameau dans la montagne.

Samedi 23

8h J'ai dormi longtemps, avec des rêves remplis de pluie mauve (véridique) et des étoiles de mer avec mon café (romancé). Tous ces signes du temps. D'un autre temps maintenant. Repose en paix, Prince, combler ailleurs le vide que tu vas laisser ici...

Etonnant, l'éclairage de l'ordi remarche...

10h Petit déj soupe + plat + café. 7000 cop, soit 2€. Et 3 plats ont rassasié 5 personnes...

12h C'est reparti pour la traversée des Andes Centrales. Je m’étonne de ne pas l'avoir déjà écrit aujourd'hui, la Colombie est un pays magnifique, les colombiens sont des gens vraiment charmants.

A nouveau la route est sur la crête d'une montagne, avec des passages avec des vallées des deux côtés. C'est toujours aussi hallucinant.

Nous arrivons vers 16h à l'Hacienda Guayabal, en bordure du petit village de Chinchina, près de la grande ville de Manizales. Le dernier km n'est pas du tout évident, à travers la seule rue du village pas beaucoup plus large que le cc et qui se poursuit en chemin du même acabit qui mène à la finca. Si ça se resserre encore, on est mort ! Heureusement, l'avis d'un ioverlander précédent qui avait un cc de 6m était juste : ça passe pour nous aussi !

Dimanche 24

Je passe maintenant en mode 'avis de visiteur' pour le style d'écriture, comme ça, j'aurai juste un copié-collé à faire pour Tripadvisor, Routard et autres consorts, quand j'aurais le temps.

- Très très bon accueil, le personnel est très agréable

- Le 'coffee tour', de 3 heures : 30k cop par personne, 1/2 tarif pour nos 2 enfants de moins de 10 ans. Il est d'une excellente qualité : visite de la finca et des différents bâtiments, explications (en anglais et/ou espagnol) très précises de toutes les étapes de l'élaboration du café, de la culture et de l'entretien des plants de café, de la flore des alentours. Dégustation et explications sur les différentes qualités (taille, torréfaction, mode de récolte...) Tout simplement parfait.

- Le restaurant. Service 'aux petits soins'. Bonne nourriture, spécialement la mayonnaise au café. 25k cop. Le prix est correct si l'on tient compte du lieu 'touristique' et des petites marques d'attention (un petit drapeau de notre nationalité sur la table par exemple)

- L'hôtel. Nous n'y avons pas dormi, mais les chambres sont à 130k cop pour 2, 65k cop par lit additionnel. Prix basse saison. C'est dans la fourchette de prix des zones très touristiques. Ca reste bien au-delà des 35k cop qu'on peut trouver dans les motels de routiers, qui peuvent pourtant être très propres et confortables, avec sdb, AC et TV... Tout dépend de ce que chacun cherche et est prêt à payer...

- Le 'camping'. Un emplacement pour garer son camping-car, 4x4 ou van. Un robinet d'eau pas loin, la possibilité de tirer un (long) câble pour l'électricité, une douche froide (où l'eau est terreuse lorsqu’il pleut beaucoup) et des toilettes. Il y a encore un an, c'était 30k cop par véhicule. C'est maintenant 20k par personne. Nous étions 5 et même si nos deux plus jeunes ont payé 1/2 tarif, cela fait la nuit à 80k. Complètement disproportionné pour le service (à service égal, on avait jamais payé plus de 20k par nuit)

L'Hacienda est winner Tripadvisor depuis au moins 3 ans. Très fréquentées par les touristes américains aussi... Les tarifs semblent monter très très rapidement...

Les plus du lieu :

- le coffee tour qui est parfait

- les petits détails : jeux de société et livres sur la faune et flore locale dans un petit salon...

- excellent endroit pour observer les oiseaux. On y trouve un nombre impressionnant d'espèces différents

Le moins :

- Le prix de l'hébergement, en particulier du 'camping'

Je repasse en mode d'écriture 'moi-même'. C'était un tour très chouette, un parcours ludique et instructif (trop riche pour le détailler) dans la plantation, bien malgré la pluie. C'était aussi drôle de voir Kyra donner son avis sur les 4 cafés préparés différemment et faire un check avec Jorge, le responsable, parce qu'elle avait les mêmes goûts que lui !

J'ai encore vu des tonnes d'oiseaux magnifiques, mais au final, tous de la même espèce : celle qui s'envole au moment où j'ai fait la mise au point de l'appareil.

Par contre, une fois le tour fini, on est parti, on a fait 10 km et on s'est garé pour la nuit avec les camions. Mon porte-monnaie nous dit merci.

Bon allez, quand même un petit résumé de ce qui fait un bon café :

- divers petits secrets de finca, comme l'orientation, le pourcentage de la pente (45°)...

- la cueillette. A la main, on ne cueille que le grain mûr, rouge ou jaune selon la variété. Au Brésil, les machines cueillent aussi le grain vert...

- le séchage. Au soleil, en 7 semaines, c'est mieux qu'à l'air chaud en quelques heures. Mais c'est un facteur mineur et il y en a tellement d'autres...

- le bon écossage. Cuit avec la 'peau' et la pulpe, c'est moins bon !

- la qualité du grain une fois séché, qui se détecte à l'odeur. Ca dépend de la plantation, du taux d'humidité du grain après séchage etc...

- la taille du grain. Plus il est gros, meilleur sera l'arôme.

- de la torréfaction. En français, on n'a qu'un mot. Ici, il y en a deux. Un pour ce qu'on appelle la torréfaction naturelle (air chaud) et l'autre pour la torréfaction 'chimique' avec ajout de sucres, de saveurs... Mr 'What else' sélectionne de très bons cafés, mais utilise la seconde méthode... Pas bien.

Le meilleur test pour trouver le bon café, une fois torréfié, c'est de le sentir. D'ailleurs, les meilleurs cafés se vendent avec une petite pastille sur le sachet, avec un petit trou, un filtre, pour pouvoir sentir le café.

Pour masquer les imperfections (grains verts, non 'écossé'...), le café sera plus 'grillé', et les grains seront plus noirs... Attention aussi à l'appellation : lorsqu'on mélange du café de plusieurs origines, on peut ne citer comme provenance que celle au pourcentage le plus élevé. En supermarché, même le 'colombien' issu du commerce équitable ne l'est qu'à 40%. Les 60% restants, ça vient d'Asie.

Et au final, on a goûté le meilleur café, fait avec la meilleure machine (une italienne), mais préparé différemment, en faisant varier la température de l'eau. 4 saveurs complètement différentes...

Lundi 25

Le plus dur aujourd'hui a été de trouver une poste, pour une carte d'anniv et celles des récents gagnants. On s'est pourtant arrêté dans une grande ville, mais ce genre de bâtiment est plus rare qu'un musée. Pour envoyer des papiers ? un fax ? Il y a des cybercafés... On a fini par être aiguillé sur UPS et une autre dans le même style : 57$ US pour une carte !!! Heureusement, eux savait où trouver une vraie poste. Ici, elle s'appelle 472 ou un autre numéro à 3 chiffres, je suis plus très sûr. N'allez pas croire que l'aventure s'arrête là, pour envoyer la carte d'anniv, sous enveloppe, j'ai dû aller faire une photocopie de mon passeport, puis signer une décharge comme j'avais pas mis de drogue, de poison etc... dedans et laisser mes empreintes en plus de ma signature. Après, en théorie, le courrier met 3 à 4 semaines pour arriver !

Pendant ce temps, Karine, restée au cc avec les deux plus jeunes, n'a pas chômé non plus. Après avoir discuté en espagnol avec un gars qui voulait la prévenir que les flics mettaient des contraventions, puis que non, c'était bon ils s'étaient arrêté manger, elle s'est retrouvée à lui faire la visite du cc et à échanger sur notre parcours.

Nous voilà à Salento en milieu d'aprèm. Un autre petit village à 10 km des autres routes, avec 5 rues dans un sens et 8 dans l'autre. Cette fois, l'ambiance est très babacool et il y a beaucoup de backpackers. Du coup, le village s'est transformé en un enchevêtrement d'auberges de jeunesse et de boutique souvenir/artisanat. Personnellement, je n'ai pas trop accroché. On a croisé aujourd'hui un cc d'un couple d'argentin à la retraite, en montant vers Salento, et on retrouve maintenant leur cc sur la place du village. Ils font Argentine-Alaska. Hier, à la finca, on avait vu un jeune couple de Néo-Zélandais qui faisaient Alaska-Ushuaïa, en 2 ans. Je crois qu'on avait croisé personne depuis le Panama, et avant ça depuis le Guatemala.

18h On vient de se faire virer du petit coin qu'on avait trouvé par la police, qui nous avait autorisé à nous y mettre 3h avant. Visiblement, les hostels à côté n'aiment pas trop et ont demandé qu'on bouge. Mais finalement, c'est pour notre bonheur : avec Oriana, on est allé demander à la crêperie où on comptait manger si on pouvait dormir sur leur grand parking. Il y avait déjà le van des argentins qui y était garé. Le proprio parle français (il a vécu un moment à Sherbrooke !) et on est super bienvenus. Plus de chance, pas possible !

Les argentins nous ont un peu raconté leur parcours. Ils sont remontés par le Brésil puis le Venezuela, puis, comme la frontière avec la Colombie est fermée depuis l'été dernier, ils ont dû faire demi-tour sur 10.000 km pour passer par le Pérou et l'Equateur ! Une fois en Equateur, ils se sont posés la question de passer par la côte ou par les montagnes. Ils ont choisi la montagne et la nuit qui a suivi, les côtes équatoriales tremblaient...

Ensuite, on est allé manger nos crêpes. Je pense sincèrement que j'en avais jamais mangées d'aussi bonnes. Une adresse chère, ce Crepers Co., mais rapport qualité-prix, il n'y a rien à dire.

Mardi 26

10h On prend la jeep pour aller dans la vallée de Cocora. En fait, on s'est laisser embarquer par le Petit Futé qui dit qu'une fois à Salento, on prend la jeep pour Cocora. Bien sûr, si on est comme tous les backpackers qui arrivent en bus, c'est ce qu'il faut faire, mais quand on a son propre véhicule, la route est goudronnée jusqu'au bout !

Une fois là-bas, on a fait une expédition à pied de 3h. C'est aussi le point de départ de ceux qui font des excursions, à pied ou à cheval, de 3 jours, voire plus. Pour nous, l'idée était juste de voir les rarissimes palmiers de cire, emblème du pays. Bon, on les a vu... c'est bien des palmiers... De grands palmiers, mais des palmiers.

19h La crêperie est fermée, on sait pas pourquoi (on avait pris une crêpe sucrée une fois rentré et rien n'indiquait qu'ils seraient fermés ce soir... Du coup, avec Oriana, je vais chercher des burgers à emporter chez 'Brunch'. 'Brunch', c'est un resto d'excellents burgers dont la réputation va jusqu'à Bogota pour les locaux, mais c'est surtout le lieu de rendez-vous de tous les voyageurs, qu'ils viennent des USA ou d'Argentine, de Suisse, d'Italie, de France, d'Allemagne, d'Israel, d'Irlande... de partout en fait. Et comment savoir tout ça juste en entrant dans le resto ? Les murs de 3 petites salles sont recouverts de petits mots, de la catégorie 'I was here'. Oriana a donc pris les plus beaux feutres qu'on lui a proposé et a aussi laissé un petit souvenir de nous. Comme il y a très longtemps, à Cadillac Ranch, il semblerait qu'Oriana soit préposée à ce rôle. Pour la petite histoire, il semblerait (mais ce ne sont que des suppositions issues de mes observations) que le resto soit tenu par un couple dont le gars est américain et la fille colombienne. Il nous a d'abord parlé anglais, comme les serveurs, avant que je lui dise qu'Oriana parlait espagnol et qu'il aille chercher la personne que j'ai identifié comme sa femme. Dessiné derrière le comptoir, un homme et une femme en sac à dos, qui leur ressemble vaguement, si on les imagine avec quelques années de moins. Pour moi, tout est dit. Ou presque, on trouve aussi de nombreux jeux de sociétés sur une étagère, dont la guerre des sexes.

- incroyable ! J'ai ajouté un 'x' parce que ça fait 30 min que j'essaye de publier cet article sans succès, jusqu'à ce que je me rende compte que c'est ce putain (et lui, il passe !?) de mot qui fait tout planter ! -

Je me demande comment ce jeu peut être vécu par la communauté gay. Je dis ça parce que le lieu est un repère de voyageurs au long court, mais pas seulement, les voyageurs sont pour beaucoup un peu à la marge, comme je les aime : longue barbe, piercing, tatouage et il y a aussi visiblement une grande communauté lesbienne qui transite par ici, à en voir les différents messages laissés au mur (il a fallu expliquer 'Pussy Power' à Oriana...). Enfin moi, le petit mot que j'ai préféré, parmi la longue lignée de ceux relatifs au voyage, c'est 'Work, Save, Travel, Repeat'.

Ce soir, on a inventé un nouveau jeu, le 'T'as déjà vu ? T'as déjà fait'. Je crois que c'est parti de l'évocation de Cadillac Ranch, quand Oriana racontait aux autres le décor du Brunch. Du coup, on s'est mis à lancer chacun son tour les t'as déjà vu. Du genre 't'as déjà vu une femme avec une poule dans son cas à main ?', 't'as déjà vu un cochon porté à califourchon sur une mobylette ?', 'T'as déjà vu du linge sécher sur les fils barbelés', 'T'as déjà été réveillé par des singes hurleurs'... Je crois que je vais en faire une chanson.

Mercredi 27

15h Changement de décor, qui commence autour de Tulua : champs de canne à sucre en alternance avec les bananiers. On croise des 'trains' de canne à sucre : des camions avec 3 remorques, ou des tracteurs avec 5 remorques. Encore un truc de dingue.

17h record de train battu : un camion avec 5 remorques. On descend maintenant vers l'Equateur. On s'est gardé quelques trucs à faire pour quand on reviendra dans ce merveilleux pays : en plus des excursions en Amazonie, on fera le désert de Tatacoa.

La nuit tombe, on s'arrête une nouvelle fois sur une station essence / resto. Ce soir, c'est 'La légende de Manolo' qu'on regarde ensemble sur l'ordi. Un petit rappel en dessin animé de la culture mexicaine...

Jeudi 28

Une nouvelle après-midi de route, toujours dans les cannes à sucre. Nous sommes maintenant dans la grande vallée qui n'a pas de nom sur la carte (mais merci quand même les parents pour cette livraison en main propre, car cette carte papier 'Les Andes', nous est bien utile), juste après Palmira, entre la Cordillère occidentale et la centrale. Comme dirait Zaz, c'est le retour du soleil. Comme dirait Noir Désir dans un autre registre, 'La chaleur'...

Heureusement que c'est souvent une double voie, car impossible sinon de doubler les 'trains'. 5 remorques, ça fait quoi ? 5x10m ? On vient de passer devant le musée de la canne à sucre. La Colombie vient de prendre la première place sur le podium de la canne à sucre. La Louisiane perd sa place, ce qui nous met le Belize au 3ème rang. Dans les 3 cas d'ailleurs, dans les champs, c'est une population d'origine africaine, ce qui n'était pas le cas pour les plantations de café.

14h15, péage. Ajouter à la gentillesse colombienne le sourire et l'exubérance légendaire des blacks, et vous voilà ravi de payer votre péage ! Ah oui, parce que quand même, les routes colombiennes sont au top, mais c'est à coup de 7000 cop tous les 50 kms.

14h34. Argh, je viens de réaliser que j'avais pas encore gouté à l'aguardiente et que dans 2-3 jours, on est en Equateur. Je crois que c'est mort...

17h15 Arrêt de bonne heure sur un truck stop, de peur de ne rien trouver d'autre avant la nuit, dans cette route de montagne.

Vendredi 29

C'est reparti pour une journée de route.

Je réalise que je n'ai pas encore parlé des maisons en bambous. Depuis au moins Manizales, la majorité des maisons sont faites en bambous. Murs et charpente. Parfois, c'est clairement visible, mais le plus souvent, on ne le voit pas, car les murs sont ensuite recouvert d'une espèce de chaux faite de terre et de pate de bambous (si j'ai bien tout compris les explications en espagnol du guide de la finca de Guayabal, qui nous a montré ça).

Autre chose sur laquelle je n'avais pas insisté - et c'est le moment de le faire vu que demain on passe en Equateur -, c'est l'invariété de nos repas depuis 3 semaines. On s'en lasse pas et c'est toujours très bon, mais c'est quand même toujours la même chose, matin et soir : soupe, plat avec viande (porc, boeuf ou poulet), riz, frijoles (parfois pâtes), patacones ou tranche de banane plantain. Jus de fruits maison (et café le matin). Pour la soupe, c'est souvent la surprise. En général, c'est viande bouillie ou poulet, pommes de terre et yuca, mais parfois, on a le droit à quelques extras : pattes de poulet ou tripes... Bon là, on en redemande pas...

On arrive en fin d'après-midi à Pasto. Depuis une cinquantaine de kms, le diesel est super pas cher (30% plus bas qu'ailleurs), sauf qu'ils n'en ont pas. A Pasto, après 4 arrêts infructueux à différentes stations, on obtient l'explication (de la part d'un pompiste qui est allé demander discrètement à son patron s'il pouvait nous en vendre) : dans la région, je ne sais pas pourquoi, ils peuvent le vendre moins cher (absence de taxe ?), du coup, les gens viennent de loin pour faire leur plein, et en fin de mois, ils n'ont plus rien. C'est au point que même pour l'essence normal, on a vu fleurir des pancartes 'Si hay Gasolina aqui' ('Oui, ici on a de l'essence').

18h30 On s'arrête à une heure de la frontière, nuit oblige, dans une station qui elle annonce 'On a du diesel, au prix national'.

Dernière nuit en Colombie, qu'on va quitter avec un petit pincement au coeur. Dire qu’on n’avait pas prévu et peur de traverser ce pays, il y a 9 mois...

Samedi 30

Noir Désir sur l'autoradio pour notre dernière heure de route en Colombie. "Le vent l'emportera" sur cette route magnifique de la cordillère où chaque virage révèle un paysage toujours plus beau que le précédent.

On vient de croiser un français en vélo. Le petit drapeau sur le porte bagage, la longue barbe et les cheveux en dreadlock. Ca doit faire un bail qu'il roule.

Carnets de route
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Colombie
Langues officiellesEspagnol
Forme de l’étatRép. à régime présidentiel
Superficie1 141 748 km2
Population40 hab./km2
MonnaiePeso colombien
Fuseau horaireUTC -5
Indicatif tél.+57
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