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Equateur (du 30/04/16 au 18/05/16)

Equateur (du 30/04/16 au 18/05/16)

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Samedi 30 (suite)

15h15 110 502 km au compteur et nous voilà à la frontière. Côté Colombie, c'est réglé en 15 min : un tampon de sortie sur le passeport et le permis d'importation temporaire à rendre à la Dian. Pas de 'guide' qui nous harcèle, juste un changeur officiel qui nous a montré les deux batiments concernés et a changé nos pesos en dollar à un taux à pleurer... Côté Equateur, il faut d'abord tamponner les passeports puis aller cherche le permis d'importation. Le bureau n'est pas facilement identifiable et les gens nous renvoient plusieurs fois dans la mauvaise direction, mais au final, on le trouve, Karine et Oriana répondent à 20.000 questions et roule. 1h15 de ce côté. Aucune photocopie à faire. Aucun formulaire du genre B42X3Abis à demander à une romaine derrière un guichet. Une épreuve facile. La frontière la plus easy de notre voyage.

Nous voila en Equateur et le paysage change rapidement. Les grandes collines remplacent les montagnes. On est sur des hauts plateaux, à 3600 m d'altitude quand même ! Ici, on cultive le maïs et le blé. Je crois qu'on avait pas vu de champ de blé depuis les USA... Le look vestimentaire change aussi. En Colombie, il était très occidental, avec pour les nanas des jeans archi troués et des hauts sexy. Ici, les femmes portent des pantalons et pardessus, des jupes. Pour les plus agées, il s'agit de jupes traditionnelles plissées et pour les plus jeunes des couvertures polaires transformées en jupe pour l'occasion.

18h30 On s'arrête dans un tout petit village, San Isidro, pas loin d'un à peine plus gros village, El Angel. On demande à la police un endroit où dormir et le gars nous escorte en voiture à la sortie du village, à une veille station essence abandonnée. Parfait. Il paraît que San patIsidro, c'est très calme, il ne se passe jamais rien et il fait très froid. Voilà pour le décor.

Dimanche 1er mai

Ce matin, les deux plus jeunes ont joué avec deux petites filles, puis on a repris la route. Le paysage à changé d'un coup : on traverse maintenant un désert de cactus bordé de montagnes rocailleuses. Petit contrôle de police : 'Vous êtes d'où ? Vous venez d'où ? Vous allez où ?' 'On est de France et...' 'C'est bon, passez...'

Nous arrivons en début d'après midi à Otavalo, notre 1ère étape planifié en Equateur. Si on avait pu arriver hier matin, ça aurait probablement été bien mieux, car la ville est célèbre pour son marché aux animaux du samedi matin, en théorie le plus grand du continent. On s'est rabattu sur celui de l'artisanat. Des choses vraiment magnifiques, mais à des prix très touristiques. Et difficile de voir quelle est la part du poncho en alpaga faite par les indigènes de la région et celle made in China. La population de la ville est quasiment exclusivement indigène et, est-ce que c'était parce qu'on est dimanche, était parée de ses plus beaux atours. Les hommes portent chapeau noir et pantalons blancs et les femmes... de beaux habits. Hommes et femmes portent les cheveux longs, les hommes en queue de cheval et les femmes en une ou deux nattes.

On a mangé au food market de la place du 24 mai et c'était très agréable. Un peu comme à Guanajuato. Puis il s'est mis à pleuvoir, comme souvent en milieu d'après-midi depuis quelques jours, alors on est rentré au cc. Kyra n'a pas trop aimé la partie du marché où les odeurs sont assez fortes, où il y a les carcasses d'animaux sur les étals, les tripes et les abats et d'énormes bassines de sang posées au sol...

On n'avait aucune raison de dormir là, alors on a repris la route. Objectif numéro 1, trouver une connexion internet, car on a réalisé hier soir qu'on avait pas envoyé les voeux définitifs pour l'orientation scolaire d'Oriana. Dead line 5 mai. SMS en catastrophe aux parents en France car pas moyen de mettre la main sur le formulaire, mais ouf, on trouve une cafétariat locale avec wifi et on règle tout rapidement. Ca a été l'occasion aussi de goùter à un café avec des biscochos, une sorte de biscuit sec. C'est la spécialité de la ville, Cayambe et chaque magasin est sensé vendre les meilleurs. En fait, je crainds qu'aucun ne soit vraiment bon. Entretemps, la nuit était quand même tombée et on est qu'à un ou deux kms de la ligne de l'Equateur. On s'arrête donc à la première station essence qu'on trouve. Le gars est ok. Cool. Demain, on aura la tête en bas !

Lundi 2

Grande découverte faite par Karine hier soir en lisant le Routard Pérou/Bolivie : le yucca (ou yuca), qu'on mange depuis le Salvador, c'est du manioc.

11h30 On reprend la Panaméricaine et on fait deux kms avant de changer d'hémisphère. Mais ici, on ne trouve que deux panneaux indicateurs et le monument Quitzato, une énorme horloge solaire. On va continuer 20 km vers le sud, à Quito, puis remonter 20 km vers le nord-est pour aller au lieu touristique, Mitad del Mundo.

Voici le lieu historique d'où l'expédition française (et un peu espagnole) a fait son relevé pour déterminer exactement la position de l'équateur et en calculer l'exact périmètre de la terre. Pour la position, ils se sont plantés de 180m, je crois, le site historique est donc sur la latitude 0°00'2 d'après mon GPS. On a d'abord été studieux et on a visité le pavillon français consacré à l'histoire de la mesure de l'équateur et des ses implications (création du mètre étalon, nom du pays...) Kyra a surtout été impressionnée par la femme du chef de l'expédition, qui a traversé l'Amazonie depuis la Guyane française pour rejoindre son mari. Seule rescapée ou presque... Elle en a fait la leçon d'histoire à Eliott qui s'était éclipsé aux toilettes pendant le cours. Ensuite, on a zappé les autres batiments et on s'est surtout amusé à surfer sur le ligne. J'avais pour l'occasion sorti mon T-shirt de Rovaniémi, avec les coors du cercle polaire arctique. D'ailleurs, on est ensuite allé dans la zone des batiments de souvenirs (très bien aménagée, absolument pas agressive dans le décor) et notre 1er achat à été... notre premier achat a en fait été des cartes postales - on pense d'abord à vous, famille, amis et lecteurs - ... notre second achat, donc, a été un T-shirt avec la Lat 0°00'00''. Pour le suivant, ça va être dur car je crois que le cercle polaire antarctique ne passe que par les mers. Ensuite, je m'attaque au Méridien de Greenwich (argh, où est mon dictionnaire ?). On s'est ensuite offert un 'diplôme de présence' et on a tous fait tamponner nos passeports avec les deux tampons du lieu. On savait même pas que c'était possible de mettre un tampon touristique à côté du vrai tampon de passage de la frontière !

Ensuite, on a décliné la proposition de dormir sur le parking pour 5$ officieux et on s'est dirigé vers le village un peu plus au nord. Sauf qu'il avait plu dans les montagnes et que la rue qu'on voulait prendre s'était transformée en torrent de boue. Même sur la rue principale où on se trouvait, il y avait des passages traversés par l'eau et elle charriait des tonnes de caillasses, dont parfois de la taille d'une brique. C'était sport ! On a donc fait demi-tour en direction de Quito. On a trouvé une 1ère station essence qui nous a fait poireauter 30 min sans qu'on ait de réponse. On a fini par partir, et à Pomasqui, on a fait comme l'avant-veille, demander à la police. Le copilote appelle sur son talkie-walkie (traduit de l'espagnol par Oriana) : 'Je suis avec des étrangers qui demandent la collaboration de la Police Nationale. Ceux sont des français dans un camping-car et ils cherchent un endroit pour dormir dans leur véhicule. Je demande l'autorisation de monter dans leur véhicule et de les escorter'. Et nous voilà parti à suivre la voiture de police, avec l'autre policier dans le cc. Il ne manquait que les sirènes.

On va dormir dans une sorte d'impasse, juste en face de l'école de police. Je dis sorte parce qu'au bout, il y a un dénivelé de 50cm de long sur 30 de large avant de rejoindre la route et il y a quand même des voitures qui forcent le passage. Evidemment, ça tape le bas de caisse à chaque fois. C'était l'attraction du soir, on se demandait s'il n'allait pas y en avoir une qui resterait coincée.

Mardi 3

On ira pas vers le nord-ouest pour le parc de Mindo (la capitale des oiseaux) car la route et la localisation a l'air plus qu'incertaine. On ne va pas non plus visiter la vieille ville à Quito, ni prendre le téléphérique parce qu'on est pas trop dans le trip vieille ville et que les capitales, c'est toujours un peu galère avec le cc. On ne va pas non plus s'arrêter plus au sud à Saquisili, Zumbahua, Pijili, Ambato ou Latacunga. Il s'agit de minuscules villages ou villes moyennes connues pour leur marché mais ça colle pas vraiment au niveau des dates. On ira pas non plus faire l'ascension du Cotopaxi (5900m) parce qu'on est pas fou et surtout parce qu'il est encore fermé après s'être réveillé il y a 6 mois. A confirmer mais je crois qu'il s'agit du plus haut volcan actif du monde.

On fait donc route vers Banos, avec un long arrêt au supermarché du nord de Quito, où le gardien responsable de la gestion de livraison est aux petits soins pour nous : comme il n'y a qu'un parking souterrain et qu'on passe pas, il nous fait nous garer avec les camions et fait ensuite faire des manoeuvres pas possibles à tous les livreurs qui arrivent après ! Dans le magasin, on trouve des tomates d'arbre, qu'on a déjà gouté en jus de fruits, mais jamais vu en vrai. Et bien ça porte bien son nom ! On achète aussi une manzaquilla. Un fruit à la peau résistance mais souple, et vide dedans, avec juste un peu de chair blanche et des pépins.

Pas très loin, à noter en passant, une superbe murale sur les droits de la femme, que, comme d'habitude je n'ai pas le réflexe de photographier dans les temps.

On s'arrêt encore une fois en sortie de Quito pour acheter à emporter du mote et choclo dans un bouiboui très fréquenté par les étudiants de l'école militaire d'à côté.

14h, après le grand soleil, la pluie. On sort enfin vraiment de Quito, qu'on a longé sur l'ouest sur environ 35 km. Une capitale pas très large mais extrémement étendue du nord au sud. Et sur toute la route, des écoles militaires en rang d'oignons. On s'arrête une fois de plus pour le ravitaillement, sur la bande d'arrêt d'urgence de la 3 voies, pour acheter des bananes et des jus de fruits.

Comme souvent sur la route, je tente de préparer notre atterrissage à notre prochaine destination et regardant les éventuels points de chute sur ioverlander. C'est toujours un plaisir d'y retrouver des commentaires de René et Barbara, maintenant 'un mois devant nous', ou ceux de précurseurs, comme Live Remotely, les auteurs du pdf qui nous avait servi de référence pour l'AmCentre. De temps en temps, on reconnait aussi la patte de voyageurs français. Au Nicaragua, on avait ainsi doublé un couple de voyageurs à la retraite. On a juste échangé quelques mots sur internet, mais maintenant, c'est eux qui profitent de nos adresses de bivouacs ! Là, je viens de voir le nom d'un site très français. Ils sont aussi un mois devant nous. S'il trainent un peu... Et rien que de lire les noms des auteurs, c'est sympa. Aujourd'hui, j'ai aimé 'onlythewindknows' ! Tiens, j'offre une carte postale au geek qui trouvera le point touristique qu'on a ajouté sur l'appli (ou le site, c'est pareil) en Equateur.

Nous sommes arrivés à Banos. Banos, ça veut dire bains. C'est une ville réputée pour ses thermes. Sauf que banos, c'est aussi un des premiers mots que j'ai appris en espagnol, ça veut dire toilettes. Banos, une ville de chiottes quoi...

On trouve en mode radar - parce que Here n'a pas de plan détaillé de la ville - le parking près d'une aire de jeu que l'on cherche. Spot parfait, le gardien du parc et de la bibliothèque voisine nous confirme qu'il n'y a pas de problème pour rester là. Les enfants jouent même après la nuit tombée sur la grande aire de jeu qui possède une tyrolienne. L'équateur est riche en aire de jeu. Sur notre route, on en a vu des tellement immenses qu'on croyait que c'était des trucs payants.

Donc voilà, on est bien et on a même un wifi de la ville, même s'il est désespérément lent.

Mercredi 4

Sortir du cc et être accueilli par un 'ça va, bien dormi ?' d'un policier municipal, c'est cool. On a discuté un petit moment. Il a fait la promo de la ville, où l'on sent qu'on est vraiment bienvenu. Il m'a aussi montré la photo de notre cc qu'il venait d'envoyer à un pote au Canada ! Par contre, dans notre petite famille, personne n'a eu de considération pour moi qui était levé à 6h30  : bien que tous reveillés à 8h, ça a été pour eux une matinée grande trainouille au lit. Du coup, on est ready pour l'aventure à 13h. Oubliées les bonnes résolutions de la veille de profiter des matinées ensoleillées avant que la pluie de 15h n'arrive. En même temps, il a pluviauté tout le matin.

Nous voilà donc parti à El Pailon del Diablo. Waouh ! Après un petit km dans la forêt de montagne, on découvre la cascade qui vaut le détour. Heureusement qu'on avait les K-Way (sauf moi évidemment) car ça mouille. Karine s'est sacrifiée pour garder les sacs et préserver son genou fragile, pendant qu'on a fait les 20 derniers mètres pour passer derrière la cascade en rampant dans une faille de la montagne. Génial !

Cette sortie, c'était aussi pour trouver l'occasion de vider nos toilettes en route, car même si je n'en parle plus et qu'on est quand même rodé, c'est toujours un challenge de trouver tous les 3-4j un lieu approprié...

De retour à Banos, on est accueilli par Marcos le policier qui, en s'excusant 1000 fois nous demande si on accepterait de se garer dans la rue derrière le parc plutôt que devant, sur le parking, parce que son chef trouve ça mieux. Aucun problème, nous on est déjà super content d'avoir un endroit où se mettre !

Je pars ensuite chercher des pizzas 'Chez Leoni', une adresse précédemment dénichée par Barbara et René. On valide le choix, et surtout, j'ai plaisir à discuter avec le jeune pizzayolo qui, si j'ai bien compris (j'étais seul, sans ma traductrice) est déjà allé à Eurodisney avec ses deux enfants... L'échange était utile aussi car il m'a conseillé un chemin alternatif de Puyo à Cuenca, pour nous éviter d'avoir à repasser par Banos.

Après avoir engloutis les pizzas, c'est soirée film pour les 3 plus grands. Maintenant qu'on a plus de souci de batterie, on a instauré un film quasiement tous les soirs. Parfois tous ensemble (on a 'la Légende de Manolo' à finir), parfois dans Kyra (on est dans les SW) et souvent sans Eliott non plus (récemment, ça aurait pu aussi être sans moi, j'ai eu droit à une série Dirty Dancing, Twilight...) Là, on a attaqué Hunger Games.

Jeudi 5

7h30 Je repars comme hier seul pour faire un petit tour de la ville. J'aime vraiment Banos. C'est une ville qui n'a aucun charme, mais pourtant on s'y trouve bien. Simple. Un camp de base pour les touristes car au coeur de plein d'activités, mais sans qu'on soit submergé par les vendeurs de souvenirs. Beaucoup d'auberges de jeunesse, de tours opérateurs et de restos bars sympas. D'ici, on peut mettre un pied en Amazonie (mais vu que les excursions vont jusqu'à Puyo, on attendra d'y être pour le faire), faire du canyopnning, de l'escalade, du rafting, de la tyrolienne / canopy, des promenades à pieds, à cheval...

Ah, ce matin, j'ai vu un mec avec 4 chèvres s'arrêter dans la rue, traine une chèvre et donner le lait dans un magasin ! Je l'ajoute dans la chanson ad hoc !

J'ai pris le café chez Ricooo Pan. Ils ont un problème en Equateur. Ils sont exportateurs de café et depuis qu'on est dans le pays, je n'ai eu le droit qu'à des nescafé solubles. N'importe quoi ! Sinon, j'ai vu la serveuse sortir avec une mug et un croissant, offrir un petit déj à un vieux monsieur assis devant sur un banc. 5 minutes plus tard, elle revient pour un autre monsieur qui avait rejoint le premier.

J'avais oublié de l'écrire, hier, je suis allé à la poste pour acheter des timbres, vu qu'en Equateur, un truc de dingue, c'est comme en France, il y a des boites aux lettres partout. Sauf qu'à la poste, on m'annonce que le tarif de cartes postales est le même que celui des lettres : 8$50 pour l'étranger. Autant vous dire que personne ne recevra de cartes envoyées d'ici...

Aujourd'hui, on est allé au Zoo de San Martin, à 3 kms d'ici. Petit -mais c'est déjà impressionnant de trouver un zoo au milieu de nulle part - mais pas si mal. 50% oiseaux et 50% mammifères. Il y avait un jaguar dans un enclos avec des murs de max 3m. Faut croire qu'il est bien nourri parce qu'il peut se faire la malle quand il veut. Il y avait aussi des singes, type mono et araignée. On a pu leur donner la main (et se faire attrapper par leur queue) à travers le grillage !

Aujourd'hui, on a aussi réussi à attrapper de sérieux coups de soleil. Après 9 mois au soleil, on se laisse encore surprendre. Ou alors, l'angle de tir du soleil à l'équateur est vraiment plus méchant.

En fin d'aprem, on prend un goûter chez Daléo : bonnes glaces et crèpes, mais surtout du vrai café.

On récupère ensuite du linge qu'on avait donné à laver dans une auberge de jeunesse (Hostal Léonie, service nickel)

Le soir, on achète des hamburgers maison à 1$50 dans un petit truc près d'une école.

Vendredi 6

Réveil un peu avant l'aube par les militaires qui font leur footing en chantant.

Au planning du jour, se promener en montagne, un sentier de 2 x 1,2km qui montent jusqu'à une croix en surplomb du village. Normalement, on doit pouvoir croiser 3 géocaches en route. Ca grimpe sec. Au bout de 400m, on cherche la géocache, mais comme les 2 derniers à avoir laissé un commentaire sur internet, on ne la trouve pas. On continue encore 800 m mais 4 personnes contre 1 trouvent que la ville vue d'en haut n'est pas spécialement jolie et qu'elle ne le sera pas plus 400m plus haut. Je suis dég mais je lache l'affaire. Demi-tour.

Goùter chez Daléo et aire de jeu.

Une journée que les enfants ont aimé et que j'ai quand à moi trouvé passionante...

Samedi 7

Une nouvelle journée d'enfer. Faut croire que Banos est la ville idéale pour rester dans le camping-car à rien faire. On finit par prendre la route vers 17h et on arrive un peu avant Puyo juste avant que la nuit tombe. Trop tard pour chercher un lieu vraiment sympa dans les environs (on aimerait aller au refuge Los Monos, tenu par des suisses, mais il semblerait qu'il ne soit accessible qu'en 4x4), alors on se rabat sur une station essence plutôt pas mal.

Dans la soirée, un gamin d'une dizaine d'années vient nous voir 'Es una casa rodante ?!' Oui, bonhomme, allez, vient visiter ! et un peu plus tard, deux petits de 3 ans sont à la porte (mais on laisse la mousticaire). Ils s'extasient pour tout. On commence à manger et ils disent 'wouaaaaaaah, comida'. On sort une bouteille d'eau et ils disent : 'wouaaaaah, es agua'. Mignons. Ces deux là dormiront avec leurs parents juste à côté de nous, dans un pickup baché.

Dimanche 8

Après un petit déjeuner identique à ceux de Colombie, on passe par Puyo et on continue sur quelques kilomètres pour aller au refuge pour animaux Los Monos. Les derniers 500m sont une piste de pierres. Sur ioverlander, le dernier commentaire était 'For 4x4 only'. J'ai donc fait la piste à pied avec Oriana. Ca me parait jouable. Une fois sur place, on discute avec la bénévole qui s'occupe de l'entrée. Une française arrivée il y a 15j. Deux autres couples de français sont là depuis peu et un 3ème arrive aujourd'hui. Que des français en ce moment. On doit attendre le retour du responsable, un suisse intallé ici en 2002, mais la bénévole pense qu'Oriana devrait pouvoir faire partie de l'équipe. Allez, tentons de faire venir le cc.

C'est bon, sans soucis. On verra plus tard si le chemin inverse est aussi faisable...

En attendant Ivan, on visite le refuge. Des singes bien sur. Il y en a une cinquantaine : singes laineux, saimiris, singes araignée, capucins noirs et capucins blanc. Il y a aussi des perroquets, serpents, pécaris, coatis, tortues, petits poissons et un marguay. Il y a un coati et deux saimiris en liberté, dont un qui nous suit sur une bonne partie du chemin.

Après avoir discuté avec Ivan, c'est ok. Il est 14h, c'est l'heure de donner les repas, elle commence tout de suite.

On la récupère à 17h aux anges. C'est elle qui est entrée dans la volière et un perroquet s'est posé sur elle. Elle a pu carresser des singes, nourrir des serpents et aider à réparer un tunnel en grillage. Et il y a au moins un gars qui retiendra son prénom : sa soeur s'appelle Oriana. C'est la 1ère fois qu'il rencontre une autre Oriana, lui a-t-il dit !

Pendant ce temps, nous, on s'est occupé comme on pouvait sous une chaleur toute amazonienne.

Yvan a aussi appelé un guide et ami, après que je lui ai parlé de notre souhait de faire une journée en Amazonie. Du coup, Patricio est venu nous voir directement au refuge (on recommande : Patricio Garces de Native Jungle une des 4 agences de Puyo. 9 de octubre 1268 / Atahualpa, 2nd piso). C'est réglé, mardi, on part dans LA forêt.

En attendant la nuit, Eliott et Kyra font une partie de foot avec la famille qui vit à côté du refuge et qui nous loue un petit coin de leur 'parking' (1$/jour).

20h L'orage éclate. Un bon gros orage, avec quelques éclair et le sol qui tremble à côté de nous. Puis, rapidement, la pluie. Un vrai déluge.

Lundi 9

7h15 Je réveille Oriana : c'est l'heure qu'elle se prépare pour aller bosser !

9h Il s'arrête plus ou moins de pleuvoir. 13h d'averse non stop. Pas mal.

On se sait pas ce que fait Oriana, mais pour les plus jeunes, c'est moins fun : école.

Vers midi, Oriana et son équipe passe nous faire un coucou, avant d'embarquer sur le camion pour aller en ville chercher de la sciure. Nous aussi, on décide d'aller en ville. Certes, cela implique de faire le chemin avec le cc une fois de plus, mais on est short en eau et en nourriture... Bon, ça passe dans l'autre sens. On se trouve un bon resto - un bon bouiboui où il y a du monde quoi - et on découvre un nouveau truc culinaire. Le traditionnel soupe + plat de viande / riz / banane est invariable, mais avec la soupe, on a le droit à du popcorn salé. A verser dans la soupe, ça remplace les croutons. Je le referai une fois en France, car c'est pas mal.

Puis, on ne trouve rien de rien dans la superette du coin, à part de l'eau. On déniche quand même quelques fruits et des petits pains pour le déjeuner, et on rentre.

Kyra retourne avec moi faire le tour des singes, pour elle joue avec Eliott dehors.

Vers 17h, Oriana renvient avec Marie, arrivée hier un peu après nous, pour lui montrer notre cc. Marie est là avec son copain, rencontré lors d'un précédent voyage. Cela fait quasiement 2 ans qu'elle voyage, entre deux courts retour en France. Comme nous, son congé sabattique prend fin en Aout. Comme nous, elle commence à sentir la fin qui se rapproche, même s'il reste encore 3 mois. Arrivés il y a 15j en Equateur (le seul pays d'AmSud qu'elle n'avait pas encore vu), ils étaient avant en Nouvelle-Zélande pendant 6 mois. Ensuite, pour eux, ça sera 2 mois au Mexique.

Mais revenons à la journée d'Oriana. Sa journée a commencé par l'épluchage de légumes. Oignons à faire pleurer et énormes carottes. On les a vu ce matin en ville, elles sont courtes, mais grosses comme le poing. Oriana nous a dit que le coeur était dur comme une branche ! Puis elle est partie en ville, remplir et remplir des gros sacs en jute de sciure, pour refaire le sol du terrain des pécaris. Et elle n'a pas chaumé non plus pour les décharger du camion. Je le sais, parce que j'étais là pour donner un coup de main. Elle est ko ! Courbatures et mal de dos au programme de demain. Bon, elle a quand même pu donner les médicaments aux singes, dans du pain à la confiture. Le plus dur est d'empècher le mâle dominant de prendre la ration des autres, et de ne pas rendre les non-malades jaloux. Il faut donc leur donner la même chose mais sans le médicament. Il s'agit de ne pas se tromper de bout de pain ! Elle a encore appris quelques trucs avec Jonathan, le jeune du coin qui bosse ici depuis 3 ans. Des petites anecdotes, comme le fait qu'un singe n'aime pas les filles à la peau blanche. Ce singe, qui adore Jonathan, se met à grogner quand il pose la main sur quelqu'un d'autre... mais quand il pose la main sur une fille blanche de peau, il pête un cable ! Elle a aussi vu un singe se frotter avec les oignons qu'elle lui donnait à manger. Il paraît que c'est normal, celui-là, c'est son kif le parfum à l'oignon... Et elle a encore nourri les perroquets. Pour l'un d'entre eux, une fois dans la volière, il faut approcher un baton, le faire monter et l'emmener à la mangeoire, car il ne peut plus voler. Sauf qu'il a préféré marcher sur le baton jusqu'à la main d'Oriana, qui était selon lui plus confortable. Avec Oriana, l'opération se fait donc sans baton (comme pour moi le ski, mais ça on s'en fout). Ah oui, un dernier truc qu'elle nous a raconté. Une fois la journée finie, les jeunes discutaient autour d'une table. Et devinez sur les genous de qui le coati est venu s'assoir ? Oriana !

Mardi 10

Ce matin, Kyra a écrit sur mon cahier : 'moucherons mordeur pars 1000'. Ouais, une attaque de moucherons mordeurs, probablement à l'aube. Des 'moucherons mordeurs par milliers', de ceux qui n'ont aucun mal à traverser les lignes de défense des moustiquaires. Hier, ils avaient déjà sévi...

9h20 Patricio nous attend depuis 30 min pour nous emmener dans l'Amazonie. Evidemment, même s'il le fait régulièrement, on ne part pas pour plusieurs jours en pirogue. On va se contenter de mettre un pied dans la forêt. Mais Amazonie quand même !

Sur le chemin en 4x4, on croisera des tamarins (noirs) et des espèces de dindes d'arbre (du même genre que celles croisées au Costa-Rica).

Une fois sur place, petite présentation de la carte de la forêt amazonienne autour de Puyo : au nord, les Waorani. Ils refusent encore tout contact avec les colons. Parmi les différentes familles de ce clan, il y en a encore deux qui tuent tout humain qui s'aventure sur leur territoire. Ok, on ira pas au nord. Au sud, les Shuars ou les Achuars sont connus pour leurs qualités de réducteurs de tête. Qu'on se rassure, ils ne pratiquent plus ce genre de rituel que sur les singes et ours de la selva (je crois fourmiliers et paresseux). Mais on va éviter aussi le sud...

On commence par une petite excursion d'un km (et autant au retour), pour aller voir une cascade. Dès le départ, les plantes nous étonnent, à commencer par celles dont les feuilles se rétractent lorsqu'on les touche. Le décor n'est pas extrémement impressionnant, la machette a déjà fait son travail et c'est assez proche des autres randos dans la jungle qu'on a déjà faites, mais on apprend plein de choses. Sur les plantes surtout. Les arbres où on peut s'abriter la nuit ou ceux qui résonnent suffisamment fort pour transmettre un message d'alerte. Ceux qui servent de garde-manger, avec leur feuille qu'on casse pour manger les petites fourmis jaunes au goùt de citron (j'ai goùté et oui, c'est acide !) En chemin, on rencontre aussi de toutes petites grenouilles et, sur certains arbres, des oeufs de grenouilles arboricoles. On ne verra pas de ces grenouille aux multiples couleurs et très venimeuse, mais on aura vu leurs oeufs, qui se présentent comme de la mousse (bulles de savon). On se retrouvera aussi quasi nez à nez avec une énorme araignée, une tarentule je crois, et Eliott dénichera un phasme noir, avec les articulations rouges. Plusieurs salamandres aussi sur le chemin et au final, à la cascade (d'une quarantaine de mètres), de magnifiques morphéos bleus (femelles, car avec du noir et les mâles sont entièrement bleu). On en avait déjà vu au petit rio de Los Monos. En fait, il paraît qu'ils vivent toujours près d'une rivière. On a aussi croisé de petits champignons bleus très vénèneux, un arbre dont la sève sert à faire de la peinture rouge (voilà, on a l'initiale de notre prénom sur la main pour 3 jours), un autre dont la sève, le sang de dragon, très rouge, sert à cicatricer (elle devient blanche quand on la frotte sur la peau). En chemin, on aura aussi eu le droit à un barbouillage à la glaise. Mais Patricio est beau joueur, tout ce qu'il nous 'inflige', il se le fait aussi. A la cascade, il y a aussi un rocher sculpté. Un cube d'environ 2m de côté, avec l'effigie de 3 éthnies aborigènes. J'ai été bien inspiré de poser la question (j'avais de sérieux doutes) : non, ce n'est pas du tout un vestige d'un passé lointain : le rocher est très meuble et s'effrite comme du sable. On peut faire la sculpture en une journée si on est doué.

Après un repas dans un restaurant au milieu de nulle part, on se rend dans un village indigène où les femmes (et une petite fille) nous appliquent les peintures traditionnelles sur le visage. C'est surtout pour les hommes, pour les protèger lorsqu'ils partent en forêt, mais on a vu les femmes du village qui avaient aussi les leurs. On a aussi testé nos talents à la sarbacane. Moi je peux rester au village m'occuper des légumes. Les autres ont gagné le droit de partir en forêt. Par contre, je suis bon pour sonner l'heure du repas, je maitrise la corne de brume en terre cuite... Dans le village, de huit familles (environ 100 personnes), certaines ont des animaux familiers : des perroquets, dont certains parlent. J'ai oublié le nom de la communauté, mais je me souviens que dans leur langue, cela signifie 'singes hurleurs'. Notre guide parle leur langue (ainsi que d'autres dialectes, en plus de l'espagnol et l'anglais). Avant de partir, je goùte la chicha, ainsi qu'un autre alcool assez proche du cognac, le chuchuhuaso.

On fait ensuite un tour en pirogue de 40 min dont on ressort trempé, puis on part escalader une petite colline avec une vue superbe sur le rio. En haut, il y a aussi une corde style liane de laquelle on peut se balancer dans le vide. Comme toujours, Patricio donne l'exemple, mais cette fois, tout le monde décline. On préfère manger la chair des fruits du cacaotier, très sucrée ou respirer d'odeur d'une plante qui doit être de la citronelle (on en fait un genre de thé, mais vu l'odeur...)

Pour finir, on passe voir des bassins d'élevage de poissons ramenés de la forêt primaire. Recueillis bébés, ils faisait 10 cm. Maintenant ils en font 2 et bientôt, ils pourrait en faire 4 ! L'objectif est de les amener à se reproduire, puis de les vendre. Patricio les a nourri : ils avalent de gros bouts de poulet, os compris. Ils bondissent hors de l'eau, comme les tarpons, mais cette fois pas question de laisser sa main !

Mercredi 11

On devait partir ce matin, mais il doit y avoir un festival en ville, le défilé des indigènes, alors on passe voir avant. Finalement, cette année, c'est sur seulement une journée et c'est demain. Du coup, on reste encore un jour et Oriana reste bosser. Nous, on fait travailler les enfants et on profite qu'ils jouent dehors pour se faire une pause café ! Comme il n'y a rien ici, on ressort même notre cafetière italienne. Ca faisait longtemps !

19h et Oriana n'est toujours pas rentrée, alors qu'elle finit à 17h. Je pars voir ce qu'elle fait et finalement, on est deux à ne pas rentrer. Elle était en train de nourrir une partie des serpents, et on a attendu longtemps qu'ils veulent bien attraper leur souris. Mais au bout d'une demi-heure, on a décider de les laisser tranquille. Peut-être sont-ils génés si on les regarde manger ?

Ce soir, en ce qui me concerne, c'est sus aux moucherons tueurs. Toute la journée, j'ai été pris de démangeaisons et on a estimé que j'avais au moins 200 piqures. Heureusement, les autres ont été un peu plus épargnés. J'en ai quand même une cinquantaire sur le crane. Sur le front, c'est comme de l'acnée. Bref, on ferme les fenêtres et j'en tue 54 avant d'aller me coucher. Karine ira se coucher un peu plus tard et en tuera 10 de plus.

Jeudi 12

La chasse semble avoir porté ses fruits, cela va mieux ce matin.

Au réveil, on peut observer un petit groupe de tamarins sauvages dans les arbres près de nous.

Je vais dire au revoir avec Oriana à Ivan et à l'équipe de bénévoles. Patrick, le saimiri qui vit au refuge en liberté monte une dernière fois sur les épaules d'Oriana en passant.

Nous partons vers 10h à Puyo, pour le défilé des 117 ans de la fondation de la ville. La parade durera 3h, pendant laquelle au verra passer les différents écoles de la région des écoles de villages et communautés avec 20 enfants de 5 à 16 ans, aux grandes écoles qui ont suffisamment de moyen pour avoir un char et des déguisements 'Hunger games' pour 200 personnes (c'est Oriana qui la première repèrera le geai moqueur sur le char, de loin). Passeront aussi quelques manifestants, qui réclament la libération de prisonniers ou la protection de la forêt, puis les différents corps de métier et grandes sociétés, qui sponsorisent différents groupes de danseurs. Durant tout ce temps, un pickpocket a eu largement l'occasion de s'entrainer à me faire les poches, mais malheureusement pour lui, ce n'était pas encore assez : je l'ai chopé quasiement en flagrant délit. J'ai pas eu le reflexe de le tenir et d'appeler la police et je l'ai laisser partir après lui avoir fait comprendre par signe qu'il fallait pas qu'il réessaye. Un petit regret donc, d'avoir laissé un voleur dans la nature, qui s'en est probablement pris à d'autres touristes dans la journée, mais soulagé d'avoir conservé mon portefeuille et tous mes papiers. Ca aurait pas été drole s'il avait fallu refaire mon passeport et une opposition sur deux cartes bleues. Je pensais que c'était sur moi que tout était le plus en sécurité, je vais peut-être répartir quelques trucs dans le cc, finalement... On était partis en ville avec nos Kway, on en revient avec de sérieux coups de soleil. Le soleil d'Equateur est décidément bien traitre.

Nous faisons ensuite route de Puyo à Macas, avec d'un côté les Andes et de l'autre l'Amazonie. La région est beaucoup moins peuplée, et plus pauvre. On croise surtout de petites communautés, avec des maisons en bois (bambou) et en terre. Aujourd'hui, ça doit être jour de lessive, on voit souvent des enfants, au bord de la route, à flanc de montagne, profiter des cascades pour laver le linge et se laver par la même occasion.

Une fois à Macas, on se fait une petite pause hôtel. Simple, mais très grande chambre, avec un lit double et 3 lits simples. Les filles sont contentes de pouvoir faire un vrai shampoing, luxe difficile à s'offrir dans la douche éxigue du cc, la réserve d'eau chaude limité, le temps qu'il faut ensuite pour que les cheveux sèchent... Juste en face de l'hotel, il y a aussi une lavanderia. Optimisation ! Demain, on repartira corps propres dans des vêtements propres !

Vendredi 13

Une fois de plus, on traverse la cordillère, d'est en ouest. Mais avant de quitter la jungle, Karine et Oriana auront le temps de voir un gros serpent noir traverser la route devant le cc. Le décor de montagne est le même qu'en Colombie, d'une même beauté.

18h40 10 min avant la nuit, nous trouvons un resto avec un grand espace pour se garer, en plein centre de la cordillère. Gros coup de bol, parce qu'il n'y avait pas grand chose sur la route. Les prochains ioverlanders vont pouvoir nous remercier, sur ce coup là... à moins qu'il n'y en ait pas qui passent pas là ? A voir la tête des gens que l'on croise, il doit pas y avoir beaucoup de cc en tout cas.

Samedi 14

On remplit le réservoir d'eau avec un tuyau directement connecté à une cascade : en trente secondes, le plein est fait. Ca me change des 10 min qu'il faut attendre d'habitude, parce que le débit des robinets est pourri.

Sur la route, on double diverses camionnettes à l'arrêt : l'une avec des vêtements, à l'arrêt devant une maison isolée, où ses habitants font leur choix parmi les fringues. Une autres avec des fruits où cela semble à la fois acheter et vendre. Une autre avec des bidons de lait et un homme qui sort de chez lui pour vendre son seau rempli.

La route est asphaltée, mais pas en très bon état. On passe devant des panneaux 'zone de faille géologique active', ce que les éboulis de montagne confirment, parfois en prenant la moitié de la route, et plus impressionnant, les effondrements de la route, en général sur l'autre moitié (pas aux mêmes endroits heureusement...)

Nous arrivons à Cuenca en fin de matinée et commençons par une ballade dans la vieille ville. On s'arrête grignoter un petit truc et Kyra nous dit qu'elle a mal à la tête. 10 sec plus tard, elle tombe dans les pommes. On rentre donc au cc en la portant et on décide d'aller faire des courses, dans un grand centre commencial, pendant qu'elle se reposera dans le cc. Voilà que moi non plus, je ne me sens pas bien. On se pose des questions sur le mal des montagnes. On a déjà été bien plus au sans souci, Cuenca n'est qu'à 2500m; et jusqu'à maintenant, seule Karine avait eu de légers mals de têtes. Est-ce amplifié à cause de la pollution dans les grandes villes ? Toujours est-il qu'un rien m'essoufle et que j'ai des vertiges. Je reste avec les enfants dans le cc et Karine, qui cette fois va très bien, se tape deux heures de courses toute seule. Auparavent, j'étais quand même allé dans le Mall avec Eliott et Oriana acheter un vrai repas : McDo. Eliott lui, rêve de Subway, et justement, il y en a un. Du coup, je le laisse choisir son 30cm sans réflèchir... 11$ ! Le sandwish le plus cher du monde. Quand on pense que pour 8$, on mange habituellement 4 soupes+plats qui rassasient 5 personnes ! Côté course, Karine s'en sort pour le double de d'habitude. Cuenca est décidément plus chère qu'ailleurs...

Voilà, il fait nuit, alors on se dirige près d'un parc, où les places de parking sont suffisamment grandes pour nous accueillir (on peut limite mais ça va le faire).

Dimanche 15

Après avoir décidé de visiter une fabrique de chapeaux de Panama (qui donc sont équatoriens), on opte pour passer la journée au Parc. Bin oui, on vient seulement de profiter de la connexion internet de l'hôpital d'à côté et de récupérer une adresse pour faire la visite. Mais pas de bol, il est 11h et ça ferme à 11h30 le dimanche. Les 3 guides qu'on a, en numérique et en anglais, parle de Cuenca comme lieu de fabrication des chapeaux, mais étaient un peu chiches en détails...

Du coup, on se balade et on joue dans le parc, très animé le dimanche. C'est le lieu de rdv des familles. Pique-nique, parties de foot, aires de jeu... Il y a même un très grand circuit de kart à pédales où les enfants peuvent faire un tour gratuitement. Financé par la sécurité routière, avec un vrai policier (qui semble s'emmer...) pour faire la circulation !

On en profite pour goùter divers beignets, mais surtout, les fameuses glaces qui n'en sont pas : c'est servi dans un cornet, ça ressemble à une glace, mais ça n'a pas le goùt d'une glace. C'est une espèce de mousse de blanc d'oeuf en neige. On en rachètera pas...

Lundi 16

Nous visitons la manufacture Homero Ortega où sont confectionnés les fameux 'panama' si mal nommés (parce qu'ils ont été vendu par milliers aux travailleurs du Canal de Panama, avec d'être 'découvert' par les Européens et d'être exportés comme le produit de luxe qu'on connait). Maintenant, on sait tout sur le fameux couvrechef. Ils sont fabriqués dans les familles et arrivent en produits presque finis à la manufacture. Là, on fait le bord, on les fait ramollir, blanchir ou teindre et on les fait sécher au soleil. Puis, avec un moule en métal ou en bois, on leur redonne leur forme (il y a 85 formes 'classiques', hors commande spéciale du Pape JP II, de Bruce Willis ou autre Madonna ou Lady Di...) Et voilà ! Une journée pour en faire un simple, 6 mois pour faire un superfino. Ici, on peut acheter le superfino entre 250 et 1000$. A New-York, Londres ou Paris, faut lacher entre 1000$ et 5000$ ! Il y en avait de magnifiques à moins de 50$ dans la boutique. Ca donnait même envie à des gens comme nous qui ne portent jamais de chapeau ! Moi, je me voyais bien avec le modèle 'Chicago' ! Emilie, sache qu'on a regretté de ne pas connaitre ton tour de tête !!!

Sinon, on avait décidé de ne pas reprendre notre visite de la vieille ville. On avait pas été emballé avant-hier... Au revoir la magnifique ville coloniale aux 52 églises et qui est magnifique vue du mirador. On fait confiance aux guides et on ira pas vérifier...

Un petit repas avalé vite fait et hop, on reprend la route. Evidemment, à un embranchement que je n'ai pas vu et où Karine m'a demandé si c'était tout droit et où je ne l'ai pas entendu... Bref, on a pris la mauvaise direction. Heureusement, Karine s'est inquiétée de voir la route se dégrader méchamment et j'ai rallumé le GPS de la  tablette. 30 km pour rien, à faire aussi dans l'autre sens. En France, c'est déjà rageant. Ici, c'est 1h à 1h30 de perdu... Remarquez, j'ai payé ma distraction : 52 titres de Bénabar d'affilée. Bénabar, j'aime bien, mais à petites doses...

17h15 Alpagas ? Lamas ? Kyra et Oriana repèrent en même temps deux adultes et un bébé. Nos premiers dans un champ. Mais Eliott était mal placé pour les voir et Karine et moi étions trop préoccupés par un trou sur la route...

18h30 Le soir tombe à nouveau. On trouve un super coin près d'un terrain de foot, à Saraguro. Il n'y a que deux villes identifiées sur notre carte des Andes entre Cuenca et Loja, et c'est l'une des deux.

Ce soir, après notre classique repas de nouilles japonaises/chinoises, les plus jeunes ont droit à la fin de Tempête de boulettes géantes II, puis les plus vieux à la fin de Hunger Games II.

Mardi 17

8h Je pars en expédition chercher une panaderia. Saraguro est une charmante ville. Hier, on a passé un cap : maintenant, plus de la moitié de la population est vêtue des habits des Andes. Ici, les femmes sont plus souvent habillées en noir. Jupes noires, gilet et châle noir et chapeau de feutre rond, noir. Bien sur, elles ont toutes les cheveux nattées (deux nattes) tandis que les hommes les portent en queue de cheval. Moi, ce que j'aime bien, c'est voir les femmes de tout âge porter les enfants dans le dos : dans une écharpe pour les plus jeune, à cheval pour les autres. Par contre, Saraguro, ça semble plus haut que ça ne l'est : 2500m et pourtant, je n'y ferais pas un footing. Rien que de monter une petite côte et je suis essoufflé...

Avant de quitter les lieux, je fais le ménage du cc à fond et je démonte un store qui rembobine plus, pour le retendre. Pendant ce temps, les filles font une séance de maquillage : Karine montre des trucs à Kyra, et se sert d'Oriana comme cobaye. Devinez qui est prêt à partir en premier ? 12h30, c'est reparti.

On traverse Loja. 20 min plus tard, on retraverse Loja. Bien entendu, une fois qu'on avait quitté la ville et qu'on était lancé sur la bonne route, j'avais coupé Here et le GPS de la tablette. Et voilà comment, du sud de la ville, on se retrouve 20 min plus tard au nord... Je traverse une mauvaise passe comme copilote, et ça s'entend dans le cockpit...

Un peu plus loin, on fait un détour par une usine de gaz, mais pas possible de remplir, ils n'ont pas l'adaptateur US. Ca attendra donc le Pérou, on a encore un peu de marge avec notre seconde bouteille. On reprend donc la route. Une route toute défoncée par moment, qui ne suit même pas le tracé de la carte de Here. Notre curseur est encore dans le précipice la plupart du temps... Sur la route, on croise des moutons, dont certains doivent être en vadrouille depuis un moment, vu l'épaisseur de leur laine. On croise aussi une nouvelle espèce de piaf, de la taille d'une grive. Une espèce de gros moineau, couleur moineau au sol, mais d'un bel orange en vol. On a verra une dizaine sur notre route jusqu'à ce soir.

A partir de 18h, on commence à chercher activement un endroit où dormir, mais la route n'est qu'une succession de virages sans aucun espace sur les côtés. Vers 18h30, la nuit tombe et nous sommes contraints de continuer. Finalement, nous finirons par rouler juqu'à quelques km de la frontière, pour enfin trouver, à 20h, une station essence abandonnée, où les gens qui vivent à l'étage du mini-market lui aussi abandonné nous autoriseront à rester...

Mercredi 18

10h50 112078 au compteur et nous sommes à la frontière. Bizarrement, il faut remplir des formulaires pour sortir. Comme presque à chaque fois, le VIN du cc est vérifié. Bon, pas de bol, il y a une erreur pour la plaque d'immatriculation : sur le papier de circulation, c'est écrit 44 au lieu de AA. En plus on était sensé avoir un original là où à l'entrée on nous avait donné une copie (et certifié qu'ils étaient bien sensés garder l'original)... Grrr... Mais le gars laisser passer.

On est prêts à passer le pont pour le Pérou, mais on discute un peu avec un couple d'allemand qui vont dans le sens inverse. Ils ont un camion de ouf ! 6m de long, mais au moins 4m de haut, ou pas loin. Ils ont leur porte d'entrée cellule tellement haut qu'il faut une échelle pour monter ! Photo !

11h30 Ca commence côté Pérou : formulaires d'entrée, tampons de passeport, prise d'assurance à l'épicerie (!), passage au bureau pour le permis de circuler et voilou. 12h50, on peut repartir. C'était une toute petite douane, avec très peu de passage, mais du coup, le rythme de vie n'est pas le même non plus. La petite vieille de l'épicerie recopiait lettre par lettre les informations pour l'assurance. Côté mémoire de travail, pas terrible.


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Equateur
Langues officiellesEspagnol, Kichwa et Shuar
Forme de l’étatRépublique
Superficie283 560 km2
Population56 hab./km2
Monnaie$ américain (USD​)
Fuseau horaireUTC -5
Indicatif tél.+593

Pas besoin de visa pour les ressortissants français séjournant moins de 3 mois dans le pays pour raisons touristiques. Il suffit de présenter un passeport valable 6 mois après la date du retour. Possibilité de faire prolonger sur place son séjour de 1 ou 2 mois par l’intermédiaire du service de l’immigration.

Sur la côte, de juin à sept., le soleil se fait rare. Les Galapagos jouissent d'un microclimat : de mai à décembre, il fait plus froid et un broullard recouvre le sommet des îles. De novembre à mai, la t° est plus agréable, mais il pleut aussi plus souvent.
Jan. Fév. Mar. Avr. Mai. Jun.
Jui. Aou. Sep. Oct. Nov. Déc.
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