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Voila 515 jours que nous sommes rentrés de notre voyage à travers les Amériques (et je m'en suis pas encore remis)
Argentine (part 1) (du 12/07/16 au 31/07/16)

Argentine (part 1) (du 12/07/16 au 31/07/16)

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Argentine première partie et une petite journée au Brésil

Mardi 12 juillet

15h15 117221 km au compteur, on arrive à la frontière, qu'on quitte à 17h. Elle était sensée être rapide, mais malgré une bonne organisation (on passe de guichet en guichet en une seule file, et on fait en même temps la sortie du Chili et l'entrée en Argentine), on ne peut pas rattraper plusieurs jours de fermeture de frontière en quelques heures...

Nous voilà donc dans le pays des 'ch' à la place des 'y' et des 'll'. C'est d'ailleurs de cet accent que vient le surnom d’Ernesto Guevarra !

19h On double 'Big Foot' sur l'immense ligne droite du très beau désert de collines rocailleuses.

19h30 Big foot s'arrête comme nous au première resto rencontré, juste avant Susques, et on mange avec René et Anna-Maria, sa femme espagnole (mais Oriana n'aura pas l'occasion de pratiquer son castillan, car elle parle très bien français). On paie en dollar, que j'ai toujours dans ma ceinture secrète, car pas de change possible à la frontière...

Côté ciné, c'est le début de SW Ep III, sans Karine ni Kyra.

Mercredi 13

Hier dans la soirée, trois ou quatre autres overlanders nous ont rejoint à côté du resto. Juste à côté de nous, on retrouve un couple d'Ontario, qui avait déjà dormi à côté de nous à SPA.

On reprend la route vers 15h (cc lag entre le Chili et l'Argentine ?). C'est encore le désert, au format montagne avec cactus candélabres cette fois. En passant un col à 4100, dans un vent de malade, on s'arrête le temps qu'Eliott et moi gravissions en haut de la colline pour une géocache (Altos del Morado). Kyra et Karine finissent par nous rejoindre péniblement en luttant contre les bourrasques.

18h15 On vient de croiser Lulu la Tortue, une famille suisse avec 2 enfants, qui font un tour de 15 mois en AmSud, et rentrent début Août On bloque donc la route quelques minutes, les temps de discuter de véhicule à véhicule !

18h15 Cette fois on fait très fort côté bivouac, puisqu'on s'installe dans le lit d'un rio asséché, à quelques kilomètres de Purmamarca. Ca m'amuse autant qu'Eliott et Kyra, de parcourir la rivière à sec (qui fait plus de 100m de large).

Côté ciné, c'est 'Maverick', sans Kyra ni moi (j'aurais bien aimé, mais je suis réquisitionné pour commencer la nuit avec Kyra dans la capucine. Au final, je m'endors avant elle et elle mate le film en secret d'en haut...)

Jeudi 14

Nous voilà à Purmamarca. les 'lulu' nous avaient prévenu, c'est blindé de touristes... Effectivement, la rue pour entrer dans le village est pleine de voitures et de bus. On se gare loin, et on pénètre dans ce village de 700 habitants (et au moins le triple de touristes). On entre dans le resto qu'on avait repéré à l'avance, la 'meilleure adresse du village', cuisine familiale et en théorie pas très chère. Le repas est au final très quelconque et plutôt cher (mais à priori, tout va être cher voire très très cher en Argentine). Il y a par contre un jeune qui pousse la chansonnette avec sa guitare. Au début, il fait 3 chansons et annonce une pause. Je suis pas emballé. Puis ses deuxième et troisième parties sont beaucoup mieux et on passe un bon moment. Il vient d'un village à 20 km plus au nord. Il chante en espagnol, mais connaît encore bien les traditions quechuas, ce qui nous vaut de petits interludes sympa. Lors d'un tour de table, on apprend d'où viennent les autres convives. Tous des touristes de passage : Santa Fe, Salta, Cordoba, Buenos Aires... et un allemand.

On se lance ensuite dans la promenade de 3 km dans la montagne aux sept couleurs. Il fait chaud, mais pas trop, c'est parfait. On compte bien sept couleurs. C'est beau, mais pas transcendant. Peut-être que si on avait jamais fait Painted Color aux States, on aurait été soufflés, mais là, non. Eliott et Kyra prennent quand même beaucoup de plaisir à récupérer un échantillon de chaque couleur. A chacun ses 7 petits cailloux ! Et puis il y a aussi une cache, 'Los Colorados', trouvée par Kyra dans une faille de montagne, alors que mon GPS indiquait qu'elle était à plus de 70m ! Eliott y laisse son TB sans hésiter et on prend les deux images de footballeurs 2016 laissés par des allemands, pour les offrir à Esteban et Zayann.

On finit le parcours par le cimetière et la place de la ville, où sont concentrés tous les touristes (argentins), qui achètent des tonnes de pulls et couvertures aux échoppes installées sur les quatre côtés de la place. Des piles de vêtements et babioles, qui ne peuvent qu'être made in China ou, au mieux, made in Bolivie. On n'en revient pas.

On reprend la route jusqu'à San Salvador de Jujuy, dite 'rourouille', 300 000 habitants. Jujuy est une ville étape vers le Nord. C'est là que commence l'Argentine dans l'Argentine, qui ressemble plus à la Bolivie. Bon, nous, ça nous avait pas trop dépaysés, mais du coup, ça veut normalement dire que vers le sud, ça va être complètement différent.

A Jujuy, on se dirige vers le seul parking référencé sur ioverlander. Il est 20h et il est archi rempli. Toutes les places sont prises, et des tonnes de voitures sont en double file. Mais on a un gros coup de bol et une place se libère, assez grande pour que notre cul ne dépasse pas (grâce à une autre voiture garée en double file). Je pars en expédition tirer de l'argent (j'avais pu en prendre un peu à Susques, mais ça descend très vite) mais les deux distributeurs que je fais, des 'Macros', refusent de me servir.

22h Le parking est maintenant vide.

Une fois les enfants couchés, on se penche un peu sur une carte avec Karine, on calcule nos kilomètres, on fait des hypothèses sur la température et on décide qu'on ne descendra pas jusqu'aux parcs d'Ischigualasto et de Talampaya. On avait déjà fait une croix sur Neuquen, on raccourcit encore une peu. L'idée, c'est de remonter bientôt sur Iguazu, puis de redescendre vers Buenos Aires et Montevideo.

Vendredi 15

7h45 Aïe ! Le parking est déjà plein. Je réveille Karine et on décide de partir avant qu'on se retrouve complètement coincé. A la sortie, des policiers ouvrent et ferment les barrières, pour ne plus laisser de voitures entrer que s'il y en a qui sortent.

Le plein d'essence et zou, on prendre la bucolique Ruta 9. au Sud de Jujuy, tout est vert. Il y a de l'herbe et des palmiers. La transition est brutale mais agréable. Après une vingtaine de km, on nous arrête au poste de police. Interdiction de continuer, on est trop gros. La route ne fait que 4m de large, ils veulent qu'on fasse demi-tour. A force de discuter, le charme d'Oriana finit par porter ses fruits et on est autorisé à y aller. Peu de temps après, lors d'une petite halte, les 'Lulu' nous doublent. Eux ont pu passer sans discuter, mais ont eu le droit à la vérification de l'assurance. C'était leur première fois en 14 mois ! Un peu plus tard sur la route, on croise un gros RV américain. Visiblement, personne ne lui a rien dit de l'autre côté ! Sur la route, un local en voiture nous prévient : attention, il y a beaucoup de mules et de vaches qui se promènent, aujourd'hui... Pour la première fois depuis longtemps, le temps est au gris, mais la route est quand même vraiment belle. On surplombe d'un côté une végétation de plus en plus dense et oui, c'est vrai, nous revoilà dans un climat sub-tropical. La jungle nous avait manquée ! On s'arrête une fois de plus pour une géocache, 'Cornisa Cache II', trouvée par Eliott et cette fois, c'est au tour de Karine d'y laisser son TB. Quant à Kyra, elle garde la toupie Hello Kitty qu'on y a trouvée. Et on reprend la route jusqu'à Salta, non sans avoir croisée une vache à grandes cornes qui se baladait seule et un troupeau d'ânes. Des animaux forcément à demi-sauvages, vu la distance qui les séparent du village le plus proche.

A Salta, je parcours la rue Espana, au centre ville, avec Oriana, pour échanger mes devises au Blue Market. Illégal mais toléré, le change à la sauvette est très intéressant quand on a des dollars américains, car c'est devenu une monnaie refuge pour les argentins, qui subissent une inflation incroyable et dont le gouvernement fait tout pour leur interdire de retirer des US$ dans les banques. Moi, j'y ai échangé des pesos chiliens et les bolivianos qu'il me restait. Pas sûr d'avoir assuré sur ce coup là, vu le peu de pesos argentins que j'en ai retiré, je me demande si j'aurais pas mieux fait d'aller dans une banque...

Ensuite, toujours avec Oriana, on fait un tour dans un carrefour dans le centre ville et on tombe sur du Nutella à 8€ le plus petit pot imaginable. Les pots sont mis sous scellé magnétique en plus ! Un peu plus tard, on va dans un Jumbo, qui a un grand parking accessible et là on trouve des Lego, la plus petite boite imaginable, à 40€. Un peu plus tard, dans la galerie marchande, dans un magasin de jouets, on trouve des figurines SW, juste une boite avec une figurine, à 45€. La boite figurine + motospeeder, elle, est à 180€ !!!! Waouh, ils ont vraiment un super grave problème avec leur inflation. On profite d'un équivalent McDo, un 'Mostaza', avec wi-fi pour vérifier le taux de change, mais on s'est pas trompé. Les prix sont juste hallucinant. Côté hamburgers, le Mostaza assure (hors les prix, mais ça reste accessible) : les burgers sont bons et il a des prises et du wi-fi C'est dans cette galerie marchande qu'on apprend pour Nice. C'est en première page des journaux locaux...

On se dirige vers un camping, de nuit, mais il nous parait pas super : tous les vans et cc sont garés le long d'une allée, il n'y a pas d'emplacement. Du coup, on fait 500m et on se colle près d'un terrain vague, avec des camions qui nous souhaitent la bienvenue.

Voilà pour Salta la linda, qui ne nous aura pas vraiment charmé, mis à part les magnifiques orangers autour de la Plaza du Général Guermes (à Jujuy aussi, il y avait de bels orangers).

Ce fut aussi une journée deep pour les geeks : à SPA, j'avais téléchargé l'apk de Pokemon Go, mais impossible de l'installer sur la tablette ou le tel de Karine. J'ai même ressorti mon tel des oubliettes pour faire une tentative, rien à faire. Ici, on a tenté toutes les mises à jour d'OS possibles, de retélécharger une autre version de l'apk. Nada. Au final, il semblerait qu'il faille un Android 4.4 minimum. Il faudrait rooter notre tablette pour cela. Grrrr.... Deux grands déçus donc, Eliott et moi.

Samedi 16

Confiture moisie au petit déj ce matin. Un pot tout neuf acheté hier et qui coûtait la peau des fesses. Du coup, on fait le plein d'essence et d'eau et on retraverse Salta pour échanger le pot. Puis on reretraverse Salta dans l'autre sens pour reprendre le fil de notre route. Maintenant, on entre dans le pays des Gauchos, qu'on croise régulièrement à cheval au bord de la route. On croise aussi une nouvelle espèce de rapace : bec crochu jaune (et même une pointe de bleu), la tête et une partie des ailes blanches. A part ça, on roule. Un peu.

Dimanche 17

3ème jour de gris. On s'était arrêté près d'une rivière, du coup, ce matin, je fais une petite promenade (j'ai banni le mot ballade, j'en ai trop marre de pas savoir l'écrire) avec Eliott et Kyra. On aimerait pouvoir la traverser, mais impossible sans enlever les chaussures. Et il fait froid... Les rives sont belles, avec des pierres de toutes les couleurs, bordées d'une fine couche de sel (?).

On reprend la route et en chemin, on voit régulièrement des arbres avec des foulards rouges et parfois une sorte de petit autel rouge aussi. On ne sait pas ce que c'est, avis aux amateurs d'encyclopédie !!! On attaque maintenant la Quebrada de las Conchas. Une palette de couleurs incroyables, c'est tout simplement magnifique. Pour le coup, ces montagnes, sorties de l'eau il y a 2 millions d'années, n'ont rien à envier à leurs sœurs du Nouveau-Mexique ou d'Arizona. Les paysages, sculptés par les courants marins sont incroyables. C'est 40km de formations incroyables, avec, bien sur, quelques figures imposées. On commence par le plus impressionnant, la Gorge du Diable. Les strates ne sont pas à l'horizontale, mais ont été poussées à 45-60°. Ca en fait un lieu amusant à escalader, mais surtout qui donne le tournis. Il faut imaginer une cuvette, toute de guingois, cernée par les montagnes. A l'entrée, des autochtones Diaguita vendent du très bel artisanat. On poursuit avec l'Amphithéatre. C'est un lieu sacré diaguita, et pourtant, l'entrée est encore gratuite. On retrouve encore à l'entrée quelques marchands de bijoux toujours très jolis (ça change des trucs qu'on voyait plus au nord et au Chili où tout était fabriqué en Bolivie) et, dans l'Amphithéatre, un musicien, qui fabrique ses flûtes et profite de l'acoustique pour jouer quelques mélodie à la guitare. On continue avec les 3 croix, où l'on bénéficie d'une vue superbe sur les environs, puis le Crapaud, qui ressemble tellement à un crapaud que je ne peux pas croire que cela soit naturel... Là, on était aussi sensé retrouver une géocache. Mais c'est raté. Peut-être que les chemins récemment tracés par des bulldozers y sont pour quelque-chose... On enchaîne ensuite : le Moine dans la montagne, qu'on ne verra malgré une ligne en pointillé sur la colline pour faciliter le repérage, l'Obélisque (bof bof), les fenêtres, qu'on ratera aussi (on verra plus tard sur une carte postale qu'elles existaient bien !), mais on aura quand même profité d'une énième superbe vue à cet endroit. On aurait dit l'entrée de la Vallée des Dinosaures. Et on termine par Les Châteaux (bof encore).

Et nous voilà à Cafayate, le cœur des vignobles argentins. Le resto d'empanadas qu'on visait est fermé (dimanche ou heure tardive de l'après-midi ?), du coup, après avoir acheté quelques alfajores, histoire de goûter, on cherche juste un endroit à la sortie de la ville pour dormir. On s'installe sur un chemin de terre où passent des gauchos, à une centaine de mètres de deux campings et on attaque nos douceurs... Perso, je me relèverai pas la nuit pour les finir.

Lundi 18

Cette nuit, on a renoué avec le froid. Ca avait gelé sur notre grand lanterneau. Du coup, au petit matin, j'ai des gouttes de condensation qui me tombent sur le crane. Froid ! Avant de quitter les lieux, je fais un petit tour avec Eliott et Kyra dans la rivière à sec à côté de nous. On va s'en faire une spécialité ! Eliott expérimente une nouvelle activité : ricochets sur la rivière sans eau, à même le sable. Et bien ça marche !

Et puis on retourne en ville, en espérant quand même pouvoir manger les meilleurs empanadas d'Argentine. Cette fois, c'est ok. On a d'ailleurs de la chance qu'une table se libère seulement 10 min après notre arrivée à la Casa de empanadas. Et effectivement, ils sont excellents (comme en témoigne les innombrables commentaires internationaux sur les murs) On en commande d'abord deux douzaines (il y a 12 variétés différentes)... puis encore deux. 48 empanadas à 5. Même si on repart avec 6-8 portions, on a le ventre bien plein en sortant. Ah oui, avant de partir, on demande à écrire un mot dans un coin très 'frenchy' d'un mur et la proprio va nous acheter un marqueur neuf pour cela ! Cette fois, c'est Kyra et Eliott qui écrivent.

On termine la journée par un petit tour de la belle place de Cafayate, où il y a deux marchés artisanaux, avec, encore une fois, de très jolis trucs.

On récupère aussi une lessive. Heureusement qu'il y avait un commentaire à ce sujet sur ioverlander : 'vérifier votre linge avant d'être loin'. Quand on récupère le linge, elle nous demande si deux jeans et deux pulls ne sont pas à nous. Non, non... Mais ça promet. Une fois dans le cc, on vérifie tout (Karine avait anticipé et tout noté) et il manque : une paire de chaussette, 4 chaussettes orphelines et une culotte. Bon, la paire de chaussette d'Oriana, même après avoir passé un moment dans la lavanderia à chercher dans les coins, on ne la retrouvera pas...

Mardi 19

Kyra et moi faisons de la buée, une fois sortis du lit...

Après le petit déj, on se dirige tranquillement au camping. On s'est renseigné la veille, on pouvait ne pas y dormir et ne payer que pour prendre des douches. Pour les filles, avec les shampoings des cheveux longs, c'est quand même plus pratique que dans le cc. Eliott et moi, douchés dans le cc, patientons tranquillement en jouant au jeu de société Jungle et en profitant, de manière très sporadique, de la connexion internet.

Il est déjà 16h. On a faim, mais si on veut visiter une bodega de vin, il faut faire vite. La plus réputée, Etchart - rachetée par Pernod-Ricard, ferme tôt. Mais une fois sur place, sniff, elle est en phase de remodelage et on ne peut plus la visiter. Il y en a plein d'autres, mais ça y est, ça nous saoule (ha, ha) et on passe à autre chose.

En ville, il y a les glaces de Miranda. J'étais pas super chaud (ha, ha encore) mais aucun regret au final, elles valent vraiment le détour. Surtout celles au Cabernet et au Torrontes. Le Routard nous avait déjà appris que c'était le premier commerce à avoir fait de la glace au vin. On peut compléter l'info, qu'on tient de la femme de l'inventeur : ces deux parfums ont été inventés il y a 22 ans ! Mais il ne faut pas bouder pour autant les autres parfums : le tuna, fruit du cactus et lointain cousin du Kiwi du nord vaut aussi le détour. Sur sa vitrine, elle expose fièrement le commentaire du Routard de 2006, parmi d'autres commentaires du Lonely ou du Rough Guide. Quand on lui dit qu'elle est encore citée dans celui de 2016, elle nous raconte que oui, ils viennent, ils disent rien, ils mangent une glace et seulement après ils disent qu'ils sont du Routard. Bin oui ma petite dame, c'est un peu le principe des critiques !

On comptait ensuite retourner acheter des empanadas (celles qui restaient d'hier ont été mangées au petit déj) mais c'est fermé. En fait, à 17h passée, tous les restos sont fermés. Du coup, on reprend la route, une dernière fois vers le Sud, jusqu'à Quilmes.

Pendant un bon moment, on ne croise que des vignes, puis à nouveau un petit désert de sable et d'arbustes, et nous voilà déjà aux ruines de Quilmes. A 7 km de l'arrivée (dont on a raté l'embranchement avec la piste, dépassée de 2 km), on rencontre Giovanni et Lucas, deux backpackers italiens qu'on embarque avec nous. Eux remontent vers le nord. Ceux sont des vignerons qui font une immense route des vins ! Après les vignobles du Chili, ils remontent à Cafayate, repassent par le Chili à SPA, et continuent de remonter pour finir, si j'ai bien compris, dans l'Oregon !!!! Ce soir, ils campent à côté de nous. Le froid ne leur fait pas peur, ils ont dormi en tente par -12° à Ushuaïa ! Nous on mange tranquillement dans notre cc, pendant qu'ils jouent de l'harmonica à côté, devant leur feu de bois.

Et pour finir la soirée, tranquillement installés sur le parking des ruines, Oriana, Eliott et moi regardons la fin de SW. Eliott ne semble pas traumatisé par les grimaces de l'Empereur, ni par le démembrement d'Anakin que moi je trouve toujours aussi glauque...

Mercredi 20

Comme toujours, le reste de l'équipe prend son temps, et vers 13h, on est ready pour visiter les ruines. Pendant, ce temps, moi j'ai photographié une tonne de cactus. La cité de Quilmes était antérieures à l'époque inca et constituait un lieu important de la nation Diaguita. La ville forteresse a été bâtie en étages sur les flancs de montagne et si les ruines en elles-même ne sont pas très impressionnantes (il s'agit de simples soubassements qui ont été réhaussé lors de leurs rénovations), la vue d'ensemble de la cité, elle, l'est. C'est d'autant plus impressionnant lorsqu'on en fait le tour, en grimpant la montagne, et qu'on peut ainsi embrasser à la fois l'ancienne cité et toute sa vallée. Pour une fois, même les enfants ont pris plaisir à ce parcours dans les ruines. Contrairement à ce qu'annonçait le Routard, le guide n'est pas obligatoire et le prix du billet d'entrée est vraiment dérisoire (et gratuit pour les moins de 12 ans). Malgré le conflit qui opposent les indiens Quilmes à l'artiste Hector Cruz (ou qui opposait ?), c'est pour l'instant eux qui gèrent le site (Cruz aurait acheté, mais jamais payé, la concession pour 110US$...). A l'entrée, on trouve quelques stands de nourriture (empanadas, tortillas...) ainsi que quelques boutiques d'artisanat (et une fois de plus, du vraiment local, original et pas hors de prix). Dommage qu'on ait pas la place de ramener table et chaises en bois de cactus !

Durant notre promenade dans les ruines, on a aussi fait la connaissance d'Alain et Fabienne, un couple belge qui avait repéré notre cc sur le parcours et c'était douté qu'il s'agissait du notre en nous croisant aux ruines. Eux sont actuellement en voiture de location (+ tente ! Gla gla !) pour un court périple, mais ont déjà pas mal bourlingué. On discute un peu paysages, des parcs nationaux US au sud de l'Argentine et du Chili et ils s'étonnent qu'on ne soit pas sur casa trotter (orthographe pour l'instant approximative). Il s'agit d'un site communautaire de voyageurs qui parcourent le monde avec leur véhicule. Et bien non, on ne connaissait pas et on est bien content pour l'info (en plus des suggestions de films à voir !). Après la visite, vers 17h, on se pose autour d'une table pour notre repas du midi (empanadas). Moi, j'ai un problème avec la bière en Argentine : ils n'ont jamais de petites bouteilles, mais seulement des 1 litre. Bon, on finit par s'y faire et j'en viens quand même toujours à bout. Après la Salta, la Quilmes, pour rester toujours local.

Aujourd'hui, nous avons aussi régulièrement été interpellé par des Argentins (le lieu est très fréquenté par des touristes locaux) : cela allait du simple 'bonjour' ou 'au revoir' en français dans le texte, à l'amusant 'donde esta Platini ?' (Mais où était Platini ?). On nous avait décrit les Argentins comme très fermés, bien moins accueillant que les Chiliens et les gens des autres pays plus au nord; au final, pour l'instant, on trouve les gens toujours très ouverts et accueillants...

De retour au cc, on trouve un petit mot des italiens qu'on avait véhiculés hier. Merci !

On reprend ensuite la route pour une demi-heure et cette fois, on embarque avec nous un argentin, qu'on dépose à Aimacha del Valle - Tu vas où ? - Matcha del baché. Oriana doit déployer tout son art pour nous traduire la conversation. A priori, notre auto-stoppeur s'appelle Fagundo (comme un chanteur ?). Il nous conseille le Musée d'Hector Cruz, à Amaïcha. On hésite un peu, on avait lu que l'artiste était bon, mais on est pas très toiles et on a fait une overdose de céramiques, du coup, on décide de rouler encore un peu. Par contre, on note l'adresse de Cabo Polonio, Uruguay. On sait pas du tout dans quel coin ça se trouve, mais il parait que c'est un chouette endroit. On cherchera.

Sur la route, je suis frappé par les panneaux : 'roulez prudemment, il y a assez d'étoiles dans le ciel'.

Au final, on fait une dizaine de km de plus et on trouve un super endroit pour dormir : un point de vue à flanc de falaise, mais bien assez large pour ne risquer de se retrouver dans le décor. Magnifique. Côté bivouac, on est vraiment gâté en Argentine. Peu sont référencés sur ioverlander, là où on passe, mais on trouve souvent de chouettes coins. Quand on regarde derrière nous, dans la montagne, on voit ce qui ressemble à un observatoire... On ne le savait pas, mais on est juste à côté de l'Observatorio Astronomico Ampimpa. A priori, on doit pouvoir y observer le soleil le jour, et la lune la nuit.

Côté température, on est verni. Il est 21h et je suis toujours en t-shirt. On ne devrait pas avoir froid cette nuit, la ville d'Amaicha se vante d'avoir 'le meilleur climat du monde'. Même à 10km de là, on ne devrait pas craindre le gel...

Côté cinéma, Karine a pété un câble, voilà qu'elle propose de regarder une énième fois Twilight I, avec Eliott et Kyra cette fois (et bien sûr Oriana). Faut dire que maintenant, Eliott a déjà vu le II et le III et qu'Oriana leur a raconté l'histoire des dizaines de fois. Je passe donc à nouveau mon tour, et Karine arrête la séance juste avant que cela devienne trop hard pour Kyra.

Jeudi 21

Au petit déj, on attaque le gros pain rond et plat acheté à Amaïcha et fait maison par l'épicier. C'est cool, il est tellement compact que pour une fois, la confiture de Bolivie, qu'on coupe au couteau, peut être étalée sans faire des tonnes de miettes.

Avant qu'on soit prêts à repartir, Eliott et Kyra jouent à faire un faux feu de camp, du haut de notre falaise. Du coup, d'un coup d'allumette magique, j'en fais un vrai feu. Vu qu'il ne s'agissait que de quelques brindilles, 10 minutes plus tard, il est consumé et on peut y aller.

La route est asphaltée, mais dans un état exécrable, les paysages compensent.

Nous arrivons à Tafi del Valle, petite bourgade de villégiature des rares nantis de Tucuman qui n'ont pas subit la récession de la ville. Ici, les fromages sont réputés, derniers vestiges de l'époque d'une mission jésuite autrefois installée dans la vallée. Ils s'avèrent sans caractère. La ville, de part son côté touristique reste charmante, avec ses stands d'artisanat. On mange chez Félix, un resto classe et réputé, mais même si ça reste bon, c'est assez décevant. Avec Karine, on trouve qu'on mangeait au moins aussi bien dans les restos de routiers en Colombie, tout ça pour dix fois moins cher.

On quitte la vallée pour une cinquantaine de km en montagne, à nouveau dans une forêt subtropicale. On sort maintenant des pages connues du Routard. A partir de maintenant, c'est zone blanche sur leur carte couleur, et ce quasiment jusqu'à Iguazu. Circulez, il n'y a rien à voir. Le Lonely est à peine plus bavard. On va donc faire quelque chose comme 1500km sans support culturel. Côté musique, par contre, on manque de rien, même si après avoir écouté l'intégrale de Ridan... on se refait l'intégrale de Ridan. J'apprécie (j'admire) d'autant plus les paroles de ses textes depuis que je me suis moi-même mis à en écrire...

Eh ! Ca y est, on a dépassé les 40 000 kms de route aujourd'hui, d'après le compteur. Et Oriana nous fait remarquer que ça fait un an aujourd'hui qu'on est sur les routes des Amériques. Moi je dis que c'est double apéro ce soir !

Après les montagnes, on tombe sur de grands champs, principalement de canne à sucre (ça faisait longtemps) et près des villages, des orangers le long de la route et des clémentiniers dans les jardins. Les maisons, comme à chaque fois où on cultivait de la canne à sucre, sont de simples cabanes avec les toits en tôle. Par contre, pour la première fois, ce n'est pas une communauté noire qui est installée dans la région. On retrouve aussi les charrettes tirées par les mulets, y compris un attelage de quatre bêtes. Le long de la route, chèvres, vaches et poules vagabondent à nouveau. Palmiers accompagnent à nouveau les cactus sur notre chemin. Y'a du vert ici.

On s'arrête sur le chemin qui mène à Sta Rosa de Leales, au sud de Tucuman, sur un chemin de pâturage. Espérons qu'on ne sera pas chargé par un troupeau de vaches demain matin au réveil. Pour l'instant, il n'y a qu'un énorme porc pour nous tenir compagnie.

Côté ciné, c'est la fin de Le temps d'un WE, pour Oriana et Karine (moi je zieute juste les passages cultes, style 'J'ai pas fini, je commence juste à m'échauffer').

Vendredi 22

On s'était garée juste devant une petite chapelle, plantée entre deux champs. En passant devant, un policier à pied se signe...

A voilà, c'était sur : les vaches passent !

On reprend la route, on change de région, on planque donc le miel, les fruits et les frometons un peu avant, la routine quoi. On traverse Thermes de Rio Honda. Voilà par exemple une ville citée dans aucun des deux guides, et qui est pourtant très active. Énormes aires de jeux, plusieurs petits parcs aquatiques, le rio juste à côté et apparemment, il y a même un grand prix moto qui se déroule ici. Bref, ça a l'air sympa, mais l'objectif du jour est bien plus ambitieux : faire au moins 100 km. Lol. On s'arrête quelques secondes pour prendre en photo deux nouvelles espèces de cactus (un mélange entre un arbre classique pour le tronc et les 'branches' habituelles du cactus) et Karine croit voir un colibri, qui se serait échoué dans l'herbe. Je m'approche et ça s'envole devant moi. Une énorme sauterelle/grillon/criquet/jemaitrisepastroplenomdecesbestioles qui s'envole devant moi. Très belle quand elle vole, avec des 'ailes' bleues, qui ressemble à une plume, irisée. J'ai eu tout le loisir d'observer ces ailes, parce qu'il y en a une bonne dizaine au sol. Par contre, la bestiole ailes repliées est moins jolie, toute marron. Sa taille est impressionnante : j'ai approché mon doigt prudemment et c'est kif kif, son corps est aussi gros et épais que mon index.

Arrêt à Santiago del Estero pour faire des courses, dans un Super Vea. On en profite pour manger les bons hamburgers chez Mostaza mais cette fois ils n'ont pas de wi-fi Qu'à cela ne tienne, il y a celui de Rancho Asado juste à côté. Je tente le mot de passe ranchoasado, mais non, alors j'essaie la méthode brevetée Oriana, ajouter '2016'. rancho2016 et ça passe. Quelle équipe de hackers aguerris on fait maintenant !

Faut maintenant qu'on y aille, il fait déjà nuit. Du coup, on se contentera pour ce soir d'une grande station essence en sortie de ville. Seul fait notable qui vient troubler le calme de la fin de journée, les lunettes d'Eliott qui tombent de son nez, toutes seules, en pleine leçon de maths. Une branche s'est détachée et il manque la minuscule vis. Coup de bol, Eliott la trouve tout de suite sur la banquette. Difficile à revisser, mais pour une fois, la carte de métro de NY s'avère efficace. Ca devrait en tout cas permettre de tenir le temps de tomber sur un opticien.

Côté ciné, la fin de Twilight 1 pour Eliott, Oriana et Karine. Moi j'ai repris ma lecture des pirates des Caraïbes, que j'avais mis de côté il y a plusieurs mois. Dans la journée, je résume l'épopée aux plus jeunes, ça nous change des discussions sur Twilight...

Samedi 23

1ère nuit depuis très longtemps où on se couche en T-shirt et où on a pas froid en se levant.

On reprend la route en douceur, en cherchant une géocache à quelques kms de là où on a dormi. Mais rien. Une zone en travaux, derrière une station essence, bitumée là où il aurait dû y avoir des souches d'arbres... On repart donc bredouille et là prochain arrêt est pour le repas du midi (en fait non, on a fait deux arrêts intermédiaire dans de petits villages pour tenter de tirer un peu d'argent, mais comme souvent, les distributeurs ont refusés de cracher quoi que ce soit...). Petit ville qui s'appelle Quimili. Mignon. C'est l'occasion d'apprendre un nouveau mot : ici tope se dit lomada. Lomada, explique Oriana, ça serait l'adjectif relatif au nom commun 'mule'. Mulifié ? Abruti ? On va arrêter de faire du mot à mot et on va appeler ça dos d'âne, comme chez nous.

Et on reprend la route, en doublant des tonnes de double-remorques plein à ras-bord de balles de coton. Les bas-côtés de la route sont couverts de points blancs tombés des camions. On écrase de nombreuses sauterelles (quelle plaie) et on croise quelques petits perroquets vert dont j'ai oublié le nom (les grosses perruches. Des lori ?) qui volent par deux ou trois.

18h On vient d'entrer dans la province de Chaco. J'ai planqué les frometons pour rien, les gendarmes nous font signe de passer avec un grand pouce levé. On est encore à 340 km de Resistancia, la prochaine grande ville. Bizarrement, en jetant un œil sur ioverlander, un petit point touristique s'allume à côté de notre marqueur de position... créé par Barbara et René ! 13km de piste pour voir un champ de météorites, moi je dis que ça le fait. Surtout que des champs de météorites, Karine n'en a pas encore dans sa collec de photos 'cultures'.

Nous y voilà. Le lieu est envahi de sauterelles. Des centaines. Oriana ne veut pas sortir avec moi pour aller à la pêche aux infos. Il y a aussi des nids de perroquets. A raison de deux individus par nid, de 5-6 nids par arbre et d'une dizaine d'arbre sur la surface de 500m2 où on s'installe, on a environ une centaine de perroquets qui piaillent aux dessus de nos têtes (et j'ose pas imaginer combien de sauterelles elles aussi accrochées dans les branches. Brrrr ) ! La nuit tombe... on ne les entend plus.

Côté repas, après les traditionnelles pâtes chinoises, on agrémente les fromages pas très bons avec l'arrope de Chanar acheté en même temps. C'est un genre de miel / sirop d'érable au goût plus fruité (logique, ça vient d'un fruit) et ce truc, c'est pas mauvais du tout.

Pour la 1ère fois depuis une éternité, on passe la soirée fenêtres ouvertes, avec les moustiquaires. On renoue donc aussi avec la raquette électrique, pour lutter contres les moucherons et papillons de nuit qui trouvent toujours le moyen de s'infiltrer. J'avais oublié à quel point s'était pénible ça aussi. Entre le froid et les bibites, pas facile de choisir ce qu'on préfère...

Dimanche 24

Nous avons effectué la visite du parc aux météorites, qui tient plus de l'immense aire de picnic avec barbecues. Pourtant, on y trouve quand même à priori la seconde plus grosse météorite du monde. L'aménagement du parc est récent et pas encore terminé (le musée était fermé) et nous ne sommes pas allés jusque dans la forêt pour voir les impacts des météorites : le reste de l'équipe avait épuisé son stock de courage face aux nuées de criquets. Franchement, avec tous les oiseaux en train de faire leur nid, ça vaudrait le coup de noircir un petit paragraphe de plus sur une page du Routard.

Le long de la route, on voit de nombreuses aires de picnic où les familles s'avèrent devant les barbecues. Ce n'est pas une légende, c'est vraiment une institution en Argentine, tout au moins dans le coin. On trouve encore de nombreux petits (ou grands aussi d'ailleurs) autels rouge. J'ai lu en passant des slogans 'gracias gauchos'. Ca a donc un rapport avec ces cow-boys, mais lequel ?

Ah, ça y est, on sort de notre carte routière 'Amérique du Sud - Les Andes'. Merci pour tes bons et loyaux services. Plastifiée, indéchirable, détaillée, correcte... Ce fut un bon investissement. En dehors de Here sur la tablette, il nous reste la carte Michelin Chili-Argentine, qui est pas mal non plus et qui couvre aussi la partie du Paraguay et de l'Uruguay susceptible de nous servir. Bien pratique aussi.

Puisque je parle de carte, je peux aussi citer notre carte du monde, cadeau de Médecins sans Frontière, qui a repris du service aujourd'hui auprès des deux plus jeunes. Mes résumés des Histoires de Flibustiers leur ont donné des idées, et ils ont passé leur après-midi de retour avec la carte étalée sur la table, à calculer (à la règle) le temps qu'il faut à leur galions et frégates le temps qu'il faut pour piller le monde et rentrer au port. Selon leur estimation, en un tour du monde de 3,5 ans de rapines, c'est bouclé. Après des après-midis d'histoires au format JdR, les voilà lancés dans les wargames !

18h40 La nuit commence à tomber

18h50 Waouh, il fait déjà nuit noire !

18h55 Bon chrono, nous voilà à la destination qu'on visait pour dormir.

Aujourd'hui, on a remis en service sandalettes et short et heureusement, ce soir, ils vendaient des bières à la station service qui jouxte notre aire de picnic. La chaleur est vraiment revenue. C'est sympa le principe de la région de mettre des aires de picnic partout où il y a une station essence...

21h AVERTISSEMENT ! N'achetez jamais de gnocchis dans un hypermarché d'Argentine. Au mieux, c'est immangeable. Au pire, vous risquez votre vie. N'achetez pas non plus la crème 'Azul, estipo Frances', ça n'a de rapport avec le crème au fromage bleu que le nom. Côté goût, c'est plutôt de la vache qui fait même pas rire et ça n'atténue en rien le goût atroce des gnocchis Faite vous plutôt un shoot de la bouteille de propane, pour un goût sensiblement identique, ça doit être moins nocif et c'est moins cher. Ca a fini à la poubelle et on se fait une ration de bonnes vieilles pâtes chinoises à la place. Sur le sachet, en dernier dans la liste des ingrédients, c'est écrit 'arôme identique au naturel'. Mais de quoi ?

Soirée ciné pour Karine et Oriana : Officier et Gentlemen.

Lundi 25

Après une bonne douche gratuite à la station essence, on se prépare à quitter les lieux, sans oublier d'aller prendre en photo les pamplemoussiers qui poussent juste à côté. Oriana, parti en éclaireuse voir ce que c'était revient en boitant. Piquée par des espèces d'orties. J'y vais ensuite seul. Aïe ! Merde, je pensais pas que les espèces d'orties étaient ces espèces de trèfles au ras du sol. Au final, ça fait vraiment mal. Presque comme une piqûre de guêpe ou comme si on venait de marcher sur une punaise. Bon, ça se calme rapidement, mais ça restera douloureux, pour moi comme pour Oriana, toute l'après-midi.

Aujourd'hui, on quitte la région de Chaco pour celle de Corrientes, en traversant le Rio Parana entre Resistancia et Corrientes. On retrouve ici le Lonely Planet, qui a consacré quelques pages à Resistancia, ville de 385 mille habitants, célèbre pour ses sculptures. On trouve plus de 500 sculptures dans la ville. Tous les deux ans, en Juillet, dix artistes internationaux de renom sont invités et ont 7 jours pour réaliser une nouvelle œuvre, dans la rue, devant un public attentif. Les habitants peuvent ensuite acheter les sculptures pour un prix symbolique, mais avec obligation de l'exposer sur rue. Le festival a lieu pendant la 3ème semaine de juillet... il vient donc de se terminer. Des sculptures, on n'en verra finalement qu'une, à l'entrée de la ville. Ensuite, on contourne Resistancia par la nationale et on continue sur Corrientes... A la traversée du pont, un policier nous arrête. Les luz ont été oubliées. C'est la looze... Mais presque immédiatement, après un rapide coup d’œil à l'arrière où se trouvent nos enfants sages, il nous sermonne vite fait et nous fait signe de poursuivre. On traverse le Rio Parana. Waouh, il est impressionnant ce fleuve. On n'en connaît pas encore le nom à ce stade de mon récit, mais je cherche sur la carte. Je l'ai : Parana ! Comment tu dis ?, me demande Oriana. Parana. Et, mais il fait parti des 12 plus grands fleuves du monde, je l'ai appris hier dans mon cours de géo ! ... ca explique son caractère impressionnant alors ! A part ça, on est qu'à quelques encablures du Paraguay, mais on a prévu un passage de frontière un peu plus à l'est...

Nous voilà maintenant à Corrientes où on y dégotte un Walmart. Pas un Walmart maquillé en 'Lider', mais un vrai. Et un grand mall. Arrêt idéal pour quelques courses (même si au final on trouve pas grand chose et qu'il aurait mieux fallu s'arrêter au Carrefour aperçu juste avant), un repas chez McDo (avec tous les classiques, du Quarto Libre au ClubHouse en passant par l'Angus CBO - le vrai, avec un C comme Chicken, pas comme Cheddar -) et un passage éclair chez un opticien pour s'assurer que les lunettes d'Eliott sont ok et les rerégler à son nez.

Au final, on quitte le centre commercial pratiquement à la nuit tombée et on se contente de quelques kms pour sortir de la ville et trouver une station essence + aire de picnic refuge.

Il a fallu que je me batte avec Eliott ce soir pour avoir mon livre sur les flibustiers. Voilà que depuis hier, il s'est mis à le lire aussi (en commençant par la dernière période, celle des caches dans les bayous de Louisiane). Heureusement pour moi, Karine a annoncé l'heure des devoirs de français. Na na nère, pour moi la lecture !

Malgré tout, les enfants ne sont pas en lésés côté lecture, puisque ce soir, Karine leur lit le premier chapitre d'Harry Potter.

Mardi 26

Pluie. Mais ça n'a jamais empêché de rouler. Dans le coin, les (jeunes) gauchos ne portent pas de chapeau de cow-boy, mais des bérets, blanc, rouge ou noir. Le paysage, c'est d'énormes prairies marécageuses où pataugent vaches et cheveux, avec de l'eau jusqu'au ventre.

Ce midi, on s'arrête pour manger près d'un sanctuaire dédié à Gauchito Gil (merci Parrain pour les infos. Du coup, avec le Lonely, j'ai pu combler mes lacunes, vu qu'ils consacrait une demi-page à Antonio). Le petit sanctuaire près duquel on s'est arrêté est plutôt minimaliste. Un autel de la taille d'une grosse boite aux lettres et quelques foulards rouge autour. Il y en a de bien plus grands qui prennent des airs de petites chapelles. Pour autant, j'ai quand même pu y voir : une bouteille de vin rouge pleine, plusieurs paquets de cigarettes, deux briquets, des cigarettes qui visiblement avaient été allumées, mais pas fumées (les morts pourraient donc fumer mais pas allumer leurs clopes ?), quelques lettres et dessins et les figurine du gaucho et de ses deux acolytes.

Ensuite, on a bien roulé et nous voilà maintenant aux portes des ruines de la mission jésuite de Santa Ana. A la base, on ne savait pas si on irait au Paraguay demain, depuis Posada. Mais arrivés à la ville, il était trop tard pour les paperasses de la frontière et encore un peu tôt pour arrêter de rouler. Du coup, on opte pour le Paraguay au retour, après Iguazu qu'on rejoindra d'abord en poursuivant côté argentin.

Ce soir, c'est chapitre 3 d'HP, vu que je leur ai lu le 2 ce midi à la pause déjeuner.

Mercredi 27

Pour la région de Misiones, on retrouve les infos du Routard, même si je dois admettre que pour une fois, le Lonely s'avère plus détaillé et plus intéressant, en ce qui concerne les missions jésuites. Bien sur, il faut savoir faire abstraction de ses travers : concernant Posado par exemple, on peut lire '... mieux vaut passer la nuit sur place. Les hôtels sont confortables...' Pourquoi rester dans la ville ? Les hôtels sont confortables !

Puisque nous sommes à Santa Ana, on en visite les ruines (les billets sont valables pour toutes les missions de la région) et un peu plus tard, on va voir la mission de San Ignacio Mini, mieux conservée. Les deux sont intéressantes. Moi j'ai préféré la première, qui n'est pas au cœur d'une ville, mais dans la forêt. Les ruines y sont en grande partie envahies de végétation et c'est plus facile de se projeter dans l'époque. Elles sont toutes les deux construite de la même manière, avec la place centrale, d'un côté les longues habitations pour les indiens guaranis, celle des chefs, élus, et de l'autre côté l'église, les quartiers des prêtres, le cimetière et derrière encore le jardin potager. C'est impressionnant de voir tout ce que ces prêtres avaient comme savoir et maîtrisaient comme technique, et ce qu'ils ont apportés aux guaranis.

On reprend ensuite notre remontée. A un moment, le tel de Karine bipe. C'est Free qui nous accompagne au Paraguay. Mais non, bonhomme, il y a erreur, on a pas traversé le fleuve ! La route est bonne, on a pas vu de vache folle depuis un moment, alors on poursuit 45 min sans le soleil (qui se couche tous les soirs 15min plus tôt, va falloir qu'il se calme un peu !), histoire d'être pas loin des mines de Wanda demain. Bonne pioche, on est sur une grande aire de station service certes bruyante, mais avec wi-fi C'est l'occasion d'envoyer un mail à un agent portuaire de Montevideo, pour connaître la procédure d'embarquement du cc. A priori, d'après internet, notre cargo a pour l'instant 4 jours de retard. Départ du cc prévu le 20 et non plus le 16. Pour l'instant, on a pas encore pris nos billets d'avion, donc pas de souci.

Soirée HP again.

Jeudi 28

Bizarrement, il a fait de nouveau froid cette nuit. Mouton-mouton a repris du service.

Le midi, nous avons visité les mines de Wanda, accompagné d'un jeune guide rien que pour nous. Pour le coup, c'étaient des mines comme on les imagine dans les contes de fée. A peine assez haute pour tenir debout, plusieurs entrées et un vrai dédale à l'intérieur, et bien sur un tas de pierres (semi-)précieuses dans les parois. Pas de veine, comme pour les métaux, ou le sel, mais des bulles, principalement d'améthyste, de quartz et de topaze, formées lors de la rencontre de la lave et de l'eau. Impressionnantes, ces bulles de plus d'un mètre qui dévoilent leur partie interne de cristaux. Pour renforcer l'ambiance magique du lieu, à ma question 'combien de personnes travaillent encore' (à la dynamite et à la pioche), la réponse a été 7. J'ai voulu aller voir s'il n'y avait pas un cercueil de verre dans la forêt d'à côté, mais Karine m'a rattrapé vite fait et m'a jeté dans le cc manu militari...

On est ensuite (après avoir mangé) allé tranquillement à l'entrée du parc d'Iguazu. Mais comme annoncé, ce n'est plus possible de dormir sur les parkings. Alors on a déniché comme des grands une station essence à l'entrée de Puerto Iguazu qui a accepté qu'on y dorme (ils nous ont juste demandé si on pouvait repasser à 20h quand il y aurait moins de monde).

A part ça, Free est en train de péter un câble Toutes les 5 minutes, on reçoit un SMS de bienvenue au Paraguay, au Brésil, en Argentine...

HP toujours.

Vendredi 29

La nuit à la station essence a été plutôt bruyante. Du coup, on est tous levé tôt et on décide d'aller se mettre de l'autre côté de la nationale, sur le parking de l'école technique, pour un petit déj au calme. Puis on file aux chutes. Là, on rencontre une famille de français en big pick-up 4x4, avec deux gars de 12 et 14 ans. Ils sont arrivés de Montevideo il y a une semaine (Hervé, le père, a fait le voyage avec leur véhicule. Un mois sur le bateau, avec rien à faire. Rude) Ils commencent tout juste leur périple de 7 mois. Détail qu'Oriana, Karine et moi avons tous remarqué : il porte le même pantalon de chez Décat que moi, mais sans l'aspect délavé de la couleur vert-gris (délavé selon deux stades d'ailleurs puisqu'il peut se mettre en mode short : le haut est bien plus décoloré que le bas des jambes...) !

Nous voilà aux chutes. Enfin, pas tout à fait car plutôt que de prendre le petit train, on prend le chemin vert de 900m, avec une micro géocache en passant. On suit ensuite le chemin inférieur, pour aller voir les chutes d'en bas. Les chutes d'Iguazu. J'aurais du l'écrire en majuscule, tellement c'est majestueux. Pour citer Roosevelt [pas le président, mais sa femme !] : 'Poor Niagara'. 100% d'accord avec lui (carte postale pour Hemma et Héléna qu'on vous remettra en mains propres, pour que vous puissiez comparer et donner votre avis !) C'est 'waouh'.

A l'heure du déjeuner, on fuit les tables de picnic, comme tous les gens sensés, car elles sont squattées par des singes et des coatis obèses. Ils sont flippant, ils se jettent sur les inconscients qui ont le malheur d'ouvrir un sac. Un mec a pété un câble parce qu'un singe lui a sauté dessus pour une banane.

Puis on fait le parcours supérieur. Difficile de dire ce qui est le plus beau. Faut donner 10/10 aux deux. Et puis on prend le train pour la Gorge du Diable. Vue d'en haut, un bouillonnement impressionnant. Et merci le soleil, qui a enfin percé, ce qui nous permet de voir un bel arc en ciel. 10/10 encore...

Avant de quitter le parking, on discute à nouveau avec les français. On leur suggère de s'installer à l'Institut technique ce soir. Nous, c'est ce qu'on compte faire.

Sur le retour, la police nous fait signe de nous arrêter et des espèces d'agents municipaux nous demandent de payer la taxe municipale. Merci ioverlander, j'avais vu que certains avaient refusé de payer. En plus, on était déjà passé par là hier, et on ne nous avait rien demandé. Ca a donc été un non catégorique, comme je sais bien le faire quand il y a un truc qui me chauffe. Et on a poursuivi notre chemin. On a retrouvé la famille française sur le parking où on avait prévu de s'installer. Eux n'ont pas eu à payer. Le flic leur a demandé leur nationalité et leur a fait signe de passer, ils n'étaient pas concernés !

On a discuté une petite heure dehors, avons trouvé preneur pour notre Lonely du Chili qui ne nous servira plus, puis on a regagné chacun son cc pour manger.

Ce soir, nouvelle soirée HP. Harry prend le train pour Poudlard.

Samedi 30

Depuis 3 jours, on est un peu short en batterie. Temps nuageux. Du coup, pas de rechargement de NDS, les enfants repassent sans soucis aux livres d'activités. N'empêche qu'avec le soleil de l'altiplano, on était quand même bien plus confort. Mémo : penser à installer un 2ème panneau solaire de 100W au retour...

Avant de quitter l'Argentine pour quelques jours, on passe au Hito des 3 frontières. De la borne de l'Argentine, on voit celle du Paraguay, de l'autre côté du Parana et celle du Brésil de l'autre côté de l'Iguazu. C'est pas mal, de voir la jonction de ces deux grands fleuves.

Et puis c'est le Brésil...

Samedi 30 (suite) : Brésil !

119600 kms au compteur. 13h15, on quitte l'Argentine sans avoir besoin de sortir du véhicule pour faire tamponner nos passeports. Par contre, on descend quand même un peu plus loin pour le véhicule. Mais comme on a prévu de retourner en Argentine dans quelques jours, on peut conserver notre permis d'importation temporaire. Une fois au Brésil, tamponnage de passeport et comme on leur dit qu'on va au Paraguay dès qu'on aura vu les chutes, pas besoin de faire quoi que ce soit non plus pour le véhicule. Du coup, passage de la frontière en 30 min au total. Et sinon, comme Oriana ne comprend pas le portugais, je tente un mauvais espagnol mâtiné d'anglais et ça marche plutôt bien.

On file vers le côté brésilien des chutes et en passant, on valide l'origine des vaches brahmas de la famille Penner du Belize : il y a bien les mêmes ici !

Concernant les chutes, on se demande, après les avoir vues en Argentine, si ça valait bien la peine de les voir de ce côté. La réponse est oui. Encore une fois, 10/10. D'ici, on les voit de plus loin (vu qu'elles sont côté argentin), mais on a une vue plus globale tout aussi bluffante. Côté organisation, on sent que côté brésilien, c'est l'artillerie lourde, avec des bus qui nous dépose pas loin (reste seulement 1,4 km à faire à pied) et nous reprenne en bout de parcours. Côté pratique, mieux vaut payer par carte qu'en pesos argentin : leur taux est pourri et le coût passe du simple au double. Côté fun, il y avait une micro géocache en fin de parcours, derrière la statue de Frederico Engel, qui s'était élevé contre la privatisation des chutes et on avait été bien inspiré de prendre nos TB, car le conteneur avait changé et pouvait maintenant en accueillir. On a laissé le TB trouvé au Salar d'Uyuni, qui est dédié à la protection de l'environnement, car on a trouvé que c'était vraiment une cache idéal pour lui.

18h. On est large pour trouver un endroit où dormir (à priori notre seule nuit au Brésil) et on ne fait que 6 km pour aller nous planter dans une espèce de champs près de l'aéroport. D'autres l'ont fait récemment avant nous, alors ça devrait le faire pour nous aussi.

Dimanche 31

On a passé une très bonne nuit sur cette grande étendue d'herbe.

Ce matin, on est ready pour passer au Paraguay !


Carnets de route
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Argentine
Langues officiellesEspagnol
Forme de l’étatRépublique fédérale
Superficie2 766 890 km2
Population14 hab./km2
MonnaiePeso argentin (ARS​)
Fuseau horaireUTC -3
Indicatif tél.+54

Passeport valable plus de 6 mois après la date de sortie.

Pas de visa pour un séjour touristique inférieur à 3 mois.

On peut prolonger sur place cette autorisation de 3 mois en se présentant à une délégation de la Direction nationale des migrations avant expiration du premier visa.. ou sortir du territoire et revenir (en faisant un aller-retour en Uruguay, par exemple).

Fortes chaleurs et pluie dans le nord de décembre à mars (Iguazú, Salta...). Mars-Avril ou Oct-Nov permet d'éviter la chaleur dans le nord et le froid dans le sud.
Jan. Fév. Mar. Avr. Mai. Jun.
Jui. Aou. Sep. Oct. Nov. Déc.
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