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Derniers jours en Albanie (du 08 au 11 Aout 2018)

Derniers jours en Albanie (du 08 au 11 Aout 2018)

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Elbasan, Gjirokaster, Syri i kalter (Blue Eye), et toute la côte, de Saranda à Durrës, puis Patok

Mercredi 8

Cette nuit, un couple de voisins français en tente s'est fait agresser... par des crabes. Oriana avait déjà remarqué la migration nocturne de ces crustacés, qui remontaient toute l'allée des emplacements de camping jusqu'à venir errer autour des sanitaires, jusqu'au petit matin. Mais il s'agit en réalité d'une bande organisée, bouffeurs d'orteils.

Sinon, comme on ne change pas un rituel qu'on aime, je profite du petit matin pour rédiger mes comptes-rendus (si j'étais aussi efficace au taf...) et faire quelques recherches sur le net. Donc hier, ceux sont des pélicans dalmates (ou frisés) que nous avons vu. La plus menacée des 8 espèces de pélican. Et côté serpents, ceux que nous n'avons pas vu seraient 20 000, selon la police (mes premières informations devaient être le chiffre des manifestants). Dans tous les cas, ils étaient bien cachés.

15h. Pause déjeuner à Elbasan. L'objectif était de trouver un resto qui nous propose la spécialité locale, le Tavë Kosi, du gigot d'agneau avec du yaourt, parfumé au safran et à l'ail. On a donc demandé à des passants qui nous ont conseillé un super resto, dans l'enceinte du château. On s'engage donc par la première entrée du château, passe par de nombreuses petites ruelles avec ses maisons délabrées qui font très 'envers du décor', et on arrive sur le resto, juste à la seconde entrée du château. Autant le dire tout de go : une tuerie. Ce reste est le meilleur qu'on ait connu depuis des mois, voire des années. Le tout pour 1700 leks (15€). Bien sur, nous avons goûté à la spécialité de la ville (on en a pris deux plats), mais aussi à des recettes propres au resto. C'est le patron qui est venu nous conseiller. Il a vécu 6 mois en France (il en connait les principaux Chefs) et connaissait quelques mots de français, en particulier les ingrédients. On a donc aussi gouté au Fërgesë Bishqemi du nom du village d'à côté, d'où proviennent ses produits (poivron, tomates, ail...) et sa spécialité à lui, le Fërgesë Elbasan : foie, crème fromagère, poivrons. Ce plat aurait pu s'appeller : 'comment adorer le foie quand on n'aime pas ça'. Il m'a aussi suggèré une bière artisanale locale, la Puka. Assez bonne pour que j'enchaine sur une 2ème. En outre, comme raffraichissement, en apéritif, un fromage-yaourt offert. Et comme on avait bien discuté, il a tenu à nous offrir aussi le dessert, de petits biscuits au noix, selon une recette transmise à sa femme par ses ailleules depuis 250 ans. Si l'on en croit cette légende culinaire, à l'époque, les turcs avaient envahi la ville et serait repartis en emportant la recette. Selon 50 personnes la connaissaient encore. Et de nos jours, il ne reste plus que sa femme. Incroyable resto, mets délicieux, patron super convivial et déco sympa en prime : au dessus de nos têtes, une multitude d'ombrelles colorés, accrochées pour faire de l'ombre. Certaines tables sont des coffres en bois, surmontés d'une plaque de verre. Et certains sièges sont des grosses planches de bois pour deux personnes, fixées à des balançoires.

Nous avons repris la route et traversons maintenant Fier. Ici, les lavahz sont devenus des lavahzo, mais il y en a toujours autant. De quoi faire un album photo dédié.

A la nuit tombée, à une quarantaine de km de Gjirokaster, on se pose sur le parking d'un resto où l'on mange. Proprio sympa mais bivouac pas top. Les voitures ne s'arrêtent pas de rouler la nuit...

Jeudi 9 Aout

5h45 Soleil, cri des coqs, aboiements de chiens, voiture sur la nationale, braiement d'âne... parfois, le temps passe au ralenti...

Nous voilà dans la montagne, en approche de Gjirokastër. On croise des vendeurs de miel sur la route et on trouve un coin pour se garer spécial bus et cc, à deux rues du château de Gjirokastër. Blindé de cc italiens. Bon, le dénivelé est rude dans la ville. Très rude même, dans les petites ruelles pavés, qu'on emprunte à pied mais que les locaux utilisent en voiture. Même le bus de la ville passe partout. Par contre, pour une ville aux milles marches, on cherche encore. Alors on ne la parcourt pas dans tous les sens, sous la chaleur accablante, on se contente de faire un tour dans la citadelle autrfois habitée par Ali Pasha puis par le roi Zog Ier. De bons gros murs épais, c'est raffraichissant. C'est rare quand ça m'arrive, mais je suis complètement désorienté. Trop de passages dans tous les sens, sur plusieurs niveaux, j'ai du mal à me faire une vision d'ensemble de la citadelle. Mais c'est sympa. Avec Eliott et Kyra, dans l'enceinte du château, on visite aussi le petit musée sur l'histoire de la ville, et le musée militaire, avec son lot de carabines et de mines anti-personnel. En redescendant dans les ruelles touristiques, on s'arrête pour acheter des crêpes au fromage locales, chez un commerçant tout fier de nous montrer son four. Sympa, il nous prête des coussins, pour que les enfants puissent s'asseoir sur le trottoir, pendant que Karine et moi profitons de la petite table le long de la ruelle. Je déguste aussi la bière de la ville, la Elbar. Puis je tombe sur un petit magasin avec des t-shirts et la vendeuse parle français. Sa soeur vit à Nantes, mariée à un français. Du coup, en France, elle fait la touriste et apprend le français, et de retour en Albanie, elle parle français pour attirer le touriste. Ce qui est cool, c'est qu'elle me fait un prix plus bas que celui affiché (j'imagine pour les italiens et allemands). Voilà, on quitte la ville, accompagné d'une petite pluie bienvenue.

Nous arrivons au Blue Eye vers 17h, les deux derniers kilomètres étant de la piste. Site autrefois réservé à l'élite communiste, il est maintenant ultra touristique. Des cars entier y déversent les touristes d'on ne sait où. Heureusement, à l'heure où on arrive nous, les autres sont plutôt sur le départ et on trouve donc une place où se garer sans trop de problèmes. Il fait toujours super chaud. Du coup, contrairement à la plupart des autres touristes venus par car climatisé, nous on enfile notre maillot de bain avant de quitter le cc. Et finalement, on ne fera que jeter un bref coup d'oeil à l'oeil bleu, dans lequel quelques jeunes se jettent d'une petite balustrade, lui préférant un petit coin 30 mètres plus loin où l'on est que quelques uns à se jeter à l'eau. Le courant est fort, mais il y a une large avancée de graviers dans l'eau où elle ne monte pas plus haut que les genoux, et quelques recoins sans courant. L'eau est super froide, mais vu la chaleur extérieure, on va pas faire les difficiles. On barbote un bon moment et lorsque tout le monde se décide à sortir, il se met à pleuvoir. On retourne au cc sous la pluie et on quitte Syri i kalter, c'est son petit nom local, sous la pluie. On croise les doigts pour que la piste mouillée, en côte, ne pose pas de souci au cc mais non, assez tranquille en fait. J'ai failli oublier : en arrivant, on a croisé un 4x4 américain du Connecticut, blindé d'autocollant de différents pays.

19h. La pluie s'arrête, après quinze minutes assez intense. On roule encore un tout petit peu, mais on s'arrête avant Sarandë, près d'un resto où il y a beaucoup de place. On est en avance sur la nuit, ce qui nous permet de ne pas avoir à se rabattre sur un bivouac pourri.

Vendredi 10

Bivouac encore pire que la veille. Comment, dans un trou paumé comme ça, peut-il y avoir autant de voitures qui circulent la nuit. Sans compter les gars qui tchatchent en pleine nuit, moteur de scooter en marche, en attendant qu'un troisième larron vienne récupérer celui à pied pour l'emmener en voiture.

En plus, grosse arnaque au resto d'hier. Pas mauvais et très copieux, mais une facture de 6000 leks (50€), là où ailleurs on s'en est toujours sorti pour grand max 3000-4000. Pour un resto de passage dans un trou du cul du monde, c'est grave abuser. On aurait probablement du faire un scandale, mais sur ce genre de truc, je gère pas trop. Prochaine fois, on demandera les prix avants. Mais du coup ça m'énerve. Et du coup, les voitures et scooters qui font du bruit la nuit, ça m'enerve encore plus. Et en plus, des moustiques s'étaient faufilés dans le cc. On a tous été piqués cette nuit. Et non, je ne mèlerai pas une fois de plus ma grand-mère à cette sordide histoire, n'en déplaise à François Morel et Aldebert.

Bref, il est 7h45, Eliott et Karine sont réveillés. Partons tôt et quittons ce coin pourri.

11h On remonte par la côte. Entre deux virages, on passe devant la forteresse d'Ali Pacha (cf. Le conte de Monte Cristo, l'homme au masque de fer), à Porto Palermo et on aperçoit très bien l'entrée de la base sous-marine autrefois louée à l'URSS pour l'armée soviétique. On voit aussi pas loin un Lavazho bar café.

Sur la route, beaucoup de très belles criques difficiles voire impossible d'accès et quelques plages loin d'être aussi bondées que ce que les rumeurs annonçaient. Par contre, ça manque clairement de place pour se garer. On continue notre lente avancée sur cette belle route de montagne. Une traversée expresse d'Himarë qui pour le coup est vraiment une petite station balnéaire blindée. Le cc peine à peu à la remontée et lache quelques nuages de fumée noire, mais c'est reparti pour quelques 50 km de montagne. Depuis le début des vancances, Kyra avale un comprimé de cocculine de temps à temps. Super efficace. Et à effet rapide. Pour l'instant, on touche du bois, on a pas encore eu besoin de la cuvette. Pourtant, cette route est coriace.

On passe maintenant par Dhërmi, où l'on croise beaucoup de vendeurs de miel sur la route. Les ruches sont d'ailleurs juste à côté, à flanc de montagne. Et si on achetait un pot ? - C'est combien ? - 1500. - Combien?? - 1500 (12€) - Ok, au revoir... Un peu comme sur la route du monastère d'Ostrog, où les 10 figues étaient à 5€... Non merci. Je sais pas pour les allemands ou les italiens, mais pour nous, c'est non merci.

Nous faisons la pause repas en haut du col (en presque 3h, on a fait 100km !), dans le parc national de Llogara, qui n'a pas l'air d'être le genre de parc où tu plantes ta tente, avec la falaise d'un côté et la montagne abrupte de l'autre. Par contre, il y a un petit vent sympa qui permet de manger dans le cc sans creuver de chaud. On attaque même le fromton qui trainait depuis plusieurs jours dans le frigo. C'est du Djath i Tymosur. Un nom de dinosaure carnivore féroce et c'est vrai qu'il pique un peu. Bin oui, le fromage, il pique. C'est comme ma grand-mère. Je dis pas qu'il pique plus que tout le reste mais... Ok, ok, j'arrête, même si c'est devenu le leitmotiv de toute la famille, depuis 15j et qu'on se marre bien avec ça... Il pique, mais il est bon.

On reprend la route, pour la redescente maintenant. Et je retire ce que j'ai dit sur le parc national Llogara. De ce côté, c'est très vert et il y a un peu plus de place. Sauf sur la plage et au camping d'Orikum, où c'est à nouveau blindé (mais très joli).

Ce qui n'est pas le cas de Vlorë, tout du moins pour ce qu'on en voit : des tonnes d'immeubles, bétonné à mort, hideux hideux. Et ça contruit encore. La moitié de la ville est une sorte de ville fantome, où il n'y a que des immeubles en contruction et des pizzerias pour accueillir les italiens d'en face. A la sortie de Vlorë, vers Fier, une vraie autoroute. Karine exprime toute sa joie. Profite, dans 23 km, elle est en construction.

Nouveau passage par Fier. Toujours le même bordel sur les routes qu'à l'aller. Par contre, dans l'autre sens, j'avais raté un 'Pit stop Lavazho' et un 'Tapiceria Lavazho'. L'autoute reprend. Au nord de Durrës - très moche aussi en ce qui concerne sa banlieue - on repasse aux Lavazh...

19h30 Objectif 'Patok', le village de cabanes de pêcheurs sur piloti, presque atteint. Il reste une trentaine de km, mais pas la peine de se presser, ils seront encore  là demain. D'autant qu'on est à Fushë-Krujé et qu'il y a un camping attenant à un hôtel, le Nord Park, avec une piscine 24/24h ! Relevé sur ioverlander par d'autres français, c'est aussi je pense celui que @lescyclomondistes nous avaient suggéré à notre arrivé en Albanie (ils y était à ce moment là). La piscine est un bonheur. Les enfants apprécient aussi les deux biquettes, juste derrière notre camping-car. Surtout quand deux employées de l'hôtel passent fin de journée pour les traire !

Samedi 11 Aout

11h45, direction Patok. Côté musique, on reprend nos classiques, avec 'sur mon dos'. Petite étape tranquille. C'est vrai que la laguna de Patokut, avec ses maisons sur pilotis est jolie. On va jusqu'au bout du bout, on prend quelques photos. Un peu en mode Death Valley en juillet-aout (j'y étais pas cette fois là, mais j'en ai entendu parler), sans sortir du cc. Sauf que nous, on a pas la clim dans le cc. Bon, moi je sors et Kyra aussi. Eliott replonge dans son tome 5 ou 6 d'Artemis Fowl. Et on repart. Il y a aussi de nombreux restos, le long du petit cordon littoral et le poisson est réputé y être délicieux, mais c'est encore trop tôt pour nous (d'ailleurs, on a à nouveau un peu perdu l'habitude de manger le midi). C'est reparti pour Shkodër, même camping qu'à l'aller.

Memo (ouais, c'est un peu con de le noter maintenant alors qu'on devrait quitter l'Albanie demain) : une pastèque de 3 kg, c'est 75 leks. Mieux vaut le savoir, parce que je me pose toujours la question (et je la pose toujours à Karine et Oriana, ce qui a le don de les énerver) avant de sauter du cc en marche pour acheter une pastèque sur la route. Là, j'ai pas eu à sauter en marche, vu qu'on est dans les bouchons près de Lezhë. Je descends tranquillement pendant que les autres transpirent à grosses gouttes dans le cc. Nouvel arrêt un peu plus tard à une superette : de l'eau pour tout de suite, et un stock de bière pour le retour en France (Matthieu R., Bastien et cousin Damien, passe quand vous voulez. Idem pour les autres amateurs s'il y en a). Sur l'étal de l'autre côté du rond-point, je complète avec des légumes (car on ne trouve jamais de légumes dans une superette, mais il y a toujours un vendeur de légume juste en face).

Nous arrivons au camping Legjenda en début d'aprèm. C'est le gars et sa copine qui m'accueillent. On discute un peu. Tout commence avec le logo sur son ordi. Oriana voulait savoir ce que cela signifiait, mais on avait pas eu l'occasion de demander la dernière fois. P L point en haut P à l'envers, K à l'envers et point en haut (pour ceux que j'aurais perdu, c'est là : https://www.facebook.com/plipkirecords/ ) Il s'agit en fait du label qu'ils sont en train de créer, car ils montent un studio d'enregistrement à Tirana. Mais pour l'instant, elle est étudiante en arts graphiques et se spécialise en numérique et lui monte des sites webs (sans développement, avec framework et templates existant). Lui joue de l'electro. Faudra que j'écoute une fois rentré (https://soundcloud.com/equinoxxplipki) et peut-être y a-t-il des connexions à faire avec mon pote Matt Diskeyes...

Presque 16h, le soleil se cache, on va pouvoir aller piquer une tête. Bin oui, nos têtes, elles piquent...

En attendant, gros fou rire me concernant, depuis le bar du camping où je suis installé avec les enfants. On se demandait où était Karine, qu'on avait aperçu subrepticement pour quémander une glace et qui avait disparu dans la foulée. Fallait-il que j'amène la glace jusqu'au cc ? Oriana, son tel à la main, me dit : je sais pas où elle est, mais elle poste des photos sur le fil whatsapp de la famille... Ni une ni deux, je pique (ah non, pas encore !) son tel pour lui demander sur le fil où je lui dépose la glace. Par contre, désolé Tom, mais je ne ferai pas les 2000km qui nous séparent pour amener la tienne...


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Albanie
Langues officiellesAlbanais
Forme de l’étatRépublique parlementaire
Superficie28 748 km2
Population98 hab./km2
MonnaieLek (ALL​)
Fuseau horaireUTC +1
Indicatif tél.+355

Pas de visa pour les Français et les ressortissants de l'Union européenne. Pour un séjour de moins de 3 mois, carte d'identité ou passeport en cours de validité

Le climat de l'Albanie est nettement méditerranéen sur toute la partie littorale, avec des étés chauds pouvant être caniculaires, des hivers pluvieux et assez doux, et des intersaisons très agréables. Il est de type plus continental dans les zones montagneuses : les écarts de températures sont très marqués d’une saison à l’autre, et le nord-est du pays connaît des hivers rigoureux, avec la présence fréquente de neige.
Jan. Fév. Mar. Avr. Mai. Jun.
Jui. Aou. Sep. Oct. Nov. Déc.
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