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Retour, de l'Albanie à la France (du 12 au 19 Aout 2018)

Retour, de l'Albanie à la France (du 12 au 19 Aout 2018)

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Bouches du Kotor, Niksic et chutes de Kravice

Dimanche 12 Aout

On déjeune à la terrasse du bar nos biscottes et notre nocciolata, avec leur double expresso qui ressemble à un américano (ils proposent les deux, mais souvent l'un ressemble plus à l'autre et vice-versa). Je demande une carafe de leur thé au thym, qu'Oriana aime beaucoup et ils nous l'offrent, car normalement, elle n'est proposée que dans leur petit déj.

On quitte le camping, vers 13h30, après avoir échangé la quasi totalité de nos leks en euros et d'être allés cueillir avec Kyra, Oriana et le patron, des herbes à thé dans leur jardin (vrai thé, thym, romarin ?, et... je ne vais pas inventer, j'ai oublié. Mais j'aime bien l'idée d'aller dans un jardin, pour y cueillir du romarin. On devrait en faire une chanson pour enfants)

Encore une dernière fois au revoir. Peut-être que je reviendrai seul, ou quand les enfants seront plus grands, pour faire un treck Valbonë - Theth. A cheval, c'est 6-7 heures. A pied, je ne sais plus.

On quitte ensuite la ville, non sans avoir acheté quelques fromages qui piquent et même un qui piquerait encore plus, en souvenir. Je dis pas que ce serait celui qui pique plus que tout, mais quand même, il pique. Et parce qu'on est des oufs, un avec du moisi couleur violette.

Et des quetches aussi, parce qu'elles ne sont pas mauvaises et qu'elles ne coûtent rien. Sauf que là, la mémé tente de me les vendre à 200 lek le kg. Mais on ne me la fait pas. Je fronce des sourcils. 100 leks me dit-elle. 200, c'est pour deux kilos. Ouais, admettons. C'est encore 30 leks de plus que le prix normal. C'est uniquement parce que ça sera notre dernière occasion d'en acheter avant de reprendre la route.

Let's go en musique. Stromae, 'Racine carrée'. Même chemin qu'à l'aller, vers Niksic au Montenegro. Toujours par le nord du lac Shkodra. Le sud aurait probablement été plus joli, mais pour longer le lac, on passait de 2 à 4 heures de route (selon google maps. Pour notre cc, ajouter 50% minimum).

14h30 128522 km à la frontière. Soit 1100km en Albanie. On peut donc sans aucune hésitation confirmer qu'il s'agit d'un pays où les distances se mesurent en heures et non en kilomètres.

Le passage de la frontière se fait en 15 min. Par contre, dans l'autre sens, un gros gros paquet de voitures. Pour plus de 2-3 heures de queue. Nous on avance à 2 à l'heure... parce qu'il y a un connard de français qui venait d'en face et qui a essayé de griller toute la file. Moralité : obligé de faire 500m en marche arrière... Et il se permet encore de gueuler sur la voiture devant nous. Sur le podium des gros nazes en voiture, il n'y a que les italiens pour espérer nous ravir la première place. En Albanie, ils conduisent bizarrement, mais ne sont pas agressifs. Faut juste assimiler qu'en ville ou sur un carrefour, c'est au premier qui le sent de passer. Rien à voir avec la signalisation. Et puis quand tu doubles, faut donner un petit coup de klaxon. Et surtout, ton clignotant, à gauche ou à droite, ça ne veut surtout pas dire que tu vas tourner ou te garer sur le bas-côté. Ca veut dire 'c'est bon, je vois rien devant, vous pouvez doubler'. Ca fonctionne aussi comme ça en montagne, où les virages s'enchaînent. Donc, clignotant à éviter quand tu veux juste t'arrêter acheter une pastèque. Là, l'usage, c'est plutôt de mettre les warnings, pour tourner ou s'arrêter. Dans les coutumes locales, il y a aussi le fait de pouvoir planter sa voiture au milieu de la route, en ville, pour aller faire 2 ou 3 courses...

15h30 Arrivée au lac de Niksic.

15h32 Eliott et Kyra sont au ruisseau aux écrevisses.

15h40 Eliott est repassé au cc enfiler un maillot de bain et a déjà mis une écrevisse dans son bidon.

16h Ils ont vu un serpent dans le ruisseau. Ca n'empêche pas Eliott d'y aller jusqu'à la taille. Avec Kyra, on monte une opération #clean4park #2min4nature et on nettoie le ruisseau. Pour que ceux qui nous suivrons puissent aussi y voir leur lot d'écrevisses. Eliott trouve une grenouille.

19h On relache 6 des 7 écrevisses péchées par Eliott et on garde la plus grande, la énorme, pour la casserole. Tout le monde va se baigner au lac. Sauf moi. Il faut bien quelqu'un pour surveiller la bête.

Quand ils rentrent, grande nouvelle, Kyra a encore découvert un serpent d'eau, qu'Eliott et Oriana ont pu voir aussi. Mais je viens de spoiler mon récit. Je reprends dans l'ordre.

- Papa, devines ce qu'on a vu ?, dit Kyra

- Je sais pas...

- En premier, je nageais et j'ai eu peur, parce qu'il y avait un poisson bizarre près des marches [NdR : qui permettent de descendre se baigner dans le lac] Il sortait plein de fois sa tête de l'eau, et il bougeait en sautant [NdR : probablement la partie émergée du serpent-iceberg]. Et après, j'étais sortie, et je vois un truc qui flotte, on aurait dit une figurine de long cou [NdR : un jouet en plastique de diplodocus]. "Regarde, Oriana, une figurine de long cou... je vais la chercher" "Attend, je mets mes lunettes... Mais c'est un bâton, ton truc" [NdR : puis, dans la tête d'Oriana] "Bizarre, ces petits losanges qui brillent sur le bâton... Hé, mais il ondule le bâton" [NdR : puis, à nouveau de vive voix] "Kyra ! Stop ! C'est un serpent ! Eliott ! Maman ! Un serpent !". Eliott arrivera à temps pour le voir. Karine préfèrera rester dans l'eau, à distance des marches, le temps qu'il disparaisse.

20h30 Un jeune couple d'italiens de Trieste s'installe à côté de nous, incroyablement ravis d'avoir trouvé ce spot. On discute un peu. On leur montre l'écrevisse (c'est la 1ère fois qu'ils en voyaient). Eux aussi rentre d'Albanie et sont enchantés de leurs vacances. A l'inverse de nous, ils n'ont fait que la côte, la Riviera albanaise.

Lundi 13

On quitte Niksic en direction d'Herceg Novi, pour longer la moitié des Bouches de Kotor. La route (de montagne toujours) est vraiment superbe, et encore plus lorsqu'on arrive à la baie. A Herceg, vu le nombre de voiture sur la route de la côte (on avance au pas même après avoir dépassé la ville), on décide de faire demi-tour sur un km et de prendre à nouveau une route de montagne, vers Trebinje et Mostar.

14h40 128717 km à la frontière entre le Monténegro et la Bosnie Herzégovine. 22 voitures devant nous (j'ai compté) et une seule file, pour quitter le pays. On sort les byreks (fromage/jambon et saucisse) qu'on a acheté à Herceg Novi et Karine attaque sa maigre réserve de canettes Limon Soda d'Albanie... 15 min. Ca va. Et tout de suite après, comme à l'aller, un gros panneau 'Bienvenue en Serbie'. No comment. Ce n'est qu'après un km de nomansland, lorsqu'on arrive au poste frontière de Bosnie qu'on a le panneau 'Bienvenue en Bosnie-Herzégovine'...

15h10 On a passé le second poste.

Moins de montagnes, un peu plus de vallées. Trebinje a l'air sympa, avec un bassin aménagé dans la rivière, pour la baignade. Aux maisons, des drapeaux serbes... Le long de la rivière, des roues à aube, mais sans moulin. Ca marche comment ? Ca sert à quoi ?

Un peu plus tard, à nouveau dans la montagne, on s'arrête à nouveau devant un stand de miel. 'C'est combien ?' Neuf, me montre-t-il avec ses doigts. Neuf ? Ok, ca va le faire. Je sors mes 10 marks (5€). 'Non, 9 !', me montre-t-il toujours avec ses doigts. Visage d'incompréhension de ma part. 'Euros. 9 €'. Ok, au revoir. Mais que ce passe-t-il ? Le pot était quand même pas deux fois plus gros que chez nous. Quelqu'un aurait tenté une OPA sur les ruches des Balkans ?

On poursuit la route : Stolac, Capljina... chouette route encore, mais une furieuse impression de ne pas avancer. 5 heures qu'on a quitté Niksic.

17h30 Ouf, nous voilà aux cascades de Kravice. Pendant que tout le monde enfile son maillot de bain, Eliott découvre une petite mante religieuse, de la couleur des cailloux sur lesquels elle se trouve. Et on prend le temps d'observer d'énormes fourmis sortir leurs déchets de leur colonie. Elles sont très rapides, sortent d'une dizaine de cm et rentrent aussitôt, en moins d'une demi-seconde. Il nous a fallu un moment pour comprendre leur manège (le temps que les filles se changent, c'est dire), mais c'est sympa à observer. Pas plus tard qu'hier, je lisais dans 'Walden ou la vie dans les bois' un récit de guerre de fourmis... Là justement, deux énormes énormes soldats, avec une énorme énorme tête, sortent pour faire leur tour de garde. Les soldats, eux, avancent en prenant leur temps (comme les filles on dirait, mais vont-elles sortir, elles ?).

On traverse le parking pour descendre aux chutes. On entend parler français un peu partout. L'entrée des chutes est de 5€ par adultes. Je n'ai que mon porte-monnaie sur moi, avec quelques marks. Il m'annonce 20€ (j'en déduis donc rapidement, grâce à mes capacités de calcul accrues, que c'est 2,5€ par enfant). Mais j'ai pas. Je lui annonce que je voulais payer en mark, mais que de toutes façons, je n'ai pas assez. Je sors mon billet de 20 et de 10. Ca ne lui pose pas de problème, il me donne 3 tickets adultes. En même temps, dans 30 min ou une heure, il serait parti et l'accès n'est pas fermé...

Une fois au bord du lac et des chutes, on pose notre sac et nos vêtements n'importe où, au pied d'un arbre près des tables et chaises d'un des 4 bars-cahutes, et on se jette à l'eau. Très peu de fond pendant longtemps. Il n'y a qu'au centre et au bord des chutes où l'on n'a pas pied. Nager jusqu'à aller toucher une cascade, c'est une première pour nous et c'est super fun. D'autres personnes s'amusent à se doucher à des chutes plus petites, après avoir escaladé quelques rochers et d'autres encore se contentent de siroter une bière. Bonne idée, il me reste 3 marks dans mon porte-monnaie. Bière Ozujskö, checked (facile à retenir le nom, j'avais 'oh jusqu'où' en tête).

Encore un super endroit, surtout en fin de journée, quand tout le monde commence à partir (j'imagine que c'est pareil en début de journée, mais ça, c'est hors de portée pour nous).

On quitte les chutes lorsqu'il commence à faire nuit. Ce sera bivouac sur le parking, comme 2 autres familles françaises (dont une en gros camion aménagé) et encore 4 autres véhicules italiens, dont certains dorment dehors sur des matelas posés sur les cailloux (s ou x ? hibou chou caillou ? genou pou ? Oh là, toujours ces mêmes questions existentielles, quand on n’a pas de correcteur orthographique...) du parking.

Mardi 14

6h40 J'hésite à descendre aux chutes prendre des photos sans personne. Mais j'ai un peu la flemme.

Hier soir, pendant la lecture de HP, j'ai entendu un bruit sous le cc. J'ai regardé et distingué une petite bête qui se carapatait à toute vitesse. Un genre de hérisson qui aurait été super rapide, ou un pécari. Un truc qui court au ras du sol, mais plus gros qu'un rat. Un rat musqué ? Ragondin ? Raton laveur ? Il y a quoi dans le coin ? On est sorti avec les lampes de poche, mais plus rien. Ce matin, une des poubelles du parking avait été mise à sac.

7h15 Allez, j'y vais.

7h45 Revenu. Purée, il fait déjà bien chaud.

11h30 On part. Ma première idée était d'aller aux lacs de Plitvice, en Croatie, mais ça a l'air d'être un gros morceau. Du genre 7-8h de promenade autour des 16 lacs, pour vraiment en profiter. Pas trop le truc où tu te tapes le détour, tu paies l'entrée du parc puis le camping à 2000 personnes hors de prix, tu prends 3 photos et tu repars. Probablement à voir, mais pas à la va-vite. Du coup, on va juste rouler et on verra bien où on se trouvera ce soir.

Ici, et depuis en fait déjà 30-50 km, on voit souvent l'écriture serbe tagguée, sur les panneaux routiers. Ne reste que le nom des villes dans notre alphabet. On fait seulement maintenant le lien avec l'apparition des premières mosquées et des cimetières musulmans. Ici, fini les drapeaux serbes accrochés aux maisons...

Une dizaine de kilomètres depuis les chutes, une tentative ratée de rejoindre l'autoroute par un chemin de traverse alors que la route normale y menait tout droit et nous y voilà : la vraie big belle autoroute. C'est ici qu'elle commence. Pour ceux qui voudraient aller dans l'autre sens, vers Mostar, pas de bol, c'est ici qu'elle s'arrête. Après, c'est en construction. Mais pour nous, vers la Croatie, c'est tout bon !

Mémo (parce qu'on est à un péage) : jusqu'en Albanie, on peut payer en euros presque partout. Par contre, de nombreux lieux n'acceptent que le cash. C'est le cas, de nombreuses stations essence qui ne prennent pas la carte bleue.

12h 128 878 km Frontière Bosnie-Herzégovine / Croatie.

Le paysage est vallonné, avec des rochers et des arbustes. On aperçoit quelques villages dans le lointain, et des espèces de prés délimités par des murets en pierres. Il y a un vent de dingue. Suffisamment pour qu'ils l'annoncent par les panneaux de signalisation lumineux. Vitesse réduite à 100km/h. Des panneaux indiquent aussi, à chaque passage dans un tunnel, la présence d'ours et de loups. A croire que les ours prennent les tunnels pour des grottes et les loups pour des tanières. En quelques heures, on vient de passer de 37°C à 22°. Pour situer, on est près de Bisko. Aucune idée de où se trouve ce bled. Si ça se trouve, c'est même pas un lieu, mais ça veut dire 'prochaine sortie' en Croate. Bon, j'allume le GPS, histoire de pouvoir associer le paysage à une région... Bin si, finalement, Bisko c'est bien un bled. Ca existe comme village et c'est à côté de Trilj. Ca vous aide tout de suite plus non ?

On dépasse la sortie pour Split à 110km/h. Dans l'autre sens, au moins 2 heures de bouchon, pour la même sortie. Ils arrivent par paquets de 200 du nord pour se jeter sur la côte de Croatie. A part çà, il pleut depuis 5 min.

14h15 On survole Skradin, depuis l'autoroute. Très jolie ville vue d'ici, avec un très joli port. C'est une des portes d'entrée pour le parc national de Krka.

16h12 Redépart après une pause déjeuner sur l'autoroute. Pour la première fois des vacances et la première fois depuis plusieurs années, j'ai sorti la cafetière italienne. Et du bon café du Guatemala. En théorie. Parce qu'il m'a déjà fallu un moment pour me rappeler comment ça marchait. Et ensuite, ça a bouillu. Tout de suite moins bon...

On roule, on roule, accompagnés de notre best of Monmix maison (surtout celles chantées par Vibe). Eliott a presque fini son 7ème tome d'Artemis Fowl. Kyra, qui ne peut pas lire en roulant, a mis de côté son 21ème tome de la Cabane Magique, et a d'abord commencé à reprendre son carnet de route. Elle s'était arrêtée en Slovénie. A 200 ou 300 km près, elle pouvait le reprendre là où elle l'avait laissé, il y a 3 semaines ! Après avoir résumé la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Montenegro et l'Albanie en 10 lignes, elle s'est attaquée à l'écriture d'une histoire : le vélo magique. Et franchement, ses deux premières pages assurent !

17h45 Re-grosse pluie. Aucune visibilité et fuite dans le cc (ça passe par l'aération du frigo). On a vaguement le temps de voir une sortie pour Plitvice. Aucun regret à avoir changé d'avis.

?h On vient de doubler un cc polonais qui avait des bonzaïs à ses fenêtres. Purée, déjà que ça meurt dès qu'on éternue dans une maison, comment ils font, dans un cc ?

Argh, on devrait bientôt passer sous la barre des 20°C. Rendez-moi les grosses chaleurs où l'on dégouline dès que l'on bouge le petit doigt !

20.1°C. Tunnel Mala Kapel de 5800m. Quelle température de l'autre côté ? Dans le tunnel, c'est ambiance techno-electro de Stromae, avec un effet lumières stromboscopiques à l'arrière du cc, dû à l'éclairage du tunnel.

19h30 Rijelka, 18°C, 55€ de péage, 100% d'autoroute en Croatie, 0 étape dans le pays, 0 bivouac.

19h50 129 405 km, 0 min à la frontière (de Pasjak) avec la Slovenie, 0 tampon, 0 arrêt.

20h15 Arrivée à un petit point ioverlander parfait. Caché de la route par des arbres, à un croisement de plusieurs prés, le long d'un chemin pour tracteur. Parfait.

Mercredi 15 Aout

Une vingtaine de kilomètres à faire pour les grottes de Skocjan. On hésitait entre celles-là et deux autres : Skocjan est inscrite à l'Unesco et classée Ramsar (il s'agirait de la plus grande zone humide souterraine au monde), avec un pont souterrain qui passe 50m au-dessus de la rivière. Postojna (anciennement grotte d'Adelsberg) est la plus grande attraction du pays (avec un petit train pour faire une partie de la traversée). Krizna, la dernière, est peu visitée, bien que la 2ème du pays en taille. Mais elle serait plus difficile d'accès avec parfois des passages à 'escalader' à l'aide d'une corde. Et aussi plus éloignée de notre route de retour. Après un vote suivi d'une décision unilatérale de ma part, on se rend donc à Skocjan. A peine arrivé, on voit un groupe de 100 à 200 personnes quitter la zone de la billetterie et suivre un guide. Ca calme... Des jeunes du staff nous annonce que les parkings sont pleins et nous donnent un plan pour un parking situé à 3km, avec une navette gratuite qui peut nous ramener ici. Ca re-calme... Finalement, on trouve quand même une place ici (un groupe doit avoir fini un tour à l'instant, ce qui libère de la place). On se gare et Karine et moi partons à la billetterie en éclaireurs : 20€ par adulte, 10€ <14ans, 16€ étudiant pour le tour souterrain. Pour suivre le canyon de l'extérieur, sans guide, c'est 12.5€ et 6.5€ et pour les deux, 24€ et 12.5€. Ca re-re-calme. Départ toutes les 1/2 h. Plus l'heure d'attente qu'ils annoncent pour faire la queue pour les billets : départ possible dans 1h30. Ca re-re-re-calme. Le principal intérêt des grottes, pour moi, c'était le pont souterrain Cerkvenik. Mais bon, 80€ à 5, 1h30 d'attente, groupe guidé de 150 personnes. Chacun pour des raisons différentes, on vote contre. Et comme c'est censé être beaucoup moins touristique que Postojna, on oublie aussi celles-là.

Du coup, 13h15, 129 463 km et nous voilà en Italie.

Pour l'instant, pas besoin de carte ni de GPS, mais rapidement, ça devient moins évident quand on a pris l'habitude d'être assisté. Le hic, c'est que depuis 3 semaines, j'avais mis au rencard la tablette qui plante tout le temps et j'utilisais le tel d'Oriana, avec ma nouvelle combi gagnante : maps.me pour la route et ioverlander (un peu) pour les bivouacs. Mais Oriana n'avait plus assez de place pour downloader la carte d'Italie. Je pensais le faire 'je sais pas quand', une fois qu'on aurait pu supprimer les pays qu'on avait quitté. Raté. Du coup je reprends la tablette qui plante tout le temps...

Et ça roule. Aldebert encore. Ca aura été la bande son de référence du voyage. Ca parait dingue, petit lionçeau, mais c'est ta jungle... étendues sans fin...

Tiens, on passe devant une fabrique de Grana Padano, le fromage dont Eliott descend le paquet à chaque plâtrée de pâtes.

17h20 Bientôt plus d'essence. On a une aiguille qui passe de 'Il reste 1/4' à 'Alerte rouge' en quelques kilomètres. Du coup, on avait pris pour règle de refaire le plein dès qu'on passait en dessous de la moitié. Mais une certaine catégorie de conductrice a une fâcheuse tendance à oublier certaines règles. Du coup on est en mode alerte rouge. Et les stations essences sont assez espacées sur cette autoroute. Et bien sûr, la première qu'on croise, qui aurait dû nous servir du diesel à 1,98€ le litre est fermée (15 aout ?). On sort quelques kilomètres plus loin et ouf, une station 24/24, à carte. Bon, il me faut un petit moment pour comprendre leur système (un appareil à carte et billet pour plusieurs pompes), mais on finit par pouvoir faire le plein, à 1,50€ le litre. On en profite pour faire une petite pause repas rapide et partager deux figues cueillies dans l'arbre devant nous. J'étais malheureusement trop petit pour en attraper plus.

20h et quelques. Arrivés sur la côte, un peu après Gène. On quitte l'autoroute pour chercher un resto - Kyra attendait avec impatience notre retour par l'Italie, pour pouvoir manger les meilleures pâtes du monde - et si possible un lieu où dormir. Ca semble mal barré. Toutes les petites stations balnéaires sont combles. On tente un camping qui est full pour les cc. Un des rares points ioverlander, des places de parking le long d'une route, est overfull. Des voitures sont garées là où c'est interdit, ce qui fait qu'on a même du mal à passer sous deux ponts. Il s'en est fallu d'un cheveu pour qu'on reste coincé, avec impossibilité de faire marche arrière sur 600m et une tonne de voitures au cul... Sueurs froides. Impossible de se garer nulle part, on poursuit la route des plages, un peu désespéré. Quelques cc se sont posés pour la nuit, le long de cette route. Moi je flipperais de me faire rentrer dedans pendant que je dors. Mais de toutes façons, à cette heure, il n'y a même pas cette possibilité. On finit par trouver quand même, à la nuit tout juste tombée, à 1,5 km du centre touristique de Albisona (superiore). On emprunte la rue piétonne animée qui mène à la plage (via della marina). Beaucoup de monde et les quelques tables libres, sur les terrasses des restaurants, sont réservées. Mais après quelques essais, le Clapsy Albisola a une table pour nous. Très bon choix. Pâtes aux coquillages pour Kyra, pizzas pour moi et Eliott (celle d'Eliott, aux 4 fromages OAP du pays, dont le fameux au lait de bison, est à tomber), gnocckis langoustine pour Karine et genre de pâtes au pesto pour Oriana. On n'a plus faim, mais on reprend des desserts : Tiramisu etc... Et pour finir, des expressos. Et là, on ne risque pas de s'étouffer avec. Sans déconner, ça tiendrait dans un dé à coudre. Et c'est pas juste une expression. Je le jure. On demande même un 3ème café, pour Oriana que j'avais oublié. Un double, un big espresso. Whaouh, au moins 2mm plus haut, dans la toute petite tasse. Mais super concentré, presque du sirop. Moi j'adore. Une bonne adresse, pas donnée (surtout avec les 2,5€ par personne pour les couverts, on s'en tire pour 120€), mais pas mauvaise et bien située, avec la discothèque sur la plage à 50m. Un coin animé et sympa, une fois qu'on a pu se garer.

0h15 On quitte le resto, on retrouve le cc, on reprend l'autoroute à 1km et on s'arrête 6km plus loin, à la 1ère station essence qu'on trouve. 3 camions ont pris leur place côté éloigné de la route, du coup, on se gare sur une place entre les pompes et l'autoroute. Avec juste la barrière entre la double voie et nous. Coté bruit, c'est la loose, mais c'est plus sécure que le long de la route de la plage.

Jeudi 16

7h Finalement, j'aurais dormi plus longtemps que d'habitude. Quand le trafic est permanent, on finit par s'y faire... Même Karine et Oriana dorment autant qu'à leur habitude... Kyra est enrhumée comme un cochon. Le sol du cc, près de son lit est jonché de cadavre de mouchoirs. Beurk.

A la station essence, je demande un expresso. 'Expresso ou américain ?', me demande la vendeuse. 'Avec de l'eau', me précise-t-elle en français dans le texte, pour être sûre que je comprenne bien ce que signifie américain.

11h On part. 5 km plus loin, une immense aire d'autoroute pour camping-car, avec tous les services, de l'ombre et éloignée de la route...

Entre deux tunnels, on a un bref aperçu de la région, qui a du charme, comme les nombreux petits villages qu'on aperçoit au loin.

12h30 130 155 km, passage en France. Ensuite, on enchaine les péages. Toujours penser à bien appuyer sur le bouton rouge pour avoir un interlocuteur capable de nous passer de la classe III à la classe II. Sinon, c'est entre 50% et 100% plus cher que ce qu'on est sensé payer. Un peu comme en AmLat, où il faut bien préciser 'uno eje'. Là, Karine réalise que l'année dernière, pour les vacances d'une semaine dans le sud, elle ne l'a jamais fait et a été surclassé à l'aller comme au retour. A chaque nouveau péage, on réentend sa complainte du si j'avais su...

Arrivée en fin d'aprèm au camping du Blue Bayou, près de Béziers, où l'on retrouve Papy, Mamie et les deux cousins Esteban et Zayann. Malgré les 2-3 emplacements libres, dans ce camping mégalopode né de la fusion, il y a 2-3 ans, de deux campings, il n'y aurait plus de places pour nous. L'employé devait demander à sa chef s'il y avait de la place. Chef qui nous répond 'au mon dieu non, c'est le WE le plus chargé de l'année'. Je me dis que peut-être le système informatique ne peut pas gérer un changement d'emplacement entre les deux nuits. Peut-être que ce n'est pas quelque chose de concevable ici ? Quelque part, ça nous arrange, parce que déjà rien qu'en tant que visiteur, et royale réduction de la chef, on paye 52€ pour deux jours à 5. Juste pour entrer dans le camping à pied...

Vers 21h30, on se dirige vers le resto du camping. Manger à cette heure, vous n'y pensez pas ! La cuisine est fermée depuis 10 min. Faudrait venir à 20h, et avoir réservé... Depuis 10 ans, chaque année, les enfants venaient dans ce camping familial. Soirée animée par un ex-Charlot, chanson à gestes du camping, cirque une fois par semaine, illusionniste, jeux... Maintenant, c'est musique tous les soirs. Un groupe rock, un groupe funk, un groupe... Ce soir, c'était piscine ouverte, pour pouvoir danser dans l'eau. Nous, on se dirige au McDo, à 8 km. Il arrête de servir à 23h30 et se frotte les mains.

Du coup, on bivouaque sur le parking du centre commercial, bientôt rejoints par deux autres cc. Demain, on tentera peut-être le petit port, où on a vu plusieurs cc installés, ou le 'truck étape' à la sortie de l'autoroute, avec de nombreuses places gratuites de libre.

Vendredi 17

9h Achat d'une baguette et de 3 pains au chocolat dans la galerie marchande de Carrefour. C'est la 1ère fois que Kyra est plus heureuse d'avoir de la baguette qu'un pain au choc !

Journée vacances en famille, avec piscine du camping le matin, et plage en fin de journée.

A 20h15, on arrive au resto du camping, réservé pour '20h maximum, pas plus tard madame', mais c'est bon, on est servi !

Puis on se rend au port, où se trouve déjà une dizaine de cc.

Samedi 18

Vent de ouf, mais nuit très calme. Sympa. Point ajouté sur ioverlander. Vu le nombre de cc, il était probablement déjà sur park4night.

Journée similaire à la veille, qui correspond à l'emploi du temps standard des enfants avec leurs grands-parents au Blue Bayou : piscine le matin, mer l'après-midi. Rejoints en fin d'après par le frère de Karine et sa femme, nous nous rendons à un resto du port, 'La table du pécheur'. Mais que se passe-t-il ? Le resto affiche complet (heureusement, nous avions réservé avant). 4 serveurs qui s'activent dans tous les sens et la patronne qui s'y colle aussi. Servis avec le sourire, mais avec un manque d'efficacité flagrant. Les enfants avaient un sirop offert, en même temps que les adultes se voyaient offrir une bouteille de kir. Super sympa, mais le sirop sans eau, c'est moyen. Las d'attendre, on trinque sans eux. 10 min plus tard, toujours pas d'eau. Une attente qui s'est généralisée durant tout le repas, avec la palme pour une assiette d'huitres oubliée, qui arrive au bout d'une 3ème demande (alors que tous les autres plats étaient servis depuis longtemps). La patronne l'amène en personne, et annonce que pour se faire pardonner, elle a ajouté 2 huitres. On a donc normalement 6 + 2 huitres dans l'assiette, sauf qu'on a beau s'y mettre à plusieurs pour recompter, rien à faire, personne ne dépasse 7. Le compte est bon. Le notre ou celui du resto, je ne sais pas encore trop. Pour le ketchup et la mayo des enfants, après le 3ème rappel, Karine a fini par aller le chercher elle-même. Et les serveurs qui te posent les plats et attendent que tu les passes à la bonne personne. Ou qui te demandent ton assiette, en insistant sur le 's'il vous plait Madame' si tu n'es pas assez rapide pour la donner... Quand les jeunes s'improvisent serveurs l'été, n'y aurait-il pas deux ou trois principes de base à inculquer ? Côté assiette, 3 plats sont bons : moules au roquefort, croustillant de thon pesto-rosso et les beignets de poissons. Pour le reste, c'est plutôt à éviter. Avec un impressionnant foutage de gueule sur l'assiette de fromage, digne d'un épisode de Mr Etchebest : un petit beurre (sous emballage), un morceau de camembert (Président, sous emballage) et un morceau de roquefort (sous emballage). Ce dernier est d'ailleurs resté dans son emballage, car il n'avait pas été mis au frigo et avait suffisamment fondu pour qu'il ne soit plus possible de l'en sortir. La photo va faire tâche sur tripadvisor, mais c'est la vie. Je passe sur le pain rassi, les glaces enfants annoncées fraise, vanille ou chocolat qui s'avèrent n'être que des petits pots et autres petits faits divers.

Vers minuit, on couche les enfants dans la caravane de Papy et Mamie et on se quitte pour 7 jours (difficilement, après le bisou de bonne nuit). Karine et moi reprenons la route. Une heure de route pour ce soir, jusqu'à la grande aire d'autoroute en haut de la montagne dont Karine se souvient d'un précédent trajet.

Tant que je suis dans ma phase 'est-ce que ce monde est sérieux ?', j'en profite pour préciser que dans ce camping 'complètement plein vous pensez bien monsieur le WE le plus chargé de l'année', 2 des emplacements mitoyens à celui de mes beaux-parents sont restés vides les deux jours où on était là... D'ailleurs, une aventure similaire est arrivée à un couple d'un emplacement pas loin : ils quittaient le camping et leurs enfants arrivant, ils voulaient leur laisser leur emplacement. Impossible selon la réception. Non et non, niet catégorique. Au final, ils sont passés par internet et ont réservé précisément cet emplacement... Moi qui avait envisagé une mauvaise conception de leur logiciel de résa, il semblerait que le problème soit ailleurs...

1h15 Aire de Caylar, la grande aire chérie de Karine. Elle aurait bien continué un peu, mais ça ne tombe pas si mal, puisqu'on arrive au bout de l'album de Stromae (je vais encore avoir ses titres dans la tête jusqu'à demain)

Dimanche 19 Aout

On décolle vers 10h et on arrive à 21h. Pas de gros bouchons mais de sérieux ralentissements.

Le cc affiche dorénavent 131 423 km au compteur, soit 6 250 km de plus qu'il y a un mois. Et nous, nous rentrons plus riches de plein de nouvelles expériences et ça, ça ne se mesure pas.

Et l'année prochaine, on part où ?

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