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Le peuple Saami

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Peuple autochtone d'une zone qui couvre le nord de la Suède, la Norvège, la Finlande et en Russie (péninsule de Kola). Leur nom, Sami dans leur propre langue, est également parfois traduit par les termes 'Sames', 'Samés', 'Sâmes' ou ' Saami'.

Les Samis sont un des plus grands groupes indigènes en Europe. Ce n'est pas un groupe ethnique mais un peuple parlant des langues (same) d'origine finno-ougrienne. Génétiquement, on les considère comme un croisement entre un vieux peuple proto-européen et un peuple ayant des origines mongoloïdes.

Ce peuple est le plus souvent nommé Lapons, mais ses membres préfèrent le nom Sámi (variante graphique Saami), qu'ils utilisent pour se désigner. Le terme Lapon de la racine « lapp » signifie porteur de haillons en suédois, ce qui explique que ce nom ait été délaissé.

Ils appellent leurs terres ancestrales Sápmi. Les activités traditionnelles des Samis étaient la pêche et l'élevage de rennes, mais aujourd'hui, seule une minorité des 85 000 Samis en vit encore. Le territoire norvégien abrite environ la moitié des Samis, un autre groupe important vit en Suède. D'autres groupes plus petits vivent dans le nord de la Finlande et de la Russie, particulièrement dans la péninsule de Kola.

Les Samis ont en Suède, en Norvège et en Finlande (mais pas en Russie) le droit de vote dans les parlements Samis, des organisations gouvernementales mises en place par les gouvernements des trois états scandinaves et qui visent à faire remonter les revendications des communautés samies. Les membres de ces parlements sont démocratiquement élus par les Samis eux-mêmes.

Histoire

Les Samis ont habité les régions septentrionales de la Scandinavie depuis l'antiquité. La thèse faisant des Samis le peuple indigène des régions nordiques – dont Erik Gustaf Geijer était un des partisans – est aujourd'hui soutenue par la majorité des historiens. Leur culture est héritée du peuple préhistorique et finno-ougrien Sami.

'Lapponia', un ouvrage écrit par Johannes Schefferus (1621 - 1679) décrit la culture samie dans les temps anciens, en laissant entendre que la Suède avait remporté ses succès sur le champ de bataille grâce à la magie samie. Cet ouvrage, et les rumeurs qu'il fit courir, fut interprété en Suède comme une propagande provenant de l'extérieur (en particulier d'Allemagne) et de grossières calomnies envers l'honneur suédois et sa capacité à faire la guerre. En réponse, un livre parut en latin vers la fin de l'année 1673 et fut rapidement traduit en français, en anglais, en allemand, puis finalement en suédois en 1956. Cependant, une version plus récente et adaptée a été publiée peu après aux Pays-Bas et en Allemagne, dans laquelle des chapitres sur les conditions de vie difficiles dans lesquelles vivent les Samis, la topographie et l'environnement de leur milieu ont été remplacés par des histoires de magie et de sorcellerie.

Religion

La religion samie partage des éléments avec les autres religions des régions polaires, comme par exemple le culte des ours, les sacrifices, le chamanisme, etc. Les hommes et les femmes ont leurs propres dieux. Elle a été majoritaire jusqu'à l'époque médiévale, où le christianisme s'est imposé (à partir du 11ème siècle) pour devenir la religion majoritairement pratiquée vers la fin du 18ème siècle. Les animaux 'blancs' y jouaient un rôle particulièrement important. Le noaide (chamane) possédait une forte influence sur le 'sijdda' (village), en tant que conseiller, médecin et personnage religieux. Comme chez les autres populations circumpolaires, le chaman est un intermédiaire entre le monde des hommes et le monde surnaturel. C'est au cours de la transe extatique que le chaman entre en communication avec le monde spirituel peuplé de dieux et de créatures qu'il interroge en vue d'obtenir une information ou la satisfaction d'une requête.

Langues sames

Le same fait partie des langues finno-ougriennes, liées au finnois. Cependant, en raison du contact prolongé avec les Scandinaves, il y a désormais un nombre important de mots germaniques en same. Le same est divisée en neuf dialectes, dont certains ont leur propre langue écrite, mais si différents les uns des autres que les Samis du sud ne peuvent comprendre les Sami du nord. La plupart des dialectes sont parlés dans plusieurs pays : les frontières linguistiques ne correspondant pas nécessairement aux frontières politiques.

Littérature

Pendant des siècles, la littérature samie s'est transmise exclusivement par voie orale. Jusqu'à la fin du 19ème siècle, on ne peut vraiment trouver que des ouvrages religieux, des dictionnaires et des grammaires. Le premier romancier à écrire un roman en same est Anders Larsen. Son livre 'Bæivve-Algo' (l'Aube) raconte l'histoire d'un jeune garçon pris entre deux cultures : son peuple sami et la société norvégienne. L'histoire de la littérature écrite ne commence vraiment qu'en 1910 lorsque le sami Johan Turi publie 'Muittalus sámiid birra', un récit dans lequel il fait la description de la vie de son peuple. Il évoque en particulier le quotidien des éleveurs de rennes et les légendes populaires samies.

Ce même thème est repris par le conteur et romancier suédois d'origine samie Andreas Labba qui dans son premier roman 'Anta', (écrit en sâme de Luleå) décrit avec beaucoup de poésie la vie d'une communauté sami encore peu soumise à l'acculturation occidentale. Son deuxième roman 'Anta et Marie' (rédigé en suédois), révèle, non sans amertume, la transformation de la société samie par l'arrivée du 'progrès' : la nouvelle voie ferrée et ses trains tueurs de rennes, les grands barrages hydroélectriques qui noient les pâturages, et l'arrivée des premières motoneiges qui transforme le nomadisme ancestral.

À partir des années 1970, la production littéraire se diversifie et prend son essor. Parmi les auteurs contemporains, on peut citer : Nils Viktor Aslaksen, Rauni Magga Lukkari, John Gustavsen, Ailo Gaup, Paulus Utsi, Erik-Nilsson-Mankok, Per Idivuoma et Annok Sarri-Nordrå.

Musique

Une des traditions samies particulièrement intéressante est le chant Joik (prononcé Yoïk). Les joiks se chantent traditionnellement a cappella, généralement lentement et du fond de la gorge, en faisant transparaître de la colère ou de la douleur. Les missionnaires les ont qualifiés de 'chansons du Diable'.

Un joik n'est pas une chanson au sujet d'une personne ou d'un endroit, mais une tentative de chanter l'essence du sujet sur un mode très personnel et spirituel.

De nos jours, les joiks sont fréquemment accompagnés par des instruments. Une chanteuse a popularisé ce chant à travers le monde : Mari Boine Persen.

Deux autres modes de chants existent : le laavloe, lyrique et poétique, et le vuelie, chanson sur une personne ou un évènement.


Source : fr.wikipedia.org
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