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Lemming
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Lemming

Le lemming est un terme générique qui désigne en réalité plusieurs espèces différentes de petits rongeurs de la famille des Cricétidés et qui ressemblent beaucoup aux hamsters.

Créé le 15/02/2011 - Mis à jour le 17/12/2019 partage facebook

C'est quoi un lemming ?

Le Lemmus lemmus est un rongeur de la famille des Cricétidés, proche des campagnols et des hamsters. Le lemming est caractéristique des hautes latitudes arctiques. Il monte jusqu'à la limite des neiges permanentes, dans le Labrador et le nord du Québec au Canada, et dans les montagnes de Scandinavie, où on le rencontre encore dans la zone des lichens et plus généralement dans les toundras. Ils évitent les régions arborés.

Ce petit animal a des mœurs qui ressemblent à celles de nos campagnols. Il aime les terrains humides et pierreux à la fois, où les lichens et petits buissons assurent sa protection vis à vis des rapaces. Le lemming crée un réseau important de couloirs et de tunnels sillonnant son territoire en tous sens. Il habite un terrier parfois très profond, dans lequel la femelle met au monde et élève ses petits. L'hiver, le lemming  reste actif.

En chiffres :

Longévité : 1 à 2 ans

Poids adulte : 40 à 115 g selon les espèces et la période de l'année

Longueur du corps : 13 à 16 cm

Longueur de la queue : 1,5 à 2 cm

Etymologie et histoire du mot Lemming

D'origine norvégienne, l'usage du mot lemming est attesté en français à partir du 18ème siècle. Il était orthographié à cette époque 'lemmer', 'lemmar' ou encore 'leming'.

La première définition donnée est : 'Petit rongeur migrateur des régions boréales'.

Le lemming a de nombreux noms vernaculaires. En français on l'appellera indifféremment Lemming des toundras de Norvège, Lemming des toundras du Nord, plus simplement lemming des toundras, Lemming du nord, Lemming d'Europe, Lemming commun ou tout simplement Lemming. Parfois, on le retrouve aussi sous le nom de Lapin de Norvège (cf. Émile Littré et son Dictionnaire de la langue française, 1872-77).

Les différentes espèces de lemming

D'après les noms génériques :

  • Lemming à bande, qui comprend toutes les espèces du genre Lemmus
  • Lemming brun, qui comprend les Eolagurus przewalskii et Lemmus sibiricus. On les trouve plutôt dans les dépressions humides.
  • Lemming commun, qui comprend les Lemmus lemmus et Lemmus trimucronatus
  • Lemming des toundras, qui comprend les Lemmus lemmus et Lemmus sibiricus. Encore appelé Lemming des toundras de Norvège ou Lemming d'Europe ou Lemming du nord ou Lemming de Norvège ou Lemming des toundras du Nord
  • Lemming variable (car sa couleur varie, selon la saison), qui comprend les 7 espèces de Dicrostonyx. On les trouvent dans les zones plus élevées et plus sèches. En été, il a le nez noir, les joues grises, les oreilles et le cou tachetés marron-roux, et une rayure dorsale noire. L'hiver, il enfile un manteau blanc.

Quelques noms spécifiques pour certaines espèces :

  • Dicrostonyx hudsonius : Lemming d'Ungava ou Lemming à collerette du Labrador
  • Dicrostonyx groenlandicus et Dicrostonyx torquatus : Lemming arctique ou Lemming à collier ou Lemming à collerette
  • Myopus schisticolor : Lemming des bois ou Lemming des forêts
  • Lagurus lagurus : Lemming jaune des steppes ou Lemming des steppes
  • Lemmus sibiricus : Lemming de Sibérie

Les lemmings sont connus pour l'importance de leurs migrations

Les migrations erratiques sont principalement liées à l'évolution démographique.

Chaque femelle peut produire plusieurs portées par an et même en hiver, la reproduction du lemming ne s'arrête pas. Comme cela se produit chez d'autres rongeurs, le lemming est sujet à d'importantes fluctuations démographiques en rapport avec les conditions climatiques. Ces fluctuations cycliques entrainent une augmentation lente d'abord, puis de plus en plus rapide, du nombre de lemmings dans une région. Ne trouvant plus suffisamment de nourriture, ils émigrent alors, dans toutes les directions, sans but précis et il arrive que des millions de ces rongeurs périssent d'épuisement en traversant des cours d'eau ou des fjords à la nage.

Les fluctuations démographiques sont maintenant bien identifiées et l'on sait qu'elles suivent une courbe qui se reproduit tous les 4 ans. A son minimum, la population est alors 1000 fois inférieure à celle atteinte à son apogée, frisant ainsi à chaque fois l'extinction.

La légende du suicide des lemmings

'Alors quoi ? insista Corbeau. Vous allez aux falaises, vous sautez dans l'océan, et ensuite ? Tu sais nager ? Je n'en sais rien, je n'ai jamais essayé, répondit Bubber, feignant l'indifférence.' Bubber, le jeune lemming, se prépare avec les siens à traverser l'océan. Dans quel but ? Personne n'est capable de lui répondre, et les propos de Corbeau, son ami, ne sont pas pour le rassurer. Bubber acceptera-t-il de suivre sa colonie les yeux fermés ? (4ème de couverture de 'Moi, un lemming', roman pour enfants d'Alan Arkin, 1976)

Les importantes fluctuations de la taille de sa population ont longtemps intrigué les chercheurs et nourri les conteurs.

L'une des hypothèses, maintenant réfutée par différentes recherches scientifiques, est devenue très présente dans les mythes populaires. Il s'agit de la théorie du 'suicide collectif'. Les lemmings, se déplaçant en groupes très importants (ça c'est vrai), suivraient des meneurs qui, dans leur course, se trouveraient par exemple au bord de rivières ou de lacs, où ils seraient poussés par ceux qui les suivent, entrainant une colonie toute entière dans la noyade.

Une autre théorie possible, toujours dans l'idée d'un 'suicide collectif' seraient que les lemmings, poussés par le besoin impératif d'étendre leurs territoires, tenteraient de traverser des rivières sans savoir si leur largeur leur permet d'atteindre l'autre rive. Pire, ils seraient capable de se jeter à corps perdu dans la mer, ne la différenciant pas d'une simple rivière.

En 1958, Disney contribua à propager la légende, avec un documentaire qui gagna un oscar, en montrant des hordes de lemmings se jeter d'une falaise dans la mer : 'White Wilderness' ('Le désert de l'Arctique' en français). Ces scènes ont toutes été entièrement montées en studio à l'aide de trucages et diverses mises en scène...

Cette idée a aussi inspiré le jeu vidéo Lemmings de Dave Jones (1991) et est à la base de l'intrigue du film de Dominik Moll (2005), avec Charlotte Gainsbourg et Charlotte Rampling.

On retrouve aussi ce concept du suicide dans la littérature, comme dans 'La faim du tigre' de Barjavel, inspiré de 'L'histoire du suicide collectif des bobacs' raconté par Jean Giono dans le journal Nice-Matin du 12 septembre 1964. Soit-dit en passant, les bobacs ressemblent plus à des marmottes qu'à des lemmings... Ces bestioles auraient la primauté du suicide, ayant commencé cette pratique vers 1875, alors que les lemmings ne s'y mettent qu'en 1920...

En Scandinavie, il est avéré que les lemmings deviennent agités lors des années d’abondance, ce qui aurait pu expliquer un comportement à risque et aboutir à ces 'suicides' de masse. Mais aucune observation n'a été faite dans l’Arctique nord-américain, où, au Canada, ils vivent en terrain plutôt plat et trop loin de l’océan pour permettent une telle migration. Il n’existe aucune légende inuit sur les migrations de lemmings, et il est difficile à croire que les Inuits n’auraient pas remarqué un tel phénomène. Pourtant, là aussi, la population décroit drastiquement tous les quatre ans.

Bref, on oublie l'idée du suicide collectif et on reste sur des problèmes écologiques classiques comme le manque de nourriture ou peut-être l'augmentation des prédateurs (hermine, renard arctique, harfang des neiges, faucon gerfaut et labbes), bien qu'il s'agirait plutôt de la conséquence pour cette seconde option.

Source : wikiwand.com à propos de l’écosystème de l’Île Bylot

Il semblerait qu'en Finlande, en 2011, nous étions aussi dans une année faste...

Rencontre avec les lemmings - Extrait de mon carnet de voyage, Inari, Finlande, 5 Aout 2011 :

Des espèces de piaillements d'oiseau qu'on égorge. C'est quoi ça ? Merde, Saph est devant moi la tête dans la mousse, au sol. Elle a chopé un truc. Je m'approche et, non, pour une fois, elle n'a pas osé, la bestiole hurle avant même d'être croquée. Saphyr s'éloigne, dubitative. Il s'agit de leur fameux lemming ou leur rat trucmuche, dont on a jamais trouvé la traduction en français. En fait, c'est un genre de hamster, comme ceux du dessin animé Hamtaro. Mais en vraiment teigneux. Je le regarde de près et ça piaille de plus belle. Ca se tasse en arrière et ça montre les crocs, et, de temps en temps, ça tente une attaque vers l'avant avant de reprendre sa position. Super rapide le bidule. 20 mètres plus loin, rebelotte. Au 3ème, Saphyr est froze, elle n'ose plus avancer.

Je fais demi-tour, je réveille Oriana et je l'emmène. Je commence à me poser des questions quand on arrive à l'endroit où j'avais rebroussé chemin, sans rien voir. Puis ça y est, il y en a un qui tente de fuir en faisant le tour d'un arbre. Je le suis et Oriana l'attend de l'autre côté. Il lui passe sur les chaussures, avant de se sauver le long du chemin. 'Je m'en fiche si j'en vois pas d'autre. Il a marché sur ma chaussure. J'ai trop de chance, il a marché sur ma chaussure !'. Sur le retour, elle en débusque un deuxième, en mode aggressif, puis un 3ème et un 4ème...

Au moment où j'écris ces lignes, du haut de la capucine du camping-car, à la lumière du soleil, je les entends piailler et je viens d'en voir passer un...

Lieux où les rencontrer
Cricetidés
  • Vertébrés
  • Mammifères
  • Rongeurs
  • Cricetidés : Campagnols, lemmings, souris, rats et hamsters
Statut de conservation UICN

Préoccupation mineure
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