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Tour des Amériques

Trujillo

La cité de Chan Chan et les Huacas de la Lune et du Soleil, pour découvrir la civilisation des Moches et des Chimus.

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Visité le 21/05/2016 - Mis à jour le 17/01/2020 partage facebook

Pour en apprendre plus sur la civilisation des Chimus, qui a succédé aux Moches, et qui s'est fait botter le cul par les Incas puis les Espagnols vers le 15ème siècle.

Le site archéologique de Chan Chan (ou Chanchán)

Il est situé à 5 km à l'ouest de Trujillo. En tant que capitale de l'empire du Chimor, de 900 à 1470, c'était la plus grande ville de l'ère précolombienne en Amérique du Sud.

Elle a été construite, à base d'adobe, comme c'est encore le cas pour de nombreuses maisons de la campagne avoisinante, vers l'an 850 sur un espace d'environ 20 km2. De ce fait, elle constitue la plus grande ville connue faite d'adobe des Amériques, et la seconde au monde.

La ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1986 en même temps qu'elle a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Evolution et déclin de Chan Chan

Elle s'est rapidement imposée comme la capitale du peuple Chimú, qui a construit son empire après le déclin de la civilisation Moche. Elle doit son développement à l'ingénieux système d'irrigation et à ses nombreux aqueducs, détournants l'eau du fleuve Moche à qui elle doit son nom, qui en firent un oasis dans cette région extrêmement aride.

Elle a perduré jusqu'à sa conquête par l'Empire Inca au 15ème siècle. Elle a compté environ 30 000 habitants à sa fondation et jusqu'à 100 000 à son apogée, vers l'an 1300.

En 1470, les incas, menés par Tupac Yupanqui, détruisent les aqueducs qui alimentent la ville, ce qui précipite son déclin. Il n'y reste alors plus que 5 à 10 000 hommes.

Puis en 1535, Francisco Pizarro fonde la ville espagnole de Trujillo, ce qui la fait tomber dans l'oubli, après qu'elle ait été pillée en bonne et due forme.

Avec l'arrivée des Espagnols, la population totale du royaume Chimú, d'environ 500 000 personnes à l'époque, fut réduite à 40 000 habitants en à peine un siècle.

Que signifie Chan Chan ?

Il existe deux théories quant à l'origine du nom de la cité, et sa signification :

- 'Chan Chan' pourrait venir de la transcription pas les espagnols de 'Jiang' ou 'Chang', qui, en Quingnam, la langue Chimú, signifie Soleil. Dans la mesure où l'ont sait qu'en langue Chimú, lorsque le mot est répété une seconde fois, son sens varie, on pourrait alors traduire selon l'inspiration par 'Grand soleil', 'soleil resplendissant' ou n'importe quel autre qualificatif qui nous convienne !

- l'autre possibilité serait que 'Chan' dériverait en réalité du terme 'Shian' ou 'Sian'. La syllabe 'Shi' signifiant 'Lune' et 'An' signifiant 'maison', Chan Chan serait donc la Maison de la Lune. Mais alors, comment traduire le mot lorsqu'il est répété ? Je propose l'Accueillante Maison pour la Divinité Lunaire, traduction qui en vaut bien une autre nom ?

Architecture de Chan Chan

On distingue clairement trois parties dans la cité de Chan Chan :

  • Le secteur nord avec une plus forte concentration de bâtiments administratifs.
  • Le secteur central, très dense, s'étendait sur près de 6 km2. Il était plus utilisé pour le stockage de produits. Il comprenait dix citadelles fortifiées (ciudadelas), avec pour chacune des salles de cérémonie, des chambres mortuaires, des temples, des réservoirs et des résidences. Toutes étaient de forme rectangulaire avec une seule entrée, côté Nord, de hautes murailles et un labyrinthe. Outre les 10 palais des rois Chimú, la cité comptait 4 temples (les huacas), des résidences destinées aux 'nobles', des habitations et ateliers destinés aux classes moyennes et encore des petits logements, destinés au peuple (les barrios). S'y trouve aussi une petite pyramide funéraire, où était enterré les seigneurs des citadelles, et de multiples cimetières.
  • Le secteur sud, qui ne possédait que des structures en matériaux périssables, était plutôt lié aux activités domestiques. Une zone de résidence ainsi que les puits qui alimentaient la cité en eau.

Ce que l'on peut encore voir sur le site archéologique

Des 20 km2 de Chan Chan, il ne reste plus que 14 km2 de ruines dont celles des palais suivants :

  • Chayhuac : Chayhuac An ou Quixmic An, traduit par 'Maison de Chayhuac' ou 'Maison du Début'
  • Uhle : Xllangchic An, traduit par 'Maison de l'Est' ou 'Maison du levant'
  • Laberinto : Fechech An, traduit par 'Maison Ouest' ou 'Maison du couchant'
  • Gran Chimú : Utzh An, traduit par 'Grande Maison'
  • Squier : Fochic An, traduit par 'Maison Nord'
  • Velarde : Ñing An, traduit par 'Maison de la mer'
  • Bandelier : Ñain An, traduit par 'Maison des oiseaux'
  • Tschudi (nom donnée d'après l'explorateur suisse Johann Jakob von Tschudi) : Nik An, traduit par 'Maison du Centre'. Peut-être le complexe fortifié le plus interessant, notamment pour prendre conscience à quel point le fonctionnement de la ville était associé à la manière de gérer les ressources en eau.
  • Rivero : Chol An, traduit par 'Nouvelle maison' ou 'maison finale'
  • Tello : Tsuts An, traduit par 'Petite Maison'

Huaca del Sol

La Huaca del Sol est une pyramide à degrés, en briques d'adobe. C'est le plus grand édifice connu des Amériques construit dans ce matériau.

L'édifice servait probablement de grand centre administratif de la civilisation Moche, pour la ville et l'ensemble du royaume. Il pouvait aussi servir de mausolée et de palais pour les rois et les personnalités importantes.

Pourquoi s'appelle-t-elle Huaca del sol ?

Huaca signifie 'lieu de culte' en Quetchua, selon la terminologie utilisée par les Incas pour définir les autres cultes que celui d'Inti, le Soleil.

Sol signifie 'soleil' en espagnol...

On pourrait donc traduire 'huaca del sol' par 'temple du Soleil d'un culte qui n'est pas celui du Soleil'. Ce qui n'a aucun sens. On remercie donc les colons espagnols du 16ème siècle qui avaient bien du mal à différencier les différentes cultures précolombiennes de la culture Inca pour cette dénomination sans queue ni tête ! Dans la pratique, cette 'huaca' n'était pas un lieu de culte. Et de toutes façons, les Moches ne vénéraient ni le dieu Soleil des Incas, ni la Lune d'ailleurs, mais plutôt le dieu Ai-Apaec, le dieu de la montagne, dit l'égorgeur, et d'autres dieux moins importants mais tout aussi antipathiques...

Architecture de la Huaca del sol

Comme la huaca de la Luna, la construction de la huaca del sol commença à l'émergence de la civilisation Moche, vers l'an 100. Sa construction n'était pas vouée à s'arrêter et tous les siècles environ, un nouvel étage était probablement ajouté, jusqu'au 8ème siècle.

L'édifice repose sur une base rectangulaire de 228 mètres sur 136 et fait 41 m de haut (18 pour la base rectangulaire et 23 pour la pyramide proprement dite). Il compte 8 niveaux (3 étages pour la base et 5 pour la pyramide).

Contrairement à la Huaca de la Luna, dont on peut visiter les ruines, la Huaca del Sol n'a pas encore été fouillée (sauf probablement par les huaqueros, les 'pilleurs de huacas' et les Espagnols à leur arrivée).

Huaca de la Luna

La Huaca de la Luna, comme la Huaca del sol, distante de 500 m, est une pyramide à degrés, en briques d'adobe, construite par les Moches.

C'était probablement le plus important lieu de culte de leur royaume et il devait aussi servir de résidence, voire de sépulture à la caste des prêtres.

Il fut aussi le site de nombreuses cérémonies, offrandes aux dieux, sacrifices d'animaux et humains. On a notamment retrouvé, dans un autel cérémoniel du dernier étage, les restes de 40 guerriers sacrifiés.

Pourquoi s'appelle-t-elle Huaca de la Luna ?

Pour les mêmes raisons absurdes que la Huaca del Sol s'appelle Huaca del Sol...

Architecture de la Huaca de la luna

Sa construction commença et s'arrêta en même temps que la Huaca del Sol, soit sur une période d'environ 600 ans.

La pyramide compte 6 niveaux, pour une hauteur totale de 21 m, avec une base de 87 m sur 60 à 80 m.

Bien que plus petite que la Huaca del Sol, elle a probablement plus à offrir aux archéologues que sa voisine, car elle a moins subi les pillages et dégradations.

On y a trouvé de nombreuses fresques mythologiques colorées sur les murs aussi bien intérieurs qu'extérieurs, avec des motifs représentant Ai-Apaec et d'autres créatures comme la divinité des montagnes, des hommes à tête de condor ou de renard, des scènes de rituels, ainsi que de nombreuses figures liées au culte de l'eau.

Le succession des différents étages et l'étalement de sa construction dans le temps est simple : tous les 100 ans environ, selon un calendrier particulier, un étage était condamné, ses accès et les différents couloirs comblés, l'ensemble était élargi, et un nouvel étage était construit par dessus, quasiment à l'identique du précédent. Seul ce dernier niveau pouvait donc être occupé.

Lors de la visite, obligatoirement guidée, on apprendra que les briques d'adobe servant à la construction étaient marquées, du sceau des familles, ateliers ou communautés voisines (128 marques différentes ont été recensées).

Cinq pigments étaient utilisés pour les nombreuses peintures murales : le noir (charbon de bois), rouge vif (hématite), bleu ciel, blanc (argile) et jaune (limonite). Certains bas-reliefs sont très bien conservés et d'autres ont été restaurés. La plupart des motifs représentent Ai-Apaec. Un dieu qui colle tout à fait à la manière dont les Moches traitaient leurs ennemis : les prisonniers étaient attachés, puis égorgés et ils buvaient leur sang...

Le petit musée

C'est en fait par là que l'on commence, avant d'effectuer la visite guidée de la huaca de la luna.

Le musée est très bien fait, présentant essentiellement des céramiques, à travers lesquelles l'histoire de la civilisation Moche nous est racontée.

Trujillo, une ville bien pratique au milieu d'une zone désertique

Trujillo est une grande ville...

A Trujillo, il y a un Mall, avec un grand magasin et une dizaine de fast-food.

A Trujillo, il y a même un 'Coney Park' avec auto-tamponneuses, air-hockey et autres jeux d'arcade.

A Trujillo, il y a 3 usines qui potentiellement peuvent remplir les bonbonnes de gaz...

Après toute la misère apparente du reste de cette région désertique, après avoir vu des gars se trimballer d'énormes fagots de bois le long de la route, à des kilomètres de la moindre habitation et là où on ne voit ni arbre ni arbuste à l'horizon, il y a Trujillo.

Il semblerait que le désert et la désolation s'arrétent à ses portes.

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Pérou - Trujillo

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