On voyage pour changer, non de lieu, mais d'idées (Hippolyte Taine)
  1. Home
  2. Fiches Pays
  3. Mexique
  4. Guanajuato
© Les-ombres

Guanajuato

Guanajuato est une ancienne ville minière, d'environ 200 000 habitants, aujourd'hui connue pour son centre historique classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO et réputée pour ses maisons colorées.

icone coodonnees 21.02, -101.26
Visité le 29/11/2015 - Mis à jour le 12/06/2020 partage facebook

Guanajuato, une ville chargée d'histoire

La découverte du gisement de Guanajuato eut lieu en 1558 et fut effectuée par des muletiers, à mi-chemin entre Mexico et Zacatecas. Cela marque le début du véritable developpement de la ville.

Mais Guanajuato fut aussi et surtout le théâtre de l'insurrection qui mena à l'indépendance du Mexique. En effet, le 15 septembre 1810, après avoir poussé les habitants de Dolores, petite ville minière à 50 km de Guanajuato, à se soulever, le prêtre Miguel Hidalgo y Costilla, les mena jusqu'aux portes de Guanajuato. C'est en reprenant le fameux Grito de Dolores : '¡Viva la Virgen de Guadalupe! ¡Viva Fernando VII! ¡Abajo el mal gobierno!', que commença le soulèvement contre le gouvernement de Joseph Bonaparte (frère de Napoléon 1er). Sous ses ordres, les habitants de Dolores, bientôt rejoints par les mineurs de Guanajuato, dont le fameux Juan José Martínez dit 'le Pipila', participent aux massacres des partisans de Joseph Bonaparte, pour la plupart nés en Espagne. C'est ensuite une 'armée' de 80 000 indépendantistes qui se constitue progressivement et part à l'assaut des autres villes de la colonie. Après plusieurs batailles qui firent de lui le généralissime des armées d'Amérique, Hidalgo  finit trahi par un proche et fusillé puis décapité par l’inquisition le 30 juillet 1811. Sa tête fut envoyée à Guanajuato, où elle resta exposée jusqu'en 1821. Mais entre temps, Hidalgo était déjà devenu un héros.

Guanajuato, le cauchemar des automobilistes

Ancienne ville minière, Guanajuato est un vrai gruyère. C'est une chose de le savoir, s'en est une autre de le vivre. Pour le coup, nous nous sommes retrouvés dans le bain dès notre arrivée, en cherchant un lieu où poser notre camping-car pour les nuits à venir. Nous voilà donc en train de parcourir la ville dans tous les sens, à la recherche du fameux 't'r'aïlair park' recommandé par plusieurs ioverlander, en enchainant les tunnels, les rues qui montent et celles qui descendent, dans la cuvette autour de laquelle Guanajuato s'est construite.

Extrait de mon carnet de voyage

"

Guanajuato est une ville à flanc de collines, anciennement grande cité minière, les galeries ont été reconverties en rues souterraines. A la surface, c'est San Francisco, sauf que les rues font la largeur du camping-car, qu'elles sont pavées, et tout sauf droites. Mais pour la pente, c'est pareil

]...[

On prend la Panoramicà, la route qui fait office de périph. Sur la carte, ça fait un joli cercle. Dans la vraie vie, ça tourne à droite, à gauche, en haut, en bas. Il faut demander tous les 500m pour être sûr qu'on est sur le bon chemin. Sans oublier le mot magique T'r'aïlair park. Pour finir, il faut prendre un sens unique à contresens (la veille, on était passé quasi devant), car sinon, le camping-car ne passe pas. Et on y est : c'est dans la Calle Subida de Barrio Nuevo

"

Guanajuato, la magnifique, vue d'en haut

C'est avant tout la raison pour laquelle on vient visiter Guanajuato. Ce sont ses murs et ses toitures colorés qui lui ont conféré sa réputation, méritée, d'être une des plus belles villes du pays.

La vue sur la colline d'en face est superbe, avec toutes ces maisons multicolores.

Plusieurs spots permettent d'observer la ville de ses hauteurs, le plus connu étant le Pipila. Si vous êtes véhiculé, d'autres points de vue valent le coup, en suivant la via Panoramicà.

Nous, nous avions le notre, un petit parking privé qui sert aussi de 'camping' (il y a une douche...). Vue sur la ville illuminée tous les soirs, et sur la ville qui se lève tous les matins !

Le centre historique de guanajuato

Le Marché Hidalgo

Un marché couvert très actif situé sur l'avenue Juarez, dans un grand bâtiment de 1910 qui ressemble à une église mais qui à l'origine devait être une gare ferroviaire ! Ideal pour un petit repas sur le pouce. Cuisine locale et traditionnelle très variée.

A voir en passant, l'horloge à quatre cadrans qui se trouve sur le toit à droite de l'entrée principale.

Les Callejones, véritable labyrinthe de petites ruelles

C'est pour moi le véritable coeur de Guanajuato, avec son icone, la fameuse Callejón del Beso, tellement étroite que l'on peut s'embrasser de balcon à balcon.

La plazuella des baratillo

Nous y avons assisté à un orchestre puis à une procession...

La place de l'Union et le jardin de la Union

Connue pour être le lieu de prédilection des Mariachis, les vendredi et samedi en début d'aprèm-midi.

Nous y avons vu un spectacle de cuivres.

Le Théâtre Juárez

Le Teatro Juárez est présent au coeur de la vie culturelle de Guanajuato depuis plus d'un siècle. De nombreux spectacles de rue s'y déroulent encore sur son parvis, ce qui en fait un lieu incontournable de la vie nocturne, en particulie lors du festival Cervantino.

A l'intérieur, on y retrouve un mélange de style néoclassique, colonial et mauresque, le tout avec une exubérance de détails et de fioritures typiques du pays.

Hommage à Frida Kalho

L'Université de Guanajuato

Selon certains, cet imposant édifice contemporain et résolument moderne s'intégre parfaitement à l'architecture coloniale espagnole. Pour d'autres, c'est juste une horreur, en décalage complet avec les maisons alentours. Là où les avis se rejoignent, c'est sur le fait que la vue sur la ville est magnifique, si l'on prend la peine d'en gravir les marches.

L'Alhóndiga de Granaditas

Il s'agit d'une ancienne halle aux blés, de style néoclassique, datant de la fin du 18ème siècle. Symbole du pouvoir central des Bourbons, elle fut le théâtre des premières scènes d'insurrections, le 28 septembre 1810, au début de la Guerre d'indépendance du Mexique, un an à peine après que sa construction fut achevée. C'est aux quatre coins du bâtiment que seront ensuite exposées, de 1811 à 1821, les 4 têtes des insurgés fusillés à Chihuahua : Miguel Hidalgo, Ignacio Allende, Juan Aldama et Mariano Jímenez. Un mausolée leur est maintenant dédié.

L'Alhóndiga fait maintenant office de musée régional de Guanajuato, après avoir été une école, une fabrique de tabac et une prison (pendant presque un siècle). L'histoire de la région est ainsi passée en revue, depuis le période préhispanique jusqu'au 20ème siècle.

La Basilique de Notre Dame de Guanajuato

La basilique de style baroque, avec ses murs jaunes, ne dénote finalement pas tant que ça avec les couleurs de Guanajuato. Construite au 17ème siècle, elle possède une statue de la Sainte Vierge en bois, cadeau de Philippe II en 1557.

La statue de Don Quichotte et Sancho Panza

Le monument hommage à Cervantes, près du Cervantes Museum

Où manger et boire un verre dans le centre-ville ?

Les deux adresses que l'on a plus appréciées :

  • Le Trucco 7, qui, comme son nom l'indique, se trouve au 7 de la rue Trucco. On y mange des enmoladas, comme leur nom l'indique presque, sont des enchiladas à la sauce Mole. Plus risqué encore, mais encore meilleur, avec de la Mole negro (soit façon Oaxaca) : la sauce noire, c'est la réduction d'une purée de poivrons avec du millet, des oignons et des bananes caramélisées, agrémenté de cacao, d'amandes et de piments.
  • Le bar Los Lobos, dans un style très rock 'dur'. Pas franchement conseillé avec des enfants, mais avec une déco qui déchire. L'entrée donne le ton : un portrait de Jim Morrison façon céramique morcelée.

Une visite guidée en minibus ?

Une fois n'est pas coutume, afin de ne pas avoir à parcourir la ville à pied dans tous les sens, nous nous sommes laissés tenter. Une fois, pas deux. Sauf si vous préférez visiter de petits magasins et que cela ne vous dérange pas de faire le reste au pas de courses, en payant tout en supplément.

Vous passerez quand même devant :

La Maison des lamentations (Casa de los Lamentos)

Une espèce de maison hantée. A priori une reconstitution assez bien montée, s'appuyant sur une légende locale. Mais vient-on à Guanajuato pour visiter une boutique des horreurs ? A l'intérieur, on verra des dioramas de rituels occultes et divers instruments de magie noire et quelques objets du quotidien au 19éme siècle, ainsi que des photographies du couple.
La légende : Dans les années 1890, après l'assassinat de sa femme Constanza, Tadeo Mejía est devient fou, pratique les sciences occultes et assassine de nombreuses personnes afin de pouvoir entrer en contact avec sa femme décédée.  Après le suicide de Tadeo Mejía, on aurait retrouvé des restes humains dans le sous-sol de la maison, ainsi que des icones sataniques

Le Musée de la Ste Inquisition et des instruments de torture (La Ex Hacienda del Cochero)

La hacienda a été utilisée au 17ème siècle comme un cachot et salle de torture pour l'Inquisition catholique. Construite en 1692, elle servit, comme beaucoup d'autres haciendas à l'époque, à l'exploitation des ressources des mines d'argent. Ce n'est qu'en 1764 que l'Hacienda del Conchero a commencé à fonctionner comme un donjon : le marquis de Raya à l'origine de sa construction, était un ami de Fernando de Miera, célèbre inquisiteur du Saint-Office. On peut encore y voir de nombreux instruments de tortures : viere de fer, rouet, chaise à clous, masque de fer, ceinture de chasteté, guillotine...

Le Musée des momies

Entre 1865 et 1958, de nombreux cadavres ont été exhumés des cimetières de Guanajuato, lorsque les familles ne pouvaient pas payer l'impôt relatif à la conservation des corps. Parmi ceux-ci, 2% avaient été naturellement momifiés, la plupart issus d'une épidémie de choléra qui a sévi en 1833. Ces corps momifiés ont été stocké dans un bâtiment et dès les années 1900, ont commencé à attirer les touristes. L'endroit a alors été transformé en un musée. Plus tard, en 1958, une loi a interdit l'exhumation des corps, mais le musée peut encore présenter les momies d'origine.

La Mina La Valenciana

Située sur les hauteurs, à 4 km au nord du centre ville, la mine de la Valenciana est la plus célèbre de la région.

Nous avons été extrèmement déçu par la visite proprement dite, via la Bocamina San Cayetano, puisque cela à juste consisté à descendre un escalier de 60m, voir un appareil à forer pour poser la dynamite et remonter. Le plus intéressant, ce sont les échanges que l'on peut avoir avec les guides, pour la plupart d'anciens mineurs. A condition de maitriser parfaitement l'espagnol.

L'Église de San Cayetano de La Valenciana

Juste à côté de la mine, se trouve l'église de San Cayetano de La Valenciana, qui, avec ses allures de cathédrale,  est considérée comme la plus belle de la région. Elle fut construite entre 1775 et 1788 sous l'initiative du propriétaire de la mine, le comte de Rul. Les façades de pierre rose sont magnifiquement travaillées et l'intérieur, dans le pur style baroque, regorge de dorures sur les nombreux piliers et baldaquins.

Le Pipila

Le tour guidé se termine avec un passage par le Pipila, proche du centre-ville, à vol d'oiseau, qui offre une vue effectivement magnifique sur la ville. Il est aussi possible (et c'est probablement plus sympa) de prendre le funiculaire pour s'y rendre.

Les rues souterraines

Le retour se fait par les rues souterraines, par lesquelle il faut vraiment passer, pour vivre cette autre facette de Guanajuato. Mais pour vraiment en profiter, autant demander à un taxi de nous y emmener.

Evènement : le Festival Internacional Cervantino (FIC)

Le festival annuel est né en 1953. Il s'appelait alors le Entremeses de Miguel de Cervantes Saaevedra et on y donnait des représentations des pièces de Cervantes en plein air. Mais c'est à partir de 1972 qu'il prit une dimension internationnale, sous l'impulsion de l'Etat, avec l'ajout de festivités plus variées. En 2011 par exemple, il comptait plus de 2800 artistes venus d'une trentaine de pays, dont de nombreux chanteurs de genre aussi variés que le classique, la country ou la techno.

En 2017, la France était l'invitée d'honneur de cette 45ème édition. Elle fut représenté par plus de 300 artistes, 30 spectacles et 20 compagnies différentes.

Au fil du temps, ce festival de rue est devenu l'un des plus importants évènements culturel du Mexique.

Il a lieu chaque année durant le mois d'Octobre, et s'étale sur 15 jours à 3 semaines.

En découvrir plus avec nos albums photos

Suivez le(s) lien(s) pour voir nos photos sur l'album Facebook (il n'est pas nécessaire d'avoir un compte)

Mexique : Guanajuato


 
Carnets de voyage
Mexique
-> infos détaillées sur le pays <-
Nous contacter : | Qui sommes-nous ?