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Tour des Amériques

Xochimilco

Se promener à bord d’une gondole sur les antiques canaux aztèques de Xochimilco.

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Visité le 12/12/2015 - Mis à jour le 01/07/2020 partage facebook

Xochimilco, qui signifie 'là où il y a le champ de fleurs' en nahuat, est un lieu très touristique. Il doit son succès aux raisons même de nom uto-astèque, son réseau de canaux et de jardins fleuris flottants, les chinampas. Dès 1910, les 1ères trajineras ont été construites à des fins touristiques et ce n'est que bien plus tard que les chinampas, vestiges d'une tradition ancestrale, ont été inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO, en 1987. En 1993, une partie de ces canaux devient une réserve biologique, qui héberge un espèce endémique d'axolotl ainsi qu'une grande colonie d'oiseaux migrateurs.

Les chinampas, ces jardins flottants cultivés par les Aztèques

Un peu d'histoire pour commencer ne fait jamais de mal... Les chinampas étaient des jardins flottants déjà cultivés par les Aztèques avant leur apogée et leur migration vers Tenochtitlan... à moins que cela ne soit l'inverse et que les jardins ne se soient développées que pour alimenter en fruits et légumes, les empereurs aztèques de Tenochtitlan. Bref, les historiens ne sont pas d'accord. Toujours est-il qu'avant cela, Xochimilco était un lac salé, et constituait, avec les autres lacs Xaltocan, Zumpango, Chalco et surtout Texcoco, un immense bassin d'environ 2000 km2. Cette transformation du lac de Xochimilco en canaux parsemés de chinampas serait l'oeuvre des tribus nahuatlacas qui auraient, pour créer les jardins, déplacé des tonnes de terre, déposées sur les racines des ahuejotes, une espèce de saule local.

Au siècle dernier, les chinampas étaient bien plus étendus et les trajineras étaient le principal moyen de transport dans la ville, jusqu'en 1908, avec l'arrivée du tramway. Avec le temps, leur surface s'est progressivement réduite, jusqu'en décembre 1986 où la zone des canaux de Xochimilco à laquelle s'ajoute celle de quelques monuments historiques, a été fixée à 90 km2. Son ajout à l'UNESCO a suivi l'année suivante.

Les embarcadères de Xochimilco

Il existe 9 embarcadères, qui partent de lieux différents mais traversent quasiement tous les mêmes canaux, à quelques petits détours près, et suivant la durée du tour, pouvant aller d'une heure à la journée.

Les deux principaux, l'Embarcadero Nativitas et l'Embarcadero Cuemanco, restent néanmoins très différents.

Embarcadero Nativitas

C'est celui d'où nous avons embarqué. Tous les jours, des dizaines de trajineras sont prêtes à recevoir touristes étrangers mais aussi de nombreux touristes du pays et habitants de la région, venus le temps d'une journée y fêter un anniversaire ou y faire une demande en mariage.

Embarcadero Cuemanco

Il est moins fréquenté, car il se trouve à la limite de la zone écologique. Les canaux y sont plus calmes et plus propres.

L'ambiance y est moins festive mais c'est l'occasion, durant une promenade de 4 heures, de découvrir plus tranquillement la flore et la faune des jardins. C'est en particulier l'occasion d'observer les axolotls noirs, endémiques de la région,  en milieu sauvage.

Parcourir les canaux de Xochimilco en trajinera

Très touristique mais néanmoins pittoresque, les trajineras sont de très grandes barques dirigées par une espèce de gondolier. Ces lanchas, qui ont la particularité de toutes possèder un prénom féminin, avec une table centrale et une dizaine de chaises de chaque côté.

Les mexicains y passent souvent la journée en famille. D'autres barques, plus petites, servent au ravitaillement ou au divertissement. Dans certaines, on y fait la cuisine. On te laisse assiettes et couverts, qui sont récupérés au retour. Il y a les barques de vendeurs ambulants de souvenirs, celles des mariachis etc. Et puis aussi, minoritaires, celles de ceux qui vivent vraiment dans les îlots.

Parcourir les canaux de Xochimilco, c'est passer un moment de détente, en général en famille, à regarder les jardins, écouter de la musique, comme celles des mariachis que l'on paye à la chanson ou à la minute, manger un pique-nique ou héler le cuistot itinérant. C'est aussi toujours une manière de faire ses courses, en fruits et légumes, en direct du producteur, ou d'acheter quantité de graines variées, pour son propre jardin.

Le musée des axolotls, au milieu des canaux

Le musée est une maisonnette. Enfin, plutôt juste quatre murs, soit une pièce d'environ 4m x 12m, avec des vivariums.

Le jeune qui nous présente les divers reptiles connaît bien son sujet. On y découvre les serpents du coin (couleuvre, vipère) et d'autres (boa, python), des batraciens, dont une grenouille blanche d'Asie faisant parti d'une des dix espèces de grenouille les plus menacées (ai-je bien compris ?), des poissons préhistoriques, une salamandre (en français, on dirait un basilique) et bien sûr, l'axolotl. Le plus connu, blanc avec des espèces de branchies rouges est albinos. On ne le trouve que rarement à l'état sauvage et il est le plus souvent issu d'élevage.

Dans la nature, il est en général noir ou brun tacheté. Il s'agit d'une espèce d'amphibien endémique de la région et en danger critique d'extinction depuis 2006.

Nous avons aussi pu assister au sifflement d'un boa qui n'aime pas être caressé après avoir mangé un lapin. Les enfants ont pu caresser un iguane et on a appris plein de trucs. Ce jeune passionné touchait vraiment sa bille. A un moment, on ne comprenait pas le nom d'une espèce en espagnol. Il ne pouvait nous la dire en anglais, mais il connaissait le nom latin !

Isla de Las Muñecas - Le chinampa aux poupées

Pendant plus de 50 ans, Julián Santana Barrera a collectionné des poupées trouvées dans les poubellles et le long des canaux ou offertes par les habitants.

Il les exposait ensuite sur les branches des arbres de son jardin, en hommage à une jeune fille découverte morte noyée à cet endroit au milieu du 20ème siècle et dont le souvenir le hantait.

Le collectionneur a lui même été retrouvé noyé au bord de la chinampa en 2001.

Les fêtes de Xochimilco, c'est tous les jours de l'année

Il parait que Xochimilco est le seul endroit au monde à avoir des fêtes pour les 365 jours de l'année. Un dicton dit même qu'il y a plus de fêtes que de jours de l'année ! On trouve ainsi la fête de la fleur la plus belle de l'ejido, celle de la joie et des olives, celle de la neige, celle du maïs et de la tortilla, du sucre cristallisé, du lapin etc, sans oublier celles des saints de chacun de ses 18 quartiers.

Nous avons été particulièrement gâtés, puisque la nuit où nous avons dormi sur le parking de l'embarcadère Nuevo Nativitas, c'était la veille de la fête de la vierge de Guadalupe.

Une nuit de dingue. C'était visiblement le lieu où faire la fête. Les différents spots de musique ont rendu les armes... à l'aube. Les sirènes des ambulances n'ont cessé que lorsque ceux qui n'avaient pas fait de coma éthylique s'étaient mis à roupiller tranquillement. Après une petite accalmie de 6h30 à 7h30, un lève-tôt a poussé la chansonnette au micro.... Il s'agissait en fait d'un prêtre qui donnait la messe en plein air !

Et bien sûr, en 24/24, à chaque instant du jour ou de la nuit, des pétards (de très gros) et des fusées d'artifice.

C'est ça le Mexique !

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Mexique : Xochimilco


 
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