Probablement quelque chose comme 221 dodos avant le prochain voyage...
USA - L'Ouest américain
Les-ombres
Carnet de voyage

USA - L'Ouest américain

Traversée de 5 Etats : Texas, Nouveau-Mexique, Arizona, Utah, Californie et Nevada. Des cowboys de Fort Worth à la Vallée de la Mort, en passant par la Route 66, Monument Valley, Antelope Canyon, le Grand Canyon, Las Vegas, la Californie avec San-Francisco et Los Angeles etc... Un mois et demi, c'était finalement bien peu !

27/09/2016 - Mis à jour le 23/11/2019 partage facebook

Mardi 6 octobre

Petit déj au cc et nous voilà au Texas. 'Welcome to Texas'. La 1ère aire texane ne fait pas dump station, mais celle d'entrée en Louisiane, de l'autre côté de l'autoroute le fait ; on prend la 1ère sortie et on y va. Merci la Louisiane, avec ses aires de services gratuites et le café offert dans les visitors center d'autoroute !

Welcome to Texas again ! On s'arrête quand même sur cette aire pour prendre le fascicule des motels, avec coupons de réduction. J'en profite pour piocher quelques dépliants de trucs à visiter, et là, je tombe sur une série de sculptures à Abilène consacrées à la littérature pour enfants. C'est comme ça que j'apprends que Dr Théodor Seuss Geisel est un auteur-illustrateur et qu'il a pas seulement fait des trucs qu'on connait pas, comme The Cat in the Hat, mais aussi l'éléphant Horton (courrez voir le D.A. si c'est pas déjà fait), Le Grinch, Le Lorax (courez aussi). D'autres sculptures, dont celles de E. Aster Bunnymund, St Nicholas (ici c'est Santa Claus), Jack Frost, Le Marchand de sable, toutes d'après les illustrations de William Joyce, ont l'air sympa. Les mêmes têtes que dans le DA 'Les 5 Légendes'. Et puis, une qui a l'air magnifique : 'Toothiana : Queen of the Tooth Fairy Armies'. Oh, c'est la fée des dents, le 5ème élément qui me faisait défaut !

Abilène est sur notre route... tout dépend de l'heure où on passera...

Pendant que j'écris, Karine conduit, Oriana est passée devant et fait un devoir de SVT (chronométré en 90 min max), Eliott lit les consignes de maths à Kyra et Kyra fait ses exos (on tente un nouveau concept d'enseignement !). Pause à 16h pour manger un peu galère car même la Bank of America ne veut plus nous donner de sous. Un souci avec le seuil de débit en 7 jours glissants. Tout à coup, on se rappelle qu'on a une autre carte et là, ça passe...

18h30 Un panneau annonce 86°F. Il fait beau et chaud, mais pas trop.

21h30 Repas dans un truck store en banlieue est de Dallas. On contourne ensuite la ville, qui de nuit ne paraît pas très accueillante et on se pointe à Fort Worth. Et là, surprise, le Walmart affiche des panneaux 'No truck no RV' partout... On fait le point sur le parking du McDo pas très loin. Il est 0h30. Les enfants sont couchés. Sur internet, ce W. est censé être ok, contrairement aux autres du coin. On y retourne. La police patrouille et semble relever les plaques. Pas glop ! Je vais demander à un manager : c'est ok si on reste moins de 24h. Glop ! Glop !

Mercredi 7

11h30 Défilé de vaches Longhorn dans les rues de la ville. Juste une quinzaine de vaches, mais vu la taille des cornes, ça compte double ou triple. Les mecs, ils font ça deux fois par jour, tous les jours, pour les touristes. Et sinon, il y a aussi un vrai marché au bétail. On y reste pour manger, dans une cantine/resto texane. De vrais bons ribs. Autour de nous, des touristes, mais aussi des locaux, chapeau, chemise, ceinture et bottes aux éperons compris. Entre les diverses boutiques souvenirs, un vrai magasin pour cowboys et compétiteurs de rodéo. Des selles à 2000$, des selles d'occaz à 300$, des bottes, des tonnes d'éperons, des lassos...

On the road entre Dallas et Amarillo. On longe la frontière avec l'Oklahoma. On ne passera donc pas par Abilène... Changement de décor : des plaines vierges à perte de vue. Un premier cactus.

Une série de puits de pétrole. Les mêmes qu'en Seine et Marne, mais en beaucoup plus nombreux !

Côté musique, un peu de Mozart Opéra Rock. Un peu de Queen - je débranche mes oreilles pendant que Karine se fait plaisir -. Un peu de Ridan. Je boutique un peu sur les prochains états. Après le Texas, on quitte le Petit Futé - sans regret - et on se remet sur un Routard, le 'Parcs nationaux de l'Ouest Américain'. Il va falloir choisir entre le nord du Nouveau-Mexique et le Sud du Colorado. Côté N-M, c'est vite réglé, les coins qui auraient pu nous brancher sont au sud. Le Colorado, il a son nom pour lui, son histoire avec Butch Cassidy et le kid, ses villes fantômes, sa marie-jeanne en vente récréative depuis 2014 (euh, je l'ai vraiment dit ou je l'ai juste pensé tout fort ?) Tout dépendra de la route pour la suite. L'objectif étant le sud de l'Utah, si possible en passant par Fourth Corners pour le fun.

22h15 Childress. Habituellement, on est le seul RV à dormir sur un parking de W. Parfois, il y en a un autre, parfois une cabine de camion. Ici, la zone 'RV & Trucks' est fléchée... mais pas respectée. Il y en a partout. Au moins une trentaine de camions, 5 ou 6 RVs. Une ville de 6000 habitants, entre nulle part et nulle part...

Jeudi 8

Stop à Amarillo. Après maintes recherches et essais pour trouver un motel avec piscine, afin de fêter dignement les 6 ans de Kyra, on finit dans un hôtel à 120$ la nuit. Avec piscine intérieure. Hormis le fait que l'eau soit glacée, on y est très bien. Karine cuisine dans le cc. Pâte à la carbonara (Merci Milie pour la crème qui va bien aux US) et gâteau au chocolat. Mesures au feeling car on retrouve plus notre balance. Au final, tout était très bon. Kyra a été comblée de cadeaux et on a passé une merveilleuse soirée.

Vendredi 9

Puisqu'on croise la 66, je cherche un peu s'il y a pas un lieu un peu spécial dans le coin. Genre en rapport avec Radiator Springs de Cars et là, miracle : ici même, à Amarillo, se trouve le Cadillac Ranch. 'L'œuvre d'art' qui a inspiré les formes de Cadillac dans les montagnes, là où Flash Mc Queen fait la course avec Doc ! Par contre, on voulait voir un rodéo et il devait y en avoir un 'miniature' (compet pour enfants et ados) mais il semble que le site où j'avais trouvé l'info se soit trompé dans les dates.

Nous voilà devant les cadillacs à demi enfouies dans le sol, en plein milieu du champ. La terre est jonchée de cadavres de bombes de peinture, peinture qui elle est maintenant sur les cadavres de voiture. Les gens, entre potes, couples ou famille, viennent avec leurs bombes et chacun y va de son 'I was here'. La couche de peinture est incroyablement épaisse sur les carcasses. Extra, un mec, le papa d'une ribambelle de gamins, propose sa bombe à Oriana. Et hop, un petit 'TDM' en guise de paraphe. Ce qui est cool, c'est que dans une semaine, au rythme où ça peinturlure, les cadillacs seront tout autre.

Petit passage rapide à Adrian, le point central de la 66 et l'on quitte déjà le Texas. Un regret : ne pas avoir vu de tatou, sauf en carte postale ou... écrasé sur la route.

Petite pause-café au McDo au Nouveau-Mexique (finalement, on a pris le chemin le plus direct). McDo superbement décoré, avec une fresque peinte de la 66 road et du désert... On reprend la route et c'est le même paysage en vrai. Magnifique. J'adore. De l'herbe jaune, des buissons et des collines rocheuses par ci par là.

On finit à Albuquerque sur un W. marqué No truck mais qui en est blindé ! Plusieurs Rv aussi : Caroline Sud, Dakota, Pennsylvanie, Californie... Oriana et moi sommes pris d'un fou monstrueux quand Karine entame son rituel de stationnement pour la nuit ! Ici... Non, plutôt ici... Ça serait pas mal là... Flûte, je ne me suis pas mise avec la porte dans le bon sens. Elle tourne et tourne une minute avant de trouver la place idéale (qui ressemble à s'y méprendre à toutes les autres) et doit s'y reprendre à trois fois pour être dans le bon sens (bin oui, si on fait un 8 parfait, on se retrouve au même point dans le même sens). Karine a gardé ce réflexe atavique qu'ont les animaux (notre chienne en particulier) de faire plusieurs tours sur soi-même avant de se coucher... Nouvelle crise de rire à cette évocation.

Samedi 10

Au fait, hier, on a traversé le Rio Grande ! Le paysage est magnifique. Prendre des photos en roulant, ce n’est pas top, mais c'est plus fort que moi, c'est trop beau !

15h Pause-café au McDo à Gallup. Ça peut avoir son importance, au Nouveau-Mexique, les McDo ont des aires de jeux, contrairement à tous les autres états traversés. En sortant, des chiens de prairie batifolent, pas du tout intimidés par le train long de plus d'un kilomètre qui passe juste à côté.

Bientôt l'Arizona. Au Nouveau-Mexique, on avait gagné une heure sur les fuseaux. Pour l'Arizona, on ne sait pas si on est déjà à l'heure d'hiver (calée sur le Nouveau-Mexique) ou encore à l'heure d'été (calée sur la Californie). Et toujours, immuable depuis le Texas, la 66 à dix mètres sur notre droite. Pour la bande son, c'est Ridan. Rien à voir avec le décor, mais on aime !

16h30 On entre dans le Petrified Forest National Park. Pour notre 1er N.P., calcul fait, on prend le pass annuel et chouette, on a effectivement gagné une heure (qu'on reperdra en Utah et dans la réserve Navajo (faisant partie de l'Arizona, mais à l'heure de l'Utah...) 15h30 donc !

Ok, faut pas s'enflammer, ça ne fait que 10 minutes qu'on est dans notre premier parc national, mais purée ! Oh my God ! C'est trop beau !!!

On a vu notre premier serpent à sonnette en liberté sur la route. On aurait pu l'observer longtemps sans crainte : il y avait gravé Michelin au milieu de son corps... Mais le bout de sa queue était encore joli...

Quand on pense qu'il fut un temps où des hommes traversaient ces contrées en chariot. Pas de route. Vaguement le lit d'une rivière asséchée.

On coupe le tracé de la 66. Ici, il n'en reste rien, à part une rangée de poteaux électriques.

18h On a traversé la moitié du parc. Le nord, Painted Desert. Le Sud et les ballades à pieds, pour voir la forêt pétrifiée, ça sera pour demain, car c'est l'heure de la fermeture. On poursuit vers la sortie sud, mais sans s'arrêter. Juste un peu, pour photographier le coucher de soleil !

On s'arrête juste à la sortie, à côté de deux autres RVs et d'une tente de campeurs. Notre 1er arrêt qui ne soit pas sur un camping de supermarché et à plusieurs dizaines de km d'une ville et d'un McDo depuis un mois et demi !

Dimanche 11

Bien content d'avoir les couettes cette nuit. Beau temps et agréable chaleur dans la journée, mais la nuit, ça caille !

Argh ! C'était le matin parfait pour ressortir le gruau au petit déj, sauf que ça fait belle lurette qu'on achète plus de lait, qui tourne en deux secondes. Tant pis, qu'on me donne un gruau à l'eau.

9h45 On reprend la route du Petrified Forest N.P., du sud au nord cette fois. Un peu de Monmix. 'Ailleurs s'éveille', ça le fait bien !

Bon, ne faites pas comme nous, à aller imaginer qu'une forêt pétrifiée, c'est plein d'arbres debout transformés en pierre... La transformation en pierre s'est faite lorsque les arbres morts sont tombés, dans la région à l'époque marécageuse, et que la silice s'y est infiltrée. Des millénaires plus tard, l'érosion a fait apparaître ces troncs, qui se cassent en différents tronçons au fur et à mesure qu'ils tombent des montagnes. Rien à voir donc avec notre vision candide du bidule, mais impressionnant tout de même. Et les couleurs de ce qui fut un tronc et qui est devenu de la pierre sont vraiment mortelles.

146 wagons, deux locos devant et deux derrière. Vu qu'un train passait juste devant, j'en ai profité pour compter, car ça faisait plusieurs jours que je me posais la question.

On enchaîne par de la route pour être ready pour Monument Valley demain. 3h de nationale en fermant les yeux devant les panneaux de limitation, pour arriver à 20h au McDo de Kayenta. 3h de route sans voir un seul McDo, ni rien d'autre d'ailleurs, à part deux points sur la carte avec un nom, mais qui dans la réalité ne correspondaient qu'à un carrefour et une station essence. D'ailleurs, le McDo de Kayenta, ils commencent à l'annoncer par panneau publicitaire 150km avant !!!

Lundi 12

Nous voilà devant l'entrée de Monument Valley. Les indiens navajos nous déconseillent à trois reprises d'y aller en cc. Il s'agit d'une piste de terre rouge d'une trentaine de km, recouverte d'une épaisse couche de poussière sablonneuse... Ils nous suggèrent évidemment de prendre un tour guidé. Je discute avec un couple de jeunes français qui se tâtent eux aussi, avec leur Mustang de location. Nous, on a pas le problème de la garde basse, mais un éventuel risque d'ensablement. On tente. Karine s'en sort à merveille, mais soulagée de retrouver ensuite le bon vieux asphalte pourri des states. Content d'avoir pu le faire à notre rythme, avec les arrêts photos quand on le voulait. C'est tout simplement hallucinant de se retrouver dans l'univers de John Wayne (C'est après qu'un gars du cru eut poireauté dans le bureau de John Ford pendant 3 jours pour lui montrer des photos que ce dernier décida d'y tourner les pluparts de ses prochains westerns). Les quatre autres zigottos se moquent de moi parce que j'ai le doigt sur la gâchette de l'appareil photo en permanence. Il paraît que dès que je vois un caillou rouge, je mitraille...

Mardi 13

Une région riche en touristes français. Cette nuit, sur le W., deux cc immatriculés de Savoie. Deux couples qui font un périple d'un an en Amérique du Nord. Au McDo, un couple qui vient tous les ans en Arizona. Echanges de lieux à voir. Bons plans pour les vidanges (il paraît qu'on peut les faire et faire le plein d'eau dans la plupart des stations essence Chevron). Et chacun s'apprête à reprendre sa route. A noter tout de même, on est pas les seuls à faire sécher notre linge à la fenêtre du cc. Foutus français !

Sur le bord de la route vers Antelope Canyon, Karine voit un coyote. Forcément, vu que c'est sur le bord de la route, je rentre pas dans les détails peu ragoûtants.

Un peu plus d'une heure de traversée dans le Lower Antelope Canyon. Je renonce à le décrire en mots, les photos le feront mieux que moi. J'ai quand même été impressionné par la longueur de ce canyon, entièrement praticable à pied, sur un espace au sol allant de 10 cm à 3 m. Par contre, à cette époque, c'est blindé de touristes français. Pour le coup, j'ai trouvé qu'on était trop !

Nous sommes aussi allés au Horseshoe Bend, avec une vue plongeante sur le Colorado. Trop plongeante pour moi d'ailleurs. Au début, pas de souci, tant que je tenais les enfants. Puis j'ai commencé à attraper la flippe à voir les autres gens s'approcher, au point où j'ai fini par avoir du mal à laisser Karine s'approcher avec les enfants, voire, à la fin, je ne pouvais même plus m'approcher à nouveau seul. Sans aucune sécurité, c'est quand même quelque chose.

On finit la journée au Lake Powell. On y croise un lapin à grande oreille pas farouche mais on rate la superbe photo du coucher de soleil parce que je suis en train de remplir le réservoir d'eau et que personne ne sort l'appareil. Grrrr. Une fois le soleil trop bas, ça devient tout moche. Le temps de descendre jusqu'à la plage, il fait nuit quand on remonte.

Mercredi 14

On a passé une seconde nuit à Page. On a décidé de s'ajouter un petit passage à Tuba City, où il y a un musée navajo. Parce qu'à force, on allait se retrouver à quitter les states sans connaitre grand-chose de l'histoire des amérindiens. Au final, il semblerait que la culture des différentes tribus amérindiennes soit plus exposée au Canada. Ici, on est au cœur de la réserve navajo, le plus grand peuple d'indien d'Amérique et on a du mal à trouver autre chose qu'un magasin de souvenirs déguisé en pseudo-musée.

J'ai entendu beaucoup de critiques à propos des Navajos depuis trois jours. 'Pas souriants', 'pas serviables comme les américains'... Bizarre, moi je me suis senti bien, et au contraire, j'ai trouvé les serveurs du McDo plutôt souriants ! Et, pour une fois, je les comprenais et réciproquement ! On parle américain tout pareil ! ! J’ai par contre été surpris par leur gestion commerciale. Sur tous les produits (nourriture, essence...), il y a la taxe navajo. L'artisanat est hors de prix (une couverture polaire industrielle avec des motifs navajos à 90$)... La taxe à l'entrée de la route pour Antelope Canyon à 8$ par personne, route qui ne donne que sur le parking des deux sociétés qui gèrent les visites du canyon. Ça m'aurait moins étonné de voir le prix de la visite majoré de 8$, que d'avoir à payer différents péages... En même temps, je réalise que c'est pas si différent que de payer le parking d'Eurodisney... On peut aussi se demander où va l'argent. Pour Antelope, par exemple, c'est 20$+8$ par personne. 20 personnes par groupe. Un groupe qui part toutes les 20 min pour chacune des deux sociétés. Minimum 6h par jour, tous les jours de l'année. Ca fait pas mal de zéro. Et les maisons, dans le coin, c'est toit de taule ou caravane. Pourtant, Antelope est géré par les Navajos; le pass annuel n'est par exemple par accepté. Ça m'intrigue.

Le petit musée de Tuba City est plutôt pas mal. Assez bordélique, mais intéressant. Personnellement, j'ai trouvé qu'il y avait quand même beaucoup de texte et peu d'objets ou illustrations, mais quand Karine m'a listé tout ce qu'on y avait vu, au final, il y a le compte. Ça part par contre dans tous les sens (sauf le parcours de la visite qui reprend le sens de construction (?) ou de protection par le shaman du hogan (hutte)). En vrac : un petit film d'animation sur les croyances des origines des Navajos. Ou plutôt, des Dinés, puisque c'est ainsi qu'ils se nomment eux-mêmes. Le premier monde, noir, avec les premiers hommes et des insectes. Mais ils commencent à se marcher dessus et se disputer. Heureusement, ils trouvent le portail vers le second monde, bleu, avec les canidés, félins et d'autres insectes. Ici, hommes et femmes de chaque espèce se disputent. Chacun part vivre d'un côté du fleuve. Les femmes cultivent, les hommes chassent, mais ils finissent par réaliser qu'ils peuvent vivre séparés. Let's go to the 3rd world, jaune. Là, j'ai un trou de mémoire, mais il y avait d'autres animaux. Et enfin le 4ème, celui dans lequel on vit. Je poursuis ma visite en vrac (je crois que je suis encore plus bordélique que ne l'était le musée) : les différents styles picturaux et de tissage des différentes tribus diné, l'élevage de moutons. Les nombreux conflits : contre les conquistadors espagnols puis les mexicains, contre les américains, les français, les autres tribus qui s'alliaient toujours à l'un ou l'autre et étaient approvisionnées en fusils. La grande déportation après la guerre de sécession, sous la domination de Kit Carson. Je crois qu'il s'agit de la route de larmes, qu'Eliott connaissait déjà grâce à la lecture d'un livre à la maison. La délocalisation dans les villes jusqu'à il y a encore quelques années et le récit d'irréductibles qui refusent toujours de bouger et vivent de rien au milieu de nulle part.

18h On s'arrête à Desert View, Grand Canyon, pour y dormir.

21h Observer le ciel sans aucune pollution lumineuse, entièrement dégagé. Impressionnant.

Jeudi 15

6h Se lever naturellement 10 minutes avant le soleil et le regarder pendant 1h30 éclairer progressivement le canyon et le Colorado. Checked.

On roule de point de vue en point de vue vers Grand Canyon Village.

Arrêt au tout petit musée au point de vue 'Tusayan'. Très intéressantes vitrines qui retracent le quotidien des tribus qui vivaient et vivent encore sur les rives. Pueblo essentiellement, mais aussi d'autres comme les Hopis et les Dinés. Eliott et Kyra ont eu un petit cheval (?) tressé par la ranger qui l'a fait devant eu, à la manière pueblo. A l'extérieur, les ruines d'une construction pueblo, comme on avait déjà vu à la Petrified Forest.

A chaque arrêt, un petit panneau culturel. Le premier européen à avoir découvert le Grand Canyon ? Francisco Vásquez de Coronado. Ou plutôt le capitaine espagnol Don García López de Cárdenas, que Coronado avait envoyé en expédition. Partis en 1540, du Mexique, avec 300 hommes, 300 indiens alliés et un millier d'esclaves, ils rentreront deux ans plus tard sans avoir trouvé les Cités d'Or et avec seulement une centaine d'hommes...

A Grand Canyon Village, nous descendons la Bright Angel Trailhead sur quelques centaines de mètres. Karine et Kyra font demi-tour au bout d'une vingtaine de minutes et je continue avec Eliott et Oriana, jusqu'à la 2ème 'arche', avant de remonter. Au final, la remontée ne nous prendra qu'une demi-heure, alors qu'on avait estimé le double de temps par rapport à la descente. Flûte, on avait le temps de continuer bien plus loin avant la tombée de la nuit...

Une fois de retour, une dizaine de cerfs nous ignorent, à quelques mètres de nous.

Lorsque nous prenons la route, de nuit, nous en croisons d'autres, qui n'hésitent pas à traverser. Des images de la Laponie nous reviennent en tête...

Vendredi 16

Douane californienne !!! C'est la première fois qu'on passe une douane entre deux états américains. 'Where'r u come from ?' demande la douanière à Karine. Grand moment de solitude de Karine qui hésite entre fournir une liste à la Prévert ou sortir un nom de son chapeau. La femme suggère 'Grand Canyon'. Parfait, vu que c'était notre précédente étape.

Ludlow. Désert de Mojave. 2 Stations essence et un motel, sur la route 66. On s'y arrête pour faire le plein quand on aperçoit un mec perché sur un vélo avec la selle plus haute que notre cc. Il est à la limite de pouvoir passer le pont de 15 Ft qui sépare les deux stations essences, mais il se fait un plaisir de le faire plusieurs fois. Encore une photo de raté à cause d'un remplissage de réservoir ! Une question : comment fait-on pour monter ou descendre de cet engin ?

Extrait du Lonely Planet de Californie : 'si vous êtes attiré par les endroits sauvages au milieu de nulle part, vous adorerez la Mojave National Preserve où se mêlent dunes, arbres de Josué et cônes de cendres volcaniques'. Sont sensés y vivre mouflons d'Amérique, tortues du désert, lièvres et coyotes, mais on s'arrête pas pour les chercher.

Par contre, je me suis encore amusé à compter les wagons d'un train, puisque qu'on longeait la voie ferrée, c'était facile : 145 wagons + 5 locos à l'avant. Record battu !

Samedi 17

Nuit au Walmart de Palmdale à côté de Lancaster, à côté de Los Angeles. On a repéré une boite à copie pas loin, mais elle est fermée quand on arrive, contrairement aux horaires annoncés sur le net. Coup de bol, à côté, il y a une espèce de menuiserie où, quand je raconte nos malheurs, propose qu'on utilise son imprimante pour éditer nos billets pour le rodéo de ce soir. C'est la grande finale californienne, raison pour laquelle on a dérogé à la règle et réservé quelque chose via le net, et surtout pour laquelle on a modifié notre itinéraire initial.

16h On a mangé, on est sur le parking du rodéo et la compet commence à 19h. Waouh, on a 3 heures devant nous ! Karine instaure une sieste pour tout le monde, mais finalement, on est deux à être exemptés : Oriana, quand elle annonce qu'elle pourrait faire un peu de devoir et un peu de DS (bizarrement, elle commence par la seconde option) et moi, parce qu'à midi, j'ai bu la canette de 'Monster' qu'on m'avait offert au grand prix de 3 rivières. Ça remonte !

Ce matin, en attendant les autres, j'ai écrit une première version de chanson pour Monmix, suite à la suggestion de Benoît, notre 1er gagnant de cartes postales : Monmix accepte le défi de la mise en musique à condition d'avoir une 1ère trame de texte. Attention, il y aura même peut-être deux textes, parce qu'on compte faire un atelier d'écriture avec les enfants pour offrir une 2ème version !

Le rodéo, ça déchire : 7 épreuves différents et des interludes entre chacune. Qui des 5 ou 6 équipes montera en premier sur son cheval, qui restera le plus longtemps sur la selle, qui attrapera un veau et attachera ces 4 pattes le plus vite, qui attrapera une vache et mettra ses cornes au sol et au final qui restera le plus longtemps sur un taureau (avec deux blessés quand même sur cette épreuve...) Bon, j'en ai oublié alors en anglais, ca donne : Bareback riding, tie down roping, steer wrestling, saddle bronc riding, team roping, barrel racing et bull riding. En termes d'interlude, des cowgirls qui jouent aux indiens et montent à cru, descendent et remontent en marche de leur cheval et autres cabrioles, font des tours de piste debout et aussi des démonstrations de lasso. Un grand moment !

Dimanche 18

Après un petit Skype familial, on descend vers San Diego. L'autoroute L.A. / S.D est extrêmement encombrée, on roule souvent au pas...

16h49 Karine a vu la mer en premier. C'est pas juste, c'était la seule d'entre nous qui avait déjà vu l'océan pacifique, voilà qu'elle vole à nouveau la vedette.

On se pose sur un W. annoncé comme refusant les cc sur le net, mais finalement, la sécurité nous autorise à rester en bout de parking. Thanks !

Lundi 19

C'est parti pour le fameux zoo de San Diego, de 9h à 18h. Il est effectivement très grand. L'agencement est extrêmement fouilli, avec des chemins dans tous les sens. On est obligé de passer plusieurs fois aux mêmes endroits si l'on veut vraiment tout voir. Par contre, le cadre est très agréable. Il y a de nombreuses variétés d'arbres et de plantes. De grandes allées, des petits chemins qui montent et descendent, des passerelles et... si peu de monde. On y découvre à nouveau des espèces qu'on avait jamais vues ailleurs : un pangolin (certes, roulé en boule, mais on distinguait bien les écailles si particulières), une espèce de cochon avec 4 défenses, des capibaras, deux colibris en liberté (échappés de la volière de colibris qu'on est pas allé voir ?), des hippopotames nains... Et aussi des tranches de vie très touchantes, comme un petit orang-outang qui voulait s'éloigner d'un adulte et lui mettait la main sur les yeux pour pouvoir s'éclipser; comme un bébé hippo tétant sa mère sous l'eau, comme un bébé bonobo se faisant épouiller par une jeune femelle, jusqu'à ce que sa mère s'énerve et lui explique que son bébé n'est pas une poupée; comme un singe qui tente de s'approprier le poisson jeté à la loutre et qui se fait remettre à sa place par cette dernière; comme un très vieux capucin ayant depuis longtemps acquis le titre de vénérable (47 ans là où en liberté, l'espérance est plutôt d'une vingtaine d'année) : presque plus de poils, tout rabougris, avec un facies très humain et l'air plutôt triste; on a vu un plus jeune lui faire un petit câlin en passant.

Bien sûr, on n'a pas échappé aux boutiques de peluches : un paresseux pour Eliott, un petit koala pour Kyra et un panda roux pour Oriana. Cela faisait des années qu'Oriana cherchait un panda roux qui soit de la bonne couleur, bonne texture, doux et pas rigide, pas trop grand et avec une bonne bouille. Checked ! En plus, pas trop dur pour le portemonnaie, d'autant que pour les deux plus jeunes, l'entrée était gratuite en octobre (merci la folie d'Halloween !)

Mardi 20

Journée Seaworld de 10 à 17h (au passage, c'est aussi gratuit en octobre pour les enfants). On décide de ne pas faire les manèges et de se concentrer sur les animaux et leurs shows. Encore une fois, il n'y a quasiment personne. On commence par se faire nettoyer les doigts par de petits poissons dans de petits bassins. Puis on caresse des requins dans le bassin d'à côté, des petits requins léopards. Puis des raies requins. Les enfants ont la joie de toucher une anémone de mer pour la 1ère fois (c'est là qu'on réalise qu'ils ont manqué de vacances en Bretagne !!!) Petit passage dans l'univers des 5 espèces de pingouins, dernière la vitre d'un grand bâtiment où ils vivent dans les mêmes conditions de température que dans leur habitat naturel. Brrrrr!

On passe ensuite sur de plus grands volumes. Bélugas où une jeune fille et sa mère s'offre un cours avec les soigneurs dans le bassin. Oriana avait très envie de 'nager avec les dauphins' et on avait beaucoup hésité, puis renoncé devant les critiques sur le bien-être des animaux marins dans ces situations. Au final, à voir comment ça se passe là, ça a l'air plutôt bien fait. Pour l'animal en tout cas, ça ne doit pas être très différent qu'une séance d'entrainement avec le soigneur.

Après les bélugas, passage par l'aquarium des tortues, des grandes raies, des requins (avec un tunnel plutôt sympa), observation des orques puis spectacle, puis spectacle des dauphins. On termine par le bassin des dauphins à 17h. Il n'y a quasiment plus personne. Les dauphins font des cabrioles à leurs soigneurs qui leur donnent des poissons avant de partir. Les dauphins font des tours le long de leur bassin et se rapprochent au plus près quand un humain se trouve au bord, laissant négligemment trainer son bras dans l'eau... Un dauphin l'effleure avant qu'un soigneur ne demande à l'homme de retirer son bras. Oups ! Désolé, je le referai plus ;-) !

On est gentiment repoussé vers la sortie, mais on profite encore jusqu'à 17h30 des derniers soins donnés à deux orques, ainsi qu'à une répétition pour les shows qu'un soigneur fait aimablement juste devant les derniers récalcitrants au départ.

18h Echanges de SMS et tél avec Eric (mon cousin qui vit à San Diego) : chouette, on mange avec Kamille et lui ce soir !

Soirée très sympa à discuter, même si le resto mexicain qui avait de bonnes critiques sur le net s'est transformé en pizza en face car il ne faisait qu'à emporter !

Mercredi 21

Cc décoré pour le réveil d'Oriana, pour son anniv, comme on l'avait fait pour celui de Kyra. Mais cette fois, ce n'est pas un motel que l'on cherche ce matin, mais un garage, car on s'est aperçu hier que les pneus avant avaient dépassés leur temps.

Après-midi un peu galère donc, dans la banlieue de San Diego, pour trouver un garage capable de fournir des pneus pour RV. On finit par en trouver un qui peut en faire venir de L.A. et les monter demain à 10h.

C'est parfait puisqu'entretemps, Eric nous a proposé de manger à nouveau ensemble ! On passe la fin d'aprèm à la plage de Mission Beach et on retrouve ensuite Kamille et Eric. Dans un bon resto mexicain avec service à table cette fois ! Et quel service : Le serveur le plus sympa qu'on a croisé depuis qu'on est aux states. Ce fut aussi l'occasion pour Oriana de pratiquer un peu l'espagnol avec lui. Laborieux d'ailleurs car les mots lui venaient en anglais. Quant aux différents plats : ils étaient tous excellents ! Par contre, je n'ai pas retenu leurs noms, du coup, je vais pas pouvoir redemander la même chose lorsqu'on sera au Mexique. Ensuite, nous sommes tous allés dans un truc genre salon de thé, où ils ne servent que des gâteaux, spécialement pour l'anniversaire d'Oriana, qui a en plus eu plein de cadeaux de Kamille et Eric.

Jeudi 22

N'importe quoi ! En allant chercher les pneus, un mec qui roulait à côté de nous se signe quand je croise son regard. J'ai une tête de démon ?

Une fois les pneus montés, on fait un tour à La Jolla dire bonjour aux lions de mer qui se dorent sur les rochers du bord de plage (Merci Eric pour l'info). On voit aussi passer 3 vols de pélicans au-dessus de nos têtes. Je compte le dernier : 23. Même pas capable de faire un compte rond, genre deux douzaines... Finalement si, c'est juste que le 24ème était en retard : il passe seul, quelques secondes plus tard.

Franchement, S.D. est une ville sympa. Aérée, étendue mais pas oppressante, de nombreuses collines ici ou là, avec des habitations... Des parkings gratuits, des plages...

Un truc amusant qu'on avait pas encore vu, c'est les voies d'accélération pour entrer sur l'autoroute. Ici, il s'agit de voies de décélération, avec des feux pour les heures de pointe, pour ne laisser passer qu'une ou deux voitures à la fois. Du coup, ça bouchonne un peu pour entrer, mais après, on est tranquille sur l'autoroute.

On arrive en soirée dans un motel, avec au programme préparation du repas dans le cc pour Karine (pâtes au saumon et gâteau aux poires) et piscine pour les autres. Cadeaux, gâteau et dodo.

Vendredi 23

On prend l'option '2ème journée au Motel', avec l'excuse d'avoir plein de lessives à faire. Farniente, piscine, lessives, pizza livrée 'à domicile' et les trente 1ères minutes de 'En route' avant de se coucher. Petit bémol, la connexion est pourrie, impossible de sauvegarder les photos sur le cloud...

Samedi 24

12h On fait le plein, on reprend la route et une lumière rouge s'allume sur le tableau de bord. Pas bon. Problème d'injection. On passe l'après-midi à chercher des garages, sur internet, et à se faire jeter IRL, parce qu'ils ne font pas Fiat, pas de diesel, pas les RVs... Une fois le glas de 17h sonné (aux states, tout est 24/24 sauf les garages, fermés aussi le dimanche...), on reprend la route, pour se poser à Oceanside. Conduite pas glop sans pouvoir dépasser le 80, et des démarrages cahoteux... On se couche sur un W; déjà occupé par deux autres oiseaux de nuit, pour se faire réveiller par la patrouille à 1h30. Il nous renvoie sur un autre W. où on finit la nuit (à College St., pour les campings caristes en manque de bons plans dans le coin).

Dimanche 25

Tous les garages sont fermés. On cherche longtemps pour trouver 3 garages qui font du Fiat + Diesel + RV. On est paré pour demain, 8h, à l'ouverture.

En attendant, on va se baigner à Oceanside.

Lundi 26

1er garage : bin finalement, il ne fait pas Fiat.

2ème garage : test sur l'appareil pour le diagnostic. Ca matche pas.

3ème garage : le gars hyper sympa y passe au moins 45 min, à essayer de faire marcher l'appareil et à passer des coups de fil à gauche à droite pour glaner des infos sur le modèle. Rien à faire. Sur sa machine, il n'a que des Fiat d'importation...

C'est quand même dingue qu'en mécanique, on ne puisse plus rien faire si on a pas la bonne électronique pour faire le diagnostic.

On finit par repartir vers L.A., avec un sérieux coup au moral.

Nuit sur une place de parking le long de la route de la plage à Santa Monica (gratuit de 18h à 9h).

Mardi 27

En termes de gratuité, on oublie : la facture était sur le parebrise ce matin au réveil. 53$. Côté horaire, on était bon, mais le policier qui est passé cette nuit à 0h38 a estimé qu'on était trop gros pour ces places, en épi. Payer ? Pas payer ? Comme on ne sait pas jusqu'où va la pugnacité de la police américaine et qu'on ne veut pas être interdit de séjour pour les 20 prochaines années, on va payer. On essaye bien d'expliquer qu'on ne savait pas, que dans d'autres états, on était pas considéré  comme oversize etc., mais le policier est vraiment désolé pour nous, la loi varie selon les villes, et à Santa Monica, on ne peut pas dépasser d'un chouia. On peut remplir un formulaire pour contester... On décline.

C'est reparti ensuite pour la tournée des garages. On finit par éliminer définitivement les garages Fiat, qui ne sont finalement rien d'autre que des concessionnaires qui vendent leurs voitures. On trouve un garage spécialisé dans les voitures étrangères : Ferrari, Lamborghini... On a quand même la chance de tomber sur un gars de la vieille école, qui bossait autrefois sur du diesel et qui fait un diagnostic à l'oreille avec un petit coup d'œil sous le capot. Mais vu qu'ils n'ont pas le matos pour les diesels, il nous donne une autre adresse, à 50 km de là.

On trouve un Walmart qui n'accepte pas les RVs, mais avec un gars de la sécurité qui nous donne une autre adresse. Ça tombe bien, ça nous rapproche de notre garage pour demain.

Mercredi 28

On passe 2h chez United Diesel Service, à El Monte (la ville des RVs de location). Ils testent les 4 cylindres de l'injection. Deux ont deux points dans le rouge, les deux autres en ont un. On tombe d'accord pour leur ramener le cc demain, qu'ils démontent / commandent les pièces et réparent. 2 à 4 jours d'immobilisation.

Puis c'est la tournée des motels. Après avoir vu trois Motel 6 (mal placé, piscine trop petite, pas de Laundry ou encore NPAI...), on revient au 1er et on paye pour 3 nuits. On entre dans la chambre... minuscule. En plus, internet est en sus. On décide de chercher autre chose. American Best Value Inn, un km plus loin. Finalement, pas beaucoup plus cher et beaucoup mieux. On retourne se faire rembourser au Motel 6. Pas de problème sauf qu'ils n'ont plus le cash. Repassez dans une heure. On s'installe donc dans l'autre et on retourne se faire rembourser plus tard. Toujours pas le cash. On repasse encore plus tard. Cette fois, c'est la bonne.

23h Les enfants ont été supers, ils ont mangé et sont prêts à se coucher, pendant qu'on faisait nos aller-retour.

Avec Karine, on zone un peu devant la TV, une flopée de films d'horreur à deux balles. C'est ça Halloween... Le moins pire, c'est The Faculty, avec Elijah Wood. Je réussi à pousser Karine à appuyer sur le bouton off avant la fin. C'est dire le peu d'énergie qu'il lui reste !

Jeudi 29

Points positifs à la situation : les enfants donnent un grand coup d'accélérateur sur le programme scolaire, performent leur anglais avec les DA à la TV. Oriana peut se poser pour faire un devoir oral d'espagnol sur l'ordi (avec 3 jours plus tard un 20/20 à la clef), je balance les photos en backup sur le cloud...

On tente la piscine à 18h, mais non chauffée et la nuit tombée, seuls Eliott et Kyra sont assez courageux.

On finit la journée en regardant la fin de 'En route'. Avis unanime des spectateurs : très chouette et.... Meuuuuuuh !

Vendredi 30

Trainouille pour tous et devoirs...

On appelle le garage : les pièces KO seront livrées lundi. Pas de cc avant lundi soir.

On tente la piscine à 17h, mais non chauffée et à l'ombre, seuls Eliott, Kyra et Karine sont assez courageux.

On finit la journée en regardant le début de 'Vice-Versa'.

Samedi 31

Aujourd'hui, on change de chambre. Notre Queen Size n'était pas dispo pour cette nuit, alors on prend la King Size Suite... Le porte-monnaie a encore plus mal, mais on ne manque pas de place. Bonne nouvelle, on sera pas obligé de rebouger demain, il nous la laisse au prix de la regular pour les deux autres nuits.

On ne tente pas la piscine... Déco d'Halloween, maquillage, déguisements et préparation des deux petites citrouilles. C'est quoi ce bordel ? On a acheté des mini candles parfumées pour mettre dedans et il n'y a que les blocs de cire, pas de mèche !!! Je file à 'Dollar Tree' pour le plan B. Des chauffes plats led lumineux qui changent de couleur. Extra !

Après avoir interrogé la populace à maintes reprises, les réponses convergent : on ne va pas sonner aux portes : 'Pas ici...', 'Peut-être au Mall, dans les magasins', 'Peut-être au nord' (10 km). Visiblement, cela se fait plutôt en famille. Wikipédia confirme : seuls 50% vont dans les rues demander des bonbons, et seulement dans les magasins (les américains ont pris la flippe des bonbons à la marijuana ou autres délires. Il y a même des hôpitaux qui proposent de passer les bonbons aux rayons X !!!) Reste l'option de traverser L.A pour aller côté ouest, à la monstrueuse parade, mais l'idée de se perdre parmi 500 000 zombies et mort-vivants et de se taper deux fois 1h30 de transport nous 'refroidit'. On se rabat sur un bon resto buffet asiatique. A contre-courant.

On finit la journée en regardant la fin de 'Vice-Versa'. Avis du public : d'après les enfants, bien, mais quand même triste à cause de - attention spoiler - l'éléphant qui tombe dans l'oubli. Perso, j'ai effectivement trouvé que c'était un peu dur pour les petits, mais c'est pas pire que de tuer la maman de Bambi, et c'est une très bonne analyse mise en image de l'évolution des sentiments quand on grandit...

Dimanche 1er novembre

Passage à l'heure d'hiver. Du coup, tout le monde a eu le temps de prendre le petit déj' au motel, en se faisant des gaufres.

On finit la journée en regardant le début de 'Mme Doubtfire'.

Lundi 2

Bad Day. Very bad day. On paye la facture la peau du cul. 2500$. On a 4 injecteurs refaits à neuf, mais ça ne marche toujours pas... Une très mauvaise parenthèse dans le périple...

Mardi 3

On reprend la route. Faut passer par-dessus, mais ça s'annonce pas facile.

Les lettres d'Hollywood et le walk of fame... La culture cinéma (et un peu musicale) des enfants fait un grand bond en avant à chaque fois qu'on parle d'une star qu'on connait. Mais une question demeure : pourquoi il y a des noms présents plusieurs fois ?

20h Button Willow. Petit bled où on s'arrête pour manger. C'est écrit nulle part mais ça doit être la frontière entre la Californie du Sud et celle du Nord : ça caille ! Sortez les pulls, les pantalons et les doudounes ! D'ailleurs, au McDo, il n'y a pas la clim mais le chauffage !

00h00 Nuit à Paso Robles. On expérimente le chauffage du cc pour la 1ère fois !

Mercredi 4

Ce matin, à W., on a acheté des Pringles au chocolat. Comment dire... C'est déroutant !

La petite phrase de Kyra quand on chante le refrain de 'San Francisco' : 'Hein, mais ça, c'est des vieilles chansons de l'époque !' Voilà qu'on est entré dans la catégorie has been...

On traverse les terres jusqu'à San Simeon. Des vignes et quelques superbes baraques totalement isolées. Une espèce de ranch avec des vaches et... des zèbres ! Un peu après, le long de la côte, un spot plein d'éléphants de mer.

Au lieu-dit Big Sur (le long de la fameuse Big Sur donc), je rentre dans un resto et je demande un sweat avec un logo '64' que quelqu'un a oublié deux jours plus tôt. Et oui, ce soir, on va encore voir un de mes cousins ! Patrick, Laurence & Co sont actuellement en vacances à Monterey où un de leurs gars vit depuis deux ans (recruté dans une université en tant que joueur de football américain). J'adore le trip : 'bonjour, je viens reprendre le pull qu'un autre français a laissé ici il y a deux jours' ! Le quartier de leur cottage est super, à la pointe nord de Monterey (j'ai oublié le nom). On se fait une super soirée dans un resto de burgers et on dort devant la maison. Un peu comme quand on était chez Annie et Stéphane au Québec ; c'est le fun. Et puis comme ça, les enfants auront vu le leader de Monmix en chair et en os !

Jeudi 5

Visite de l'aquarium de Monterey. Il vaut l'arrêt, même s'il est cher. Il est axé sur la faune et flore de la baie, avec une grande forêt d'algues où on peut voir un plongeur avec toute sa tuyauterie donner à manger aux requins. En sortant, on se fait la spécialité du coin à la boulangerie, une soupe de clams dans un gros pain rond évidé. Allez-y, ici ils sont très bons. On en reprend un pour la route et le gars nous file une double ration de soupe. Yes ! Avant de quitter la ville, en discutant avec d'autres routards, on trouve une dump station gratuite. Franchement, Monterey a tout pour plaire et si on avait un peu plus de temps avant notre deadline des visas, on serait bien resté plus longtemps !

On s'arrête à la Rest Area du sud de S-F. Archi blindée, mais ça fera l'affaire.

Vendredi 6

S-F / N-Y même combat : parkings à la journée hors de prix (40$, pas trouvé moins cher après 30 min de recherche), transport hors de prix. On a quand même prix le ticket journée à 17$ par personne, pour être tranquille. C'est plein tarif à partir de 5 ans... Bon, au moins, le transport est sympa : on prend le 'Cable Car'. Karine et les enfants s'assoient sur les banquettes latérales, accès direct à la rue, sans porte ni fenêtre. Moi je reste debout, dehors, sur le marchepied. C'est fun mais faut pas oublier de se coller au tram quand on croise des voitures dans l'autre sens ! Quand le câble semble s'éloigner de notre destination - le nord de San Francisco vers l'embarcadère pour Alcatraz -, on descend et on poursuit à pied. Ça monte et ça descend. C'est pas un mythe, San Francisco. Bon, pas de bol, les prochains tickets pour Alcatraz, c'est pas avant lundi. On continue vers Pier 39. Le quai est un rassemblement de magasins de souvenirs, mais sur la gauche de l'embarcadère, les lions de mer sont bien là, en gros paquets agglutinés sur les pontons en bois flottants. Ils sont arrivés un jour de 1989 et depuis, il y en a toujours qui restent à demeure. Leur population augmente lors de leur migration, à partir d'août. Le record est de 1701 sur une journée.

On avait prévu ensuite de faire une ballade dans Chinatown, sur les conseils du Lonely Planet (il y avait notamment un coin avec des perroquets sauvages et un autre avec le lieu de tournage de Karaté Kid 2 et Indiana Jones 2), mais finalement, on reprend un tram dans l'idée d'aller jusqu'à Lombart St., là où la rue est tellement pentue qu'ils l'ont faite en petits lacets avec un virage tous les 5m et en sens de la descente uniquement. On quitte donc le tram au bon endroit pour reprendre le câble, mais le 1er est plein et ne s'arrête pas et le suivant tarde à venir. Du coup, on est courageux et on remonte une immense côte à pieds. Effort récompensé par une belle vue sur Alcatraz et sur le Golden Gate Bridge. On descend ensuite la fameuse portion de Lombart St. puis on prend à nouveau le câble car pour rejoindre le cc. Cette fois, c'est au tour de Karine et des enfants de rester debout sur les marchepieds extérieurs. On quitte ensuite S-F en passant par le Golden Gate et on mange au McDo 30min plus au nord. Face à l'absence de W. ou autre aire de repos dans le coin, on demande au McDo si on peut rester sur le parking, et c'est ok. On en profite pour faire le point sur le temps qu'il nous reste aux USA et les étapes qu'on peut encore faire. On élimine donc Muir Wood, juste à côté, Humboldt Redwood National Park, Lava Bed National Monument et Lassen Volcanic National Park, plus au nord. On élimine aussi Yosemite qui nécessite des chaines à neige à cette époque. Demain, se sera Old Faithful Geyser puis on redescend vers Sequoïa Park.

Samedi 7

Calistoga. La ville où se trouve le geyser est très sympa, très 'tourisme cossu', avec des sandwiches hors de prix mais très accueillante... Le ticket pour voir le geyser est à l'avenant, mais le lieu est bien aménagé. Plusieurs tables dans de petites alcôves avec banquettes et coussins, un mini-mini-musée sur le geyser, les tremblements de terre et tsunamis, une mini-ferme pour les enfants. On peut aussi jouer à des jeux style pétanque ou à des jeux de société. Et bien sûr, il y a le geyser. Sa fréquence est variable selon la saison et sa hauteur aussi. On est plutôt gâté : toutes les 30 min et d'une hauteur d'environ 20m. Vu qu'on y reste toute l'après-midi, on aura le temps de le voir un paquet de fois !!! Sinon, dans la petite mare d'eau chaude à sa base, un échassier souffreteux (c'est le cas de le dire) survit en mangeant des poissons moustiques, qui eux même ont, il y a longtemps, bouffé un couple de poissons importés d'Australie et qui se plaisaient dans ces eaux acides. Quant à savoir comment les poissons moustiques sont arrivés là, l'histoire ne le dit pas.

Dimanche 8

Après avoir quitté très tardivement le W. de Fresno (grosses courses, douches, devoirs scolaires), on grimpe péniblement la montagne jusqu'à atteindre les 6000 ft. Avant cela, bien sûr, une petite pause botanique pour photographier les vergers d'orangers. Karine raffole de ce genre de plan : champs de coton, canne à sucre... Et puis dès le 1er beau panorama, à 4000 ft, on s'arrête aussi, ébahis de voir un petit parterre de neige. Ce n'était que le début : plus on monte et bien plus il y en a. On atteint rapidement les 30 cm sur les bords de la route, heureusement dégagée.

Vers 16h30, on arrive à l'entrée de Kings Canyon, qui se trouve être la porte d'entrée nord (ouest) de Sequoïa Park. Après discussion avec le ranger, notre programme devient limpide. Il nous confirme que ce n'est pas recommandé de quitter Sequoïa Park par le sud (ouest). Cette route, on le savait, est d'ailleurs en théorie interdite aux plus de 22 ft (et on en fait 23). En plus la neige est à nouveau prévue pour 21h ce soir à Kings Canyon. A Sequoïa, plus haut, cela risque d'être pire, et on est pas équipé en chaines. L'idée même de rester bloqué ici, pendant deux jours le temps qu'ils dégagent la route nous refroidit - pourtant pas évident car la température a déjà bien chuté - En plus, la batterie cellule a du mal à tenir la charge, en ce moment, le froid ou les cahots ont à nouveau déclenché la purge du chauffage, bref, on pourra pas se chauffer cette nuit. Du coup, on file voir le séquoia General Grant dans une course contre le soleil (qu'on a perdue) et on renonce au General Sherman, bien plus loin dans Sequoïa Park. Petite promenade (comme ça, je suis sûr de pas faire de faute sur 'balade') d'une demi-heure, à la lampe de poche, dans la neige et le froid. Non Kyra, tu ne retournes pas toute seule dans le cc parce que tu as de la glace dans les chaussures. Nous traversons un séquoia creux couché sur le chemin, à la lampe de poche, et pour conclure, nous prenons des photos du Général Grant au flash. Il paraît que c'est rouge un séquoia ? On repart et Karine achète une carte postale au petit magasin du parc pour confirmation. Une étape inédite et froide...

18h Vu qu'il fait bien nuit mais qu'il n'est vraiment pas tard, on reprend la route, bordée de nombreux tumbletweeds - euh, je veux dire de virevoltants - jusqu'à Bakerville où nous attend un W... et un autre cc français ! On se fait une petite soupe de 21h30 quand le papa du cc rentre de course. Vite, je sors pour un petit bonsoir. On discute un peu et on convient de présenter nos familles respectives demain vers 9h.

Lundi 9

C'est le moment de faire connaissance avec Marie, Stéphane et leurs trois gars : Romain (12 ans), Nathan (10) et Tom (7). Ils viennent de Vegas et Death Valley et vont à Sequoïa et SF, puis la côte californienne. Parfait pour s'échanger les bons plans. Au final, le bonjour du matin se transformera en une journée entière à discuter sur un parking !!! Les plus jeunes se seront éclatés à jouer au frisbee, au Nerf, à chat sur le parking pendant que les plus grands auront discuté pendant 10h !

19h30 Toutes les bonnes choses ayant une fin, on finit quand même par se quitter. Kyra, Eliott, Oriana, Karine et moi sommes unanimes : on a passé une magnifique journée. Ça fait un bien fou de discuter avec une famille 'comme nous', avec le même mode de vie depuis plus de 3 mois, les mêmes coups de stress, les mêmes bonheurs, les mêmes attentes. Allez, on va tout faire pour se revoir au Mexique !

22h On se pose comme prévu sur la Rest Area de Coso Junction.

Mardi 10

7h Il fait déjà jour depuis un petit moment. La batterie cellule a fini de se vider cette nuit. Dehors, il fait froid à cause d'un sacré vent.

7h30 La batterie est rechargée. On ne sent pas le soleil à cause du vent, mais il est bien là.

Direction Lone Pine, où on commence par remettre de l'huile et du liquide de refroidissement en prévision de Death Valley. Il y a un vent de folie. Des volutes de sable traversent la route.

On s'éclate dans les rochers, dans le vent glacial. Il y a une arche très jolie (il y en a même deux, mais on n'ira pas jusqu'à la 2ème). Lone Pine, c'est aussi le théâtre d'une multitude de tournages de film. Des westerns surtout, mais aussi des Star trek, Superman et d'autres trucs de SF. Et aussi de Tremers. Et aussi d'un film dont je parlais le 07/10, avec un ex-esclave et un pseudo chasseur de prime. La carte à gagner pour retrouver le titre est toujours à prendre. Moi, le titre m'est revenu il y a belle lurette. Ici, à voir le paysage, je pense que c'était la scène où ils se planquent dans les rochers en laissant leur chariot plein d'explosifs prêt à pulvériser les locaux avec leur cagoule du KKK aux trous pour les yeux coupés de travers. Ça devient un quizz de rapidité, avec tous ces indices ! Je suis... Je suis...

17h30 Nuit noire. On s'arrête à Stovepipe Wells, au cœur de Death Valley. Une pompe à essence, un magasin de souvenir, une supérette, un grand motel avec piscine, un camping / parking. Nous, on tente le parking du général store, devant l'entrée du camping... Un autre petit cc nous rejoint dans cette tentative incertaine. On verra bien demain si la nuit au camping était obligatoire ou non…

Mercredi 11 Veteran Day de ce côté de l'océan.

On ne s'est pas fait virer de notre place !

Encore une journée bien remplie. Ce matin, tout le monde était debout à 8h. Un tour de quadrant de sommeil pour certains quand même !

Nous avons fait une très longue ballade dans Mosaïc Canyon, des montagnes de marbre lissées par l'eau il y a très longtemps.

Puis nous sommes allés dans les dunes de sable de Mosquite Flat. Un coin de Sahara au milieu d'un désert de cailloux. Karine a autorisé Eliott et Oriana à aller vers 'la dune au versant gris' pendant 10 min. Au bout de 15, je suis parti à leur rencontre. Au bout de 30, je les ai rejoints. Eliott avait réussi à escalader la dernière dune, de 50m, qui les séparait de la cible ('elle est à 3 mètres !'. Plutôt 50 encore, minimum, selon moi). Oriana était coincée en bas, le sable étant trop chaud et l'ascension très rude. Je lui prête mes chaussettes, car ils étaient partis pieds nus et on tente ensemble. On fait pas 5m. Trop raide. Mais comment Eliott a-t-il fait pour monter 10 fois plus !? Eliott veut continuer, mais c'est hors de question. Non négociable, il ne part pas si je n'ai pas de visibilité. On fait demi-tour, accompagné d'un gentil sermon. Oriana qui ne regarde pas une fois sa montre, pas de crème solaire, pas d'eau (on a descendu la bouteille que j'avais amenée)...

En guise de punition, on mange en roulant. On fait ensuite une petite balade (combien de 'l' déjà, maman ?) de 800m sur un ponton, le long d'un petit ruisseau à l'eau très salée où survivent des pupfishs en s'enfonçant dans la boue par les fortes chaleurs.

Puis un petit arrêt rapide pour voir les restes d'une mine de borax, mais il n'y a que moi qui sors du cc.

Puis encore un petit arrêt, à Devil Golf Course. Cette fois, on descend tous pour goûter les concrétions de sel qui recouvrent la terre.

Et on finit la journée à Badwater. Le soleil se couche à 16h45. On a juste le temps de marcher jusqu'au milieu du desert de sel, là où s'arrête tous les touristes. Le parking de Badwater est accueillant, la route ne va pas plus loin, fermée pour cause de flashfloods. C'est parfait, on s'installe pour la nuit (un van et une voiture feront comme nous).

Il est 18h30. On mange et je tombe de sommeil. Je m'endors pendant que Karine lit les Malheurs de Sophie aux enfants. Il est quelque chose comme 20h45...

Jeudi 12

6h. Le jour se lève, je pars en expédition dans le désert de sel. Devant moi, deux photographes. Je dépasse le premier, au milieu de l'immensité de sel. Je continue en pataugeant de plus en plus dans les flaques d'eau, jusqu'à arriver à la limite du lac. La montagne en face est maintenant entièrement éclairée et se reflète dans le lac. Magnifique. L'autre photographe est à 20m devant moi. Je lui lance un 'you win !' Je ne peux pas avancer plus; lui a des bottes ! On verra ses photos sur son site daveheckendorn.com...

9h. On se refait le même trip en famille. Ca râle un peu parce que ça mouille les chaussures. C'est ça la vie !

On se rend ensuite au Visitor Center de Furnace Creek, où le petit musée gratuit nous fait découvrir plus en détails la faune, la flore, les particularités géologiques de Death Valley et l'histoire de 49'ers.

Puis on se rend à Zabriskie Point, pour la vue, et on en profite pour faire une petite ballade (combien de 'l' déjà, maman ?) via le Badlands Trail, dans le canyon.

La nuit tombe. En route pour Vegas. On n'aura pas eu la chance de la famille de Stephane : ni bipbip ni coyote pour nous.

On mange pour la 1ère fois dans un In'n Out (prononcer 'anana(s)') juste avant d'arriver en ville. Tout le monde aime les burgers, juteux, mais les frites sont immondes. Après avoir demandé au security gard, on s'installe au W. au nord de Vegas, à 10 min du Strip.

Vendredi 13

On commence par le Visitor Center pour planifier notre parcours, et on fait un détour par le Rio pour ma collec de jetons de poker. Le wifi est gratuit : on apprend alors en quasi direct les horreurs de France, par les collègues de Karine... Stupeur. On ne change pas notre programme. Il n'y a rien à faire de toutes façons, on ne peut pas rester scotché sur un parking de casino pendu à un téléphone... Karine profitera quand même régulièrement des connexions dispos pour suivre le drame. Moi j'érige un mur. J'avais trop saigné pour Charlie. Je ne veux pas revivre ça. Je ne pense pas que j'en reparlerai dans ce journal, même si ça tourne en toile de fond dans mon esprit pendant qu'on parcoure le Strip.

Nous nous rendons au Circus Circus, tout au nord. On s'y gare facilement. Pour ceux que ça intéresse, il y a même un camping/parking overnigth pour les RV, même si je pense que dormir sur le parking gratuit est tout à fait envisageable. Le Circus est plutôt familial. A l'étage, il y a des jeux type fête foraine et un spectacle d'acrobate (danseuse suspendue sur une bande de tissu quand on y passe).

On se rend ensuite au centre du Strip, au parking derrière le Bally's. Là encore, on pourrait y dormir.

S'en suit une longue marche jusqu'au Venitia, pour les gondoles, puis en face le Treasure Island avec ses deux bateaux pirates illuminés, puis le Caesar Palace et son spectacle 'Poseïdon', puis le Bellagio, notre préféré, pour le 'jardin intérieur' qui change à chaque saison et où les fleurs sont changés assez souvent pour qu'il n'y en ait jamais une de fanée. Le spectacle extérieur du Bellagio est extra : variation de jets d'eau en musique. On passera plusieurs fois devant, la chanson est toujours différente. On mange dans un food court (regroupement de fast food dans un casino), au Johnny Rocket, de bons hamburgers. Puis on passe par le Bally's et le Paris, dont le décor reconstitue une espèce de Paris 1800, au pied de la tour Eiffel, avec toutes les aberrations issues d'un esprit américain qui n'y a pas vécu. Cela comprend les fautes d'orthographe et de syntaxe, comme 'le intérnet', 'la Eiffel Tour', mais le must, c'est le 'Jacques Pot' !

On reprend ensuite une partie du Strip déjà parcouru pour voir la dernière représentation du Mirage, à 22h : l'explosion de leur volcan. Ca aussi, c'est bien. J'en oublie d'y aller chercher un jeton. Flûte ! Au fait, Christophe, j'ai pensé au tien au Caesar !

On rentre au cc avec Kyra qui s'endort sur mes épaules et on décide quand même de rentrer à la maison, au W., pour la nuit.

Vegas, c'est bien ! On peut parcourir le Strip de l'extérieur ou de l'intérieur, en passant de casino en casino par divers couloirs ou ponts pour traverser l'avenue. Le soir, l'ambiance devient un petit peu plus chaude, mais rien de délirant (c'est pas la Nouvelle-Orléans), à part les gars qui distribuent des flyers pour escort girls. Flyers qui finissent par joncher les trottoirs. Les enfants ont surtout vu des limousines à tirelarigo et de nombreuses mariées dans de belle robe. Quand à moi, j'ai même raté les deux escort girls à plumes et aux seins nus et peints. Je me suis rattrapé avec les serveuses de certaines salles de jeu, notamment le Paris. On comprend pourquoi le chauffage y est plus élevé qu'ailleurs, sinon, les pauvres... Pour en finir avec la faune extérieure, après 21h, quelques SDF et de bons musicos (hop, 2$ de tips sponsorisés par Monmix !)

Samedi 14

Excalibur pour commencer, l'autre casino familial, au sud du Strip. Un mec de la security en vélo nous guide jusqu'au parking des RVs. Cool ! On commence par faire le tour du Luxor, à côté, en forme de pyramide avec son sphinx à l'entrée. J'adorerais dormir dans une des chambres du dernier étage de l'édifice. On entre ensuite dans l'Excalibur, magnifique château médiéval (celui de Disney, c'est du pipi de chat à côté) et son sous-sol 'jeux pour enfants' (à 2$ la fléchette quand même !). Les enfants font une course de dragons : un jeu à l'ancienne où on lance des balles dans des trous et où suivant les points marqués, ça fait avancer son dragon sur une ligne en face. J'ai connu ça enfant, avec des cyclistes ou autres canassons en guise de dragons, à la ducasse de mon ch'nord natal...

On se laisse guider par le Routard pour le choix du resto : Broadway Burger Bar, dans le décor de NY du casino NY-NY. Pour moi, les meilleurs burgers de ces 3 mois aux States. Par contre, leurs cocktails sont traitres. Ils semblent légers et délicieux, mais ils sont juste délicieux. Bon, je voulais traverser l'avenue pour aller voir le Hard Rock Hôtel et Karine accepte de rester une vingtaine de minutes de plus au resto, le temps que les vapeurs d'alcool se dissipent. Quant à moi, un peu d'air frais me fera du bien. 20 minutes, c'est le temps qu'il faut pour traverser une rue : trouver la sortie d'un casino, c'est pas une mince affaire. Ensuite, il faut trouver le pont qui nous emmène de l'autre côté et retraverser un casino et en resortir pour rejoindre le trottoir. Un dédale parfois sur plusieurs niveaux. Me voilà devant le Hard Rock Café et sa grande guitare en devanture. Mais où est l'hôtel, le casino, sa piscine et ses palmiers ? Pas trouvé. J'hallucine mais je fais demi-tour.

On quitte maintenant le Strip pour aller plus au sud, au Silverton, un peu excentré mais avec une sirène qui évolue dans un grand aquarium. Kyra pense qu'elle est fausse, vu qu'elle prend de temps en temps de l'air dans des tuyaux. Mais au vu de ses cabrioles, le doute s'immisce doucement...

20h30 On est remonté tout au nord, dans Downtown. Ici, se garer n'est pas une mince affaire. On évite le premier parking, à 10$ - on s'est habitué aux parkings gratuits du Strip - et on quitte le second qui, après s'être renseigné, nécessite un permis. On en fait un 3ème, à 2$ de l'heure, mais il ne nous paraît pas très 'safe'. Et on trouve enfin LA place, le long de la rue, à 2$/h mais gratuite après 22h. On est à deux pas (à 1 block en fait) de Fremont St., la rue piétonne recouverte d'un dôme lumineux. Tout est néons et lumières. Des scènes de concert à chaque carrefour. Selon le Routard, marcher sur Fremont, c'est 'la vraie grosse claque de Las Vegas', 'plus populaire, bien moins léché'. Et c'est vrai. Le moindre espace qui aurait pu être vide est comblé de néons. Une rue psychédélique à en donner le tournis. Karine trouve ça super. Oriana préfère largement au Strip. Moi, je n'adhère pas du tout. Trop de monde (on peut à peine avancer), du boum-boum dans les oreilles en permanence, et tellement loin de la classe du Strip. Je n'ai aimé que trois choses dans Fremont :

- les tyroliennes qui parcourent toute la rue à 20m du sol (au jugé). Celles où on est couché, à 40$, fait quand même envie.

- un groupe de zique qui s'est donnée à fond sur une chanson des Clashs,

- et enfin, mon grand moment de bonheur, je l'ai eu par personne interposée, dans les étoiles qui emplissaient les grands yeux d'une fille atteinte du syndrôme de Reth, émerveillée par les néons. Comme quoi, apprécier le monde qui nous entoure n'est qu'une question de regard.

Dimanche 15

3ème nuit sur notre W. Aujourd'hui, ça sera plein sud vers le Mexique.

Je n'ai pas joué au poker, comme je l'avais imaginé depuis la France, mais j'aurai pris la température de la ville. Je lance un appel à toute la RazorBande : on se fait une semaine sur le Strip pour nos 50 ans ?

Traversée de l'Arizona du nord au sud. Beaucoup de vent, toujours de superbes paysages (montagnes jaunes) et aussi un peu de pluie. On dort sur un des nombreux W. de Phoenix, sur la commune de 'Surprise' !

Lundi 16

De 12h à 16h : 4h au Chuck'e Cheese !!! A moins de 48h de passer la frontière, il était temps d'offrir à Kyra le 'bon pour' qu'elle avait eu à son anniversaire. Double ration de jetons pour elle, et quand même 1/2 ration pour les adultes.

Du coup, vu l'heure, on fera comme hier et on mangera en roulant. Et pour le dessert, comme hier, un des petits 'kisses' de Hershey achetés sur le Strip. Honnêtement, leur fameux Hershey a le goût de nos chocolats de Pâques ou de Noël de petite qualité. On est à des kilomètres des Lindt, Suchar ou même côte d'or. Et Karine, qui n'aime pas le Milka (hérésie !) est même d'accord pour dire qu'il est un cran au-dessus. Mais c'est quand même sympa : 'alors, on prend quel goût aujourd'hui ?' Le soir, on mange à Carl's Jr : un petit cran au-dessus de McDo ? Et enfin, on passe la nuit dans un motel de Tucson, pour faire une série de lessives.

Mardi 17

Aujourd'hui, c'est jeu de piste à Tucson : d'abord passer à la dump station gratuite (au magasin pour RV 'RoadRunner'), puis à la poste pour les cartes postales, puis à W. : après-midi courses. Quand on sort du W., il est 23h30 ! Stock de bouffe, décos de Noël et autres trucs à ranger discrètement dans le cc, hors de vue des enfants (non, ni alcool ni petit canard en plastique, mais des trucs pour le 25/12).

On voulait finir les States par un repas au Denny's (Oriana surtout), mais à quelle heure ferment-ils ? Il y a au moins quatre Denny's 24/7 à Tucson : l'embarras du choix !

Puis on roule jusqu'à la frontière, à Nogales, et, à 3h du mat, on se couche... au Walmart !


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